Les photos de cette belle rencontre du samedi fin d’après-midi. Photos Thomas Blain
Rencontre des plus intéressante hier lors de la Table ronde du CEAD, animée par Paul Lefebvre, alors que David Paquet, Sarah Berthiaume et Pascal Brullemans partageaient leur expérience d’auteur pour tenter de répondre à la question « Où est l’auteur dans la production de son oeuvre? »
Voici quelques propos attrapés au vif et synthétisés pour vous:
David Paquet: « l’auteur est marginalisé dans la production théâtrale, il travaille surtout seul et il est le seul à travailler avec le néant. Il est en décalage temporel avec les autres artisans. Mais si personne ne regarde par-dessus mon épaule quand je travaille, qui suis-je pour le faire à d’autres. C’est faux de croire que l’auteur sait mieux que quiconque comment monter sa pièce, il faut laisser les autres nous rendre meilleur. »
Pascal Brullemans: « j’écris en équipe, en salle de répète, entouré de gens que j’aime et qui me font une place. L’auteur est celui qui travaille l’espace de signification entre les mots (Breton). Il ne s’occupe pas que des mots, il s’occupe de l’histoire et du sens, de ce qui se passe, de ce qui habite les personnages. C’est une écriture vivante, puisque j’écris pour des acteurs et la scène. Et le trouble amené par l’écriture est autant vécu par les acteurs que l’auteur. L’auteur est celui qui va trop loin, quitte à revenir. La rencontre entre l’auteur est la production est essentielle à un moment ou un autre pour que la rencontre se fasse entre le spectacle et le public. Et quand le sens s’élève dans les spectateurs, c’est comme poser des bombes. »
Sarah Berthiaume: »dans le cas d’un texte commandé par un metteur en scène, il faut s’assurer d’avoir les mêmes intentions. L’auteur peut se soucier du sens, alors que le metteur en scène peut rechercher l’effet, la sensation générale auprès du public. L’auteur doit alors se prêter au jeu, mais au risque d’avoir le vertige de voir sa matière verbale transformée, et toujours associé à son nom. »
Malgré la belle fête qui a suivi la soirée d’ouverture Lettres ouvertes/poings fermés hier (les photos arrivent sous peu), on n’a pas à se remettre de la veille: on est encore fort d’elle.
C’est donc dans l’enthousiasme que nous entamons cette 2e journée festivalière en ce beau samedi 5 mai. Avant de goûter au plaisir de la première lecture théâtrale officielle, celle de Plaza d’Emmanuelle Jimenez à 20h, on réfléchit avec les auteurs Pascal Brullemans, Sarah Berthiaume et David Paquet, à la Table ronde du Centre des Auteurs Dramatiques. C’est à 16h, gratuit et ouvert à tous!
À la Table ronde, inspiré par la question éditoriale du Festival « Où est-ce qu’on est? », on se demande « Où est l’auteur dans la production de son oeuvre? » Il est où, hein, l’auteur? En salle de répétition, à la maison penché sur un autre texte, en réécriture, ou dehors? Un échange qui ne manquera pas de pertinence, ni de vous faire mieux connaître la profession d’auteurs de théâtre!
Bulletin festivalier 1/5
Le 11e Jamais Lu, ça commence vendredi! Cette grande fête aussi théâtrale que littéraire s’amorce avec des mots de résistance et de résilience dans la grande soirée Lettres ouvertes/poings fermés orchestrée par Louis Champagne.
Comme l’a dit Michel Bélair dans Le Devoir « amenez vos te(a)ntes », parce que nous on vous attend… Le Festival du Jamais Lu est un événement rassembleur d’une pluralité de langages et de visions. Vous y trouverez votre compte! Et si le Festival vous demande « Où est-ce qu’on est? », nous, on a un début de réponse : le Jamais Lu est dans son nouveau bastion, le théâtre Aux Écuries, où auront lieu tous les événements, huit jours durant!
Sur place vous attend Antoine Mongrain, barman et disc-jockey attitré, et créateur des fameux cocktails Jamais Bu décliné en trois couleurs jubilatoires (amer, acide et sucré), dans la suave ambiance de notre Bar-café, avant ou après les spectacles. Aussi sur place, nos amis du Coin Urbain auront des plats à petits prix à vous servir pour vous rassasier. À la soirée d’ouverture, le musicien Jez vous y bercera avec ses ondes vibrantes. Au Jamais Lu, on veut que vous soyez bien, et même très bien!
Dès samedi 16h, nous vous invitons à la Table ronde du CEAD, animée par Paul Lefebvre, qui réfléchit avec ses invités à la place de l’auteur de théâtre dans la production de son œuvre. En soirée, nous retrouvons avec grande joie Emmanuelle Jimenez qui nous amène sur sa Plaza, dans laquelle Côte-des-Neiges témoigne de son point de rupture.
Le dimanche à 14 h, on vous invite à la messe! Oui, oui, mais pas n’importe laquelle, c’est la Messe en 3D d’Annick Lefebvre, enfant sauvage du Jamais Lu, qui revisite de manière grinçante et athée le rituel et ses codes enfouis dans notre culture. En soirée, le nouveau texte de Stéphane Crête, mauvais goût (tout en minuscule), nous entraîne dans le vide de nos existences, la perversion, la vacuité, l’hypocrisie. Bref, une pièce qui porte magnifiquement bien son titre.
Suivez notre blogue, ici! Nous y tenons le journal de bord du 11e Jamais Lu, vous y trouverez les mots inspirés de notre codirecteur artistique, ainsi que des billets des auteurs du Festival, publié le jour de leur lecture, où ils expliquent, à leur manière, en quoi leur texte et leur démarche répondent au fameux et brûlant « Où est-ce qu’on est? »…
Pour prendre le pouls de votre époque, le 11e Jamais Lu, du 4 au 11 mai 2012.