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Retour sur Statu Quo de Gilles Poulin-Denis

Mercredi 9 mai 2012

Si la veille, la lecture du texte écrit par et pour les enfants Les couleurs d’Amy, nous a fait entendre leurs mots, tout habités de leur réalité, il était très intéressant de constater le travail d’un auteur Jeune pubic, ici Gilles Poulin-Denis, qui a su non seulement refléter leur réalité, mais l’amener plus loin également, l’ouvrir sur le monde. En souvenir de ce beau texte qui fait hommage pour tous ceux qui se sentent « alien » ((l’auteur est franco-canadien et nous fait entendre ce français de l’Ouest), de ceux qui se sentent invisibles, une réplique retenue de Statu Quo, et les belles photos de Thomas Blain.

« Nous les invisibles, on est là dans la rue, et enfin, on se voit. »

Mise en lecture : Craig Holzschuh
Distribution : Mikhail Ahooja, Roxane Bourdages, Marie-Claire Marcotte, Gilles Poulin-Denis

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Levers de rideau: le théâtre, lieu de tous les possibles

Mardi 8 mai 2012

Le théâtre est le lieu de tous les possibles, dont celui de voir, par exemple, Lucette Lamy, Planificatrice financière de la Caisse de la Culture, monter sur scène pour interpréter « le public » discutant avec « l’auteur », en la personne de Gilles-Poulin Denis, dans un dialogue concocté par celui-ci.

Photo Thomas Blain

 

Statu Quo de Gilles Poulin-Denis – Extrait

Mardi 8 mai 2012

« Toutes les jours c’est un déjà-vu. Il se passe rien. Il se passe jamais rien ici. Tsé, il pourrait avoir un météorite qui tombe demain ici, qui écrase la ville au grand complet. Il resterait plus rien, tout le monde serait mort, pis je suis sûr que y a personne sur la planète qui s’en apercevrait. Même les gens d’ici s’en apercevraient pas.  »

Mardi 8 mai 13h30
Mise en lecture :
 Craig Holzschuh
Distribution : Mikhail Ahooja, Roxane Bourdages, Marie-Claire Marcotte, Gilles Poulin-Denis

Où est-ce qu’on est? Dans Statu Quo de Gilles Poulin-Denis

Mardi 8 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Naissance

Au début tout était blanc
Je ne voyais rien
Il ne se passait rien
Rien ne se disait
Pas super pour une pièce de théâtre
Mais j’avais accepté d’écrire ce texte
Maintenant, j’étais debout
Dans ce terrain vague
À imaginer une foule d’ados
Assis devant moi
Me regardant
En attendant que moi
Je leur raconte une histoire

Je ne savais pas quoi leur dire
Patience
Quelque chose se passerait
Un jour ou l’autre
Des heures à attendre l’histoire
Dans ce lieu vide

Et puis
Un jour, je les ai vus.
Au fond d’une vidéo
De la Blogothèque
À 3 minutes, 6 secondes
Dans les méandres de l’Internet
Ils attendaient que je les trouve

Et puis
Je n’étais plus seul dans ce lieu
Blanc
Et vague
En fait, je n’y étais plus du tout
Maintenant, elles étaient là
Deux filles
Un peu blasée
Debout contre un mur

Lui, était présent,
mais restait dans le fond de ma tête,
attendant le bon moment
pour surgir

J’avais les personnages
Mais je n’avais pas encore
L’histoire

Je cherchais
Ils attendaient
Chaque fois que je pensais au projet
Je les voyais
Ces deux jeunes filles
Debout contre un mur
Lui, toujours prit dans ma tête
Et ils attendaient
Que quelque chose se passe
Cette attente
Est devenu
Le point de départ

Ils étaient là
Dans ma tête
Et maintenant ils sont ici
Avec un désir
Brûlant de parler,
De vous dire

Gilles Poulin-Denis

GILLES POULIN-DENIS
Gilles Poulin-Denis a quitté ses prairies natales afin de poursuivre une formation en art dramatique à l’UQAM. Après ses études, il se lance dans l’écriture dramatique en explorant surtout le conte et la courte pièce. Rearview est sa première pièce de longue durée. Il travaille actuellement sur deux nouveaux textes. Depuis 2008, Gilles est auteur associé au Centre national des arts du Canada.

Au cœur du Festival: les lectures théâtrales

Lundi 30 avril 2012

Oui le 11e Jamais Lu prend de l’envergure, « s’exponentie « , explose même dans de nouvelles expériences théâtrales et littéraires dans l’enceinte de sa maison-mère, mais ne démord pas de sa raison d’être : présenter les textes inédits de nouveaux auteurs de théâtre.

Sur 75 projets reçus (si c’est pas de l’effervescence dramaturgique ça!), le Festival en a retenu 10 choisis pour leur singularité. Encore tout frais, même encore un peu fragiles, à peine nés, les textes entendus se permettent des libertés qui nous décoincent la réflexion et l’artistique.  Les comédiens sont aussi à l’honneur, à titre d’extraordinaires passeurs de ces mots à vif.

Avec autant d’intensité que de diversité dans sa programmation, le 11e Jamais Lu permet un accès émouvant et unique à l’écriture théâtrale. Et c’est aux Écuries qu’on vient prendre le pouls de son époque (compris)!

Où est-ce qu’on sera?

  • Sur la Plaza de Côte-des-Neiges, dans une fresque humaine multicolore avec des rêves, des immigrants, le feu du big bang, le Plan Nord et l’humour tendre d’Emmanuelle Jimenez.
  • Dans une église réinventée où nous est livrée une homélie on ne peut plus contemporaine et grinçante, pour fouiller les traces des fondements de notre culture avec La messe en 3D d’Annick Lefebvre.
  • En pleine désillusion et au cœur de l’ombre humaine, de l’hypocrisie, de la perversion et de la vacuité ambiante avec le mauvais goût grinçant et inclusif de Stéphane Crête.
  • Dans le nouveau Montréal avec Les couleurs d’Amy, un texte écrit pour et par les enfants, un projet de médiation culturelle avec les élèves de 6e année de l’école Saint-Grégoire-le-Grand, accompagnés par Pascal Brullemans.
  • En dessous de vos corps, je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas, soit en pleine guerre de frères de sang avec une adaptation libre, débridée et très actuelle de Britannicus par Steve Gagnon.
  • À l’aube de l’émergence d’une pré-adolescente qui cherche sa place dans son village… plate, avec le texte Jeune public Statu Quo de la plume sensible et sans jugement de l’auteur franco-canadien Gilles Poulin-Denis.
  • Dans la vraie découverte de la relève et d’une langue poétique qui aborde la folie et la proximité de nos vies séparées avec Qui file de Camille Roy, lauréate de l’Égrégore, un concours du RIASQ.
  • Dans une étrange fascination pour les pulsions inassouvies comme pour la misère de l’ailleurs signée par une écriture aiguisée dans Le mécanicien de Guillaume Corbeil.
  • Quelque part entre le vrai et le faux qui façonnent la mécanique théâtrale et interrogent notre rapport aux conventions sociales avec le pamphlétaire et ô combien synchronique Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude.
  • Dans une langue relevée et tranchante donnant voix à des corps perdus et autodestructeurs, en plein quartier d’Hochelaga et dans les strates d’un site de réseautage dans Les morb(y)des de Sébastien David.

Le 11e Jamais Lu vous fait entendre des textes qui nomment leur société par autant de points de vue et de langages possibles, tentant par leur démarche, de répondre à la brûlante question Où est-ce qu’on est?

Et vous, oû êtes-vous? Y serez-vous?