[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]
Où sommes nous?
Cogne cogne, ça toc en esti toc.
Cogne, la grève me cogne, esti ça toc.
Toc toc, les AG c’t’utile, mais ça toc en calisse, cogne.
Les manifs ça toc, toc très forts sur nos étudiants.
Toc esti cogne.
J’écris des personnages incapables de vivre avec la conformité imposée par notre société.
Décisions incohérentes, propositions encore plus défaillantes, conflit insolvable.
Aujourd’hui, c’est fou, comme je les comprends ces personnages de ne pas vouloir s’y
plier.
Peut-être que je les envie?
En ce Printemps québécois,
où la température est aussi dégueulasse que la façon dont on nous traite, nous les
étudiants,
Je reste scotchée à mon ordi.
En cette 12e semaine de grève au cégep de Saint-Laurent,
Je suis l’actualité gréviste à la seconde près,
espérant bientôt lire sur facebook, un statut, plus positif sur la situation que les trois
cent mille dernier «postés» sur les «wall» de mes «amis».
En attendant, une bonne nouvelle, qui, malgré toute ma volonté optimiste sur ce beau combat, me paraît aujourd’hui presque utopique, j’essaie d’écrire une nouvelle pièce.
Rares ont été les fois où j’ai pu écrire sans obligations,
En dehors du système scolaire.
Mon système scolaire étant maintenant déficient
faute de vous savez tous pourquoi…
Je tente d’écrire sans thème, contrainte, dead line, même sans Mme Rafie qui attend
un texte.
Ça avance très peu.
En jasant avec les auteurs du Jamais lu… je me rends compte que les périodes de «beaucoup temps libres» ne sont pas les plus productives, loin de là.
Reporter, faire autre chose, jusqu’à être coincé, là est le métier de l’auteur… de ce que j’en comprend.
Je fais ma propre enquête au Jamais lu, sur l’art d’écrire,
je suis une étudiante qui prend le festival pour son école.
L’école, ah! Ça fait longtemps.
Mon amie Sophie me dit qu’on sait que la grève dure depuis longtemps quand notre carré rouge est usé.
Mon carré rouge est définitivement très usé!
Faudra m’en trouver un autre pour les semaines à venir, il risque de lâcher le morceau avant «Line la pas fine».
Je suis Camille Roy et je suis dans un monde parallèle qui s’appelle la grève générale illimitée.
Camille Roy
CAMILLE ROY
Crédits photo : Camille Roy
Étudiante en art dramatique au Cégep de Saint-Laurent, Camille Roy découvre maintenant sa passion pour l’écriture dramatique. Elle tente présentement sa chance aux auditions des diverses écoles de théâtre, pour approfondir le jeu. L’écriture demeure un parallèle pour s’échapper, faire vivre, s’interroger. La musicalité des mots, la force qu’ils ont et l’interprétation qu’ils auront sur scène stimulent sa curiosité.
Qui file
Mercredi 9 mai 17h
5$
Mise en lecture : Jean Gaudreau
Distribution : Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard