Posts Tagged ‘Sébastien David’

Retour sur Les Mor(b)ydes de Sébastien David

Vendredi 11 mai 2012

C’est un jeune auteur émergeant, et déjà on dit « c’est du Sébastien David ». Son nouveau texte Les Morb(y)des claque, fesse, émerveille le sordide avec humour et des pointes d’émotions soutenues… Il faut dire que l’excellence de la distribution, très bien dirigée par le metteur « en lecture » Gaétan Paré, a été pour beaucoup dans le plaisir de cette lecture théâtrale. Un texte sordide, drôle, poétique, touchant et dangereux. C’est du Sébastien David.

Mise en lecture : Gaétan Paré
Distribution : Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert

Photos Thomas Blain.

Sous le charme d’un Lever de rideau…

Vendredi 11 mai 2012

Avant la lecture de la pièce Les Morb(y)des de Sébastien David, nous avons eu le doit à un autre Lever de rideau avec des gens d’affaire, acteurs de développement de la dramaturgie. Cette fois, Marie-Pier Veilleux, Directrice, Développement, diversité métropolitaine, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, nous a démontré que son talent d’actrice était plutôt bien développé dans le court texte sur le lien entre l’auteur et le public, écrit et joué par Sébastien David. Le charme a opéré pour ouvrir la soirée…

Photos Thomas Blain.

Où est-ce qu’on est? Avec Les Morb(y)des de Sébastien David

Jeudi 10 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]
Quand je veux parler de théâtre

Je reviens souvent à une anecdote

De mon amie auteure Sarah Berthiaume

Elle avait fait un stage en Espagne avec plusieurs auteurs

Provenant de pays divers

Pendant lequel chacun devait écrire une courte pièce

 

Parmi eux

Un Polonais

Il a écrit une courte pièce

Dans laquelle de vieilles Polonaises s’ennuyaient tellement

Qu’elles en venaient à regretter l’Holocauste

 

Une claque dans’face

 

Ce qui me trouble et me fascine dans cette histoire

C’est qu’il s’y cache un profond désir de vivre

Quitte à ce que ce soit par l’horreur

Mais vivre quelque chose

Se sentir vivre

Au fond

Elles cherchent peut-être un projet fédérateur

Parce que le système les a enfoncé

Sans crier gare

Dans un individualisme extrême

Elles se demandent comment être soi

Comment aller vers l’autre

Comment gérer leur intérêt personnel

Et aussi leur bien commun

(Tiens donc !)

Un mouvement perpétuel

Qui donne des tremblements de terre

Et aussi des maux de têtes collectifs

 

Je vous raconte cette histoire-là

Qui n’est pas la mienne

Parce que parler des autres pour me situer

C’est ça que je fais dans’vie

 

J’essaie de m’expliquer

Ou de démêler

Le soi

L’autre

Et le nous

Je cherche l’éclairci

Dans la zone d’ombre

Ou plutôt précisément pour Les morb(y)des

Dans le noir

 

Du noir teinté

D’ennui

D’inertie

De perte de répère

D’hostilité

De cruauté

D’humiliation

De solitude

De colère

 

Et c’est encore une fois

À travers la bouche des plus vulnérables

De gens qui n’ont pas l’habitude de prendre la parole

Que j’ai eu envie de fourrer tout ça

 

Des mots qui se dépêchent

Des mots qui ne trouvent aucun confort

Dans les corps atypiques

De Stéphany de Montréal

De Sa Sœur l’évachée

De Kevyn le scout

 

Les mettre face à leurs propres limites

(Nous mettre face à nos propres limites)

Les faire sacrer

Roter des insultes

Crier en caps lock

Haleter

Saigner du coke flat

Répéter

Vomir

Sans point

Ni virgule

Tourner en rond

Être forts pis vulnérables

Chiâler

Dans une langue qui chante

Avec à la fois dissonances

Et harmonies

Une langue qui sait pas quoi faire d’autres

Que revoler sur les murs

 

Sans obstacle

Sans filtre

Sans jugement

Brut

 

J’ai organisé un chaos

J’ai façonné un cri

J’ai sculpté du caca

 

Pour peut-être trouver l’apaisement

Ou pas

 

Sébastien David

SÉBASTIEN DAVID
Crédits photos :
 Jérémie Battaglia
Diplômé de l’École nationale de théâtre en interprétation, Sébastien David est aussi auteur et metteur en scène. On a pu le voir comme acteur dans plusieurs productions au Théâtre de Quat’Sous, au Théâtre d’Aujourd’hui et au Prospero. En janvier 2011, il écrit, met en scène et joue dans En attendant Gaudreault précédé de Ta yeule Kathleen à la salle Jean-Claude-Germain. Il devient membre du CEAD en août 2011 et crée sa propre compagnie, La Bataille, dont il assure la direction artistique.

Les Morb(y)des
Jeudi 10 mai 20h
Mise en lecture :
 Gaétan Paré
Distribution : Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert

Retour sur Les couleurs d’Amy

Mardi 8 mai 2012

Les couleurs d’Amy, un texte écrit par et pour les enfants de 6ème année dans le cadre d’un projet de médiation culturelle: les auteurs de The Wire n’ont qu’à bien se tenir! Les enfants ont fait sonner des mots forts, réalistes, pleins de colères, d’intensité et de grande sensibilité. Et des mots qu’ils comprenaient, fallait voir la centaine d’enfants réagir dans la salle… Le nouveau Montréal est là, et il est pleinement vivant!!

Dramaturge : Pascal Brullemans
Mise en lecture : Nini Bélanger
Distribution : Francesca Barcenas, Sébastien David, Vincent Fafard, Anne-Marie Levasseur

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Au cœur du Festival: les lectures théâtrales

Lundi 30 avril 2012

Oui le 11e Jamais Lu prend de l’envergure, « s’exponentie « , explose même dans de nouvelles expériences théâtrales et littéraires dans l’enceinte de sa maison-mère, mais ne démord pas de sa raison d’être : présenter les textes inédits de nouveaux auteurs de théâtre.

Sur 75 projets reçus (si c’est pas de l’effervescence dramaturgique ça!), le Festival en a retenu 10 choisis pour leur singularité. Encore tout frais, même encore un peu fragiles, à peine nés, les textes entendus se permettent des libertés qui nous décoincent la réflexion et l’artistique.  Les comédiens sont aussi à l’honneur, à titre d’extraordinaires passeurs de ces mots à vif.

Avec autant d’intensité que de diversité dans sa programmation, le 11e Jamais Lu permet un accès émouvant et unique à l’écriture théâtrale. Et c’est aux Écuries qu’on vient prendre le pouls de son époque (compris)!

Où est-ce qu’on sera?

  • Sur la Plaza de Côte-des-Neiges, dans une fresque humaine multicolore avec des rêves, des immigrants, le feu du big bang, le Plan Nord et l’humour tendre d’Emmanuelle Jimenez.
  • Dans une église réinventée où nous est livrée une homélie on ne peut plus contemporaine et grinçante, pour fouiller les traces des fondements de notre culture avec La messe en 3D d’Annick Lefebvre.
  • En pleine désillusion et au cœur de l’ombre humaine, de l’hypocrisie, de la perversion et de la vacuité ambiante avec le mauvais goût grinçant et inclusif de Stéphane Crête.
  • Dans le nouveau Montréal avec Les couleurs d’Amy, un texte écrit pour et par les enfants, un projet de médiation culturelle avec les élèves de 6e année de l’école Saint-Grégoire-le-Grand, accompagnés par Pascal Brullemans.
  • En dessous de vos corps, je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas, soit en pleine guerre de frères de sang avec une adaptation libre, débridée et très actuelle de Britannicus par Steve Gagnon.
  • À l’aube de l’émergence d’une pré-adolescente qui cherche sa place dans son village… plate, avec le texte Jeune public Statu Quo de la plume sensible et sans jugement de l’auteur franco-canadien Gilles Poulin-Denis.
  • Dans la vraie découverte de la relève et d’une langue poétique qui aborde la folie et la proximité de nos vies séparées avec Qui file de Camille Roy, lauréate de l’Égrégore, un concours du RIASQ.
  • Dans une étrange fascination pour les pulsions inassouvies comme pour la misère de l’ailleurs signée par une écriture aiguisée dans Le mécanicien de Guillaume Corbeil.
  • Quelque part entre le vrai et le faux qui façonnent la mécanique théâtrale et interrogent notre rapport aux conventions sociales avec le pamphlétaire et ô combien synchronique Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude.
  • Dans une langue relevée et tranchante donnant voix à des corps perdus et autodestructeurs, en plein quartier d’Hochelaga et dans les strates d’un site de réseautage dans Les morb(y)des de Sébastien David.

Le 11e Jamais Lu vous fait entendre des textes qui nomment leur société par autant de points de vue et de langages possibles, tentant par leur démarche, de répondre à la brûlante question Où est-ce qu’on est?

Et vous, oû êtes-vous? Y serez-vous?