Le montant qu’on s’est fait chier pour
Bon ben bonjour, je suis très heureuse d’être ici ce soir en si grand nombre, moi, ben c’est ça, c’est Josée, j’étudie en marketing du design et de la mode et si je suis présente ici ce soir c’est pour vous parler du Québec et de ses divers problèmes.
Récemment, j’ai eu beaucoup de réflexions en écoutant la radio pis… ben moi, je suis beaucoup branchée sur LCN. L’actualité, j’en mange, ok, je suis vraiment une passionnée de dire qu’est-ce que je pense, surtout depuis que j’ai commencé à régler mon problème de confiance en mes capacités personnelles.
Pour moi, tout a commencé lors des manifestations étudiantes. J’avais regardé LCN, pis y avait une fille, ok, elle était allée à une manifestation pour crier contre le système que nous vivons, que nous avons voté. Puis ce qui s’est passé, c’est qu’elle a pas écouté la police, pis la police, évidemment, a fait son travail pis dans le fond, plus spécifiquement, c’est que la fille a reçu une petite balle de caoutchouc d’une police dans la bouche pis c’est venu casser toutes ses dents à l’avant, notamment.
Juste vous dire, moi le printemps érable… je l’ai vécu sur le terrain. Des bouchons, du traffic, aller chercher ma fille pis qu’il reste pus aucun autre enfant au niveau de la garderie… j’ai tout vécu ça de mes yeux vu. Pis malheureusement, c’est aussi venu déranger l’heure du dodo, parce qu’elle se couchait à huit heures, mais huit heures, malencontreusement, c’était l’heure où… ces gens-là, dans le fond, faisaient taper leurs enfants sur des chaudrons à côté de la fenêtre ou c’est que ma fille, elle s’endort. Les enfants dehors, ils avaient du fun, ils étaient contents c’est sûr, mais c’est parce scuse, pendant que t’as du fun, ma fille elle a peur, elle pleure, elle me demande pourquoi il y a ça. Pis c’est ça moi dans le fond que je trouve que ça laisse à désirer, c’est que toi ton enfant il trippe peut-être mais mon enfant est pas bien à cause de toi. Fait que t’sais, là-dedans, c’est qui le bon parent, t’sais? C’est plus ça, moi.
Mais en ce qui concerne la jeune demoiselle avec la dentition malheureusement démantibulée, je veux dire, c’est sûr que c’est venu corriger son comportement à quelque part. Tsé, c’est plate, mais la prochaine fois qu’elle va vouloir faire la révolution, elle va peut-être y penser plusieurs fois dans sa bouche avant de le faire. T’sais moi, je suis restée chez moi, j’ai pris soin de mon enfant, j’ai écouté mes émissions, j’ai travaillé aussi au niveau de mes courriels, pis mes dents sont toutes là, notamment, là.
C’est parce que l’étudiant, il fait le party pendant la grève ou il fait comme cinq bacs pour trouver vraiment le travail que y’aime… C’est ça, on a un gros problème au niveau de toute le Québec, c’est qu’on veut que les choses, ça soye le fun. Moi personnellement de mon côté j’ai énormément de respect pour les gens qui se font chier. Scuse, mais si tu l’aimes ton travail, c’est pas un travail. Un travail, par définition, c’est être payé pour faire quelque chose que t’as pas le goût de faire. Si t’as le goût de le faire, tu vas le faire de toute façon, fait qu’à quelque part, pourquoi que je te payerais, à quelque part? Donc qu’est-ce que j’ai conclu dans mes réflexions, c’est que la valeur d’une chose, c’est le montant qu’on s’est fait chier pour. Donc le Québec, le problème, si on veut arrêter d’être de la marde, il faudrait se faire chier davantage. Peut-être, juste pour faire une petite image, vous me pardonnerez si possible la vulgarité de mon image : dans le fond, c’est chier la marde qu’on est nous-mêmes pour, à quelque part, s’en libérer et avoir plus de valeur comparé aux Etats-Unis.
Parce que moi, je voudrais ben dire que le Québec c’est cool, mais vu que le Québec c’est de la marde, si je dis que c’est cool, je me positionne moi-même du côté de la marde. Pis moi personnellement, j’ai ben peur de me mettre dans une situation que je passe pour de la marde. Récemment, j’ai été amenée à voir une thérapeute, pis mon problème qu’a m’a dit, c’était que j’ai comme tout le temps peur d’être pas correct, admettons. L’événement que je lui avais raconté, c’était un 5 à 7 avec du monde qui parlaient de musique. Moi, mon idole en musique, c’est Martin Deschamps, mais j’osais pas le dire parce que souvent, les gens rient de lui. Pis y a quelqu’un qui a dit : « Martin Deschamps, c’est tellement de la marde ». Moi dans mon problème d’estime personnelle je n’ai pas pris la parole pour défendre Martin Deschamps. À la place, qu’est-ce qui s’est passé dans ma tête, c’est que je me suis dit qu’une chance que j’avais fermé ma gueule à propos que moi je l’aimais. Et ça ce comportement-là, jusqu’à dernièrement, c’était moi toute crachée.
Mais là, j’ai commencé à opérer un cheminement au niveau de la croissance personnelle que je vais vous donner un exemple. Y a pas longtemps, au moment de faire… l’Acte lors d’une soirée communément appelée one-night, ok… parce que moi, mon complexe, c’est que j’ai peur que le gars y aime pas qu’est-ce que je fais ou ben comment que je réagis à qu’est-ce qu’il me fait. Donc, on était au niveau du sexe oral, mais comment qu’il le faisait, c’était pas vraiment comment que moi, j’aimais. Sauf que là, moi, je me disais que c’était sûrement moi qui avais un problème de frigidité donc sentiment de honte donc faire semblant de jouir, ok. Donc là, ensuite, c’était rendu, comme, à son tour fait que je me mets à l’oeuvre, mais c’était vraiment très long avant que… c’était vraiment très long. Mais moi j’avais, en quelque sorte, pas le choix de le faire venir vu que j’avais comme venu – même si pas vraiment, tsé. Pis là je me suis dit : crime, à cause de comment que j’agis, chus en train de travailler pour venir payer, dans le fond, quelque chose que j’ai même pas vraiment reçu. J’étais en train de travailler sans qu’en échange j’aye eu aucun bien-être.
Donc, là, ouin… C’est sûr que ça marche pus vraiment avec qu’est-ce que je disais tantôt, que notre problème c’est qu’on voulait juste avoir du fun – ben, oui, il y a les bien-être social pis les étudiants qui veulent juste aller à Cuba, dans le fond, mais qu’est-ce que je suis en train de me rendre compte c’est que y a aussi d’autre monde que je fais partie qui ont l’autre problème, qui travaillent vraiment fort sans vraiment avoir de fun en échange. Donc évidemment beaucoup de frustration parce que beaucoup de travail et très peu de plaisir, comme moi durant mon one-night. De la jalousie, aussi, quand ils voient d’autre monde avoir du fun sur leur bras, comme moi, ma fellation. Alors que peut-être que dans le fond le problème c’est pas le plaisir des autres personnes, le problème c’est plusse que eux y ont pas osé demander au gars de mieux leur faire le cunni. Pis ça, il faut adresser ça sinon, on va haïr tous ceux qui ont du plaisir, pis ça, d’après moi, c’est très détrimental dans une société. Pis ça c’est vraiment une des conséquences des lacunes au niveau de l’estime de soi.
Fait que ma conclusion à ma morale de mon histoire c’est que bien sûr il faut se faire chier dans la vie, mais peut-être pas dans le vide. Durant mon one-night, par la suite, ça s’est très bien déroulé, j’ai pas fini la fellation pis j’ai plutôt demandé qu’il fasse, dans le fond, une position qui correspondait davantage à mes besoins. Et à la suite de la relation sexuelle, j’ai sorti mon iPod en lui disant que moi, Martin Deschamps, je le trouvais vraiment touchant, pis je lui ai fait écouter une chanson très peu connue que j’aime vraiment qui s’appelle « Croire ». C’est tellement une belle chanson, là, ça dit : il suffit de croire, tout est changé, recommencé, on a la vie qu’on rêve d’avoir, croire, vivre à l’envers de tout ceux qui ont peur, risquer sa peau, tout comme le font les fleurs, quand leur pétales montrent leur cœur. » C’est vraiment beau, pis moi, c’est ça que je rêve de faire par rapport à mon estime de moi-même pis pour le Québec. Ou ben en tous cas, Canada, le monde, là, les autres pays aussi les autres races aussi, là, moi, j’ai pas de préférence.
« Croire
Il suffit de croire
Et tout renaît, tout est refait
La vie ne peut rien contre l’espoir
Quand on veut croire
Il suffit de croire
Tout est changé, recommencé
On a la vie qu’on rêve d’avoir
Suffit de croire
Comme un arbre qui fait ses bourgeons
Malgré le vent qui lui reprend ses feuilles
Croire à la vie vêtue de deuil… »










































