Archive pour mai 10th, 2012

Retour sur Le mécanicien de Guillaume Corbeil

Jeudi 10 mai 2012

Le mécanicien de Guillaume Corbeil: dans un dialogue en partie d’échec où chaque mot et chaque silence compte, un couple discute de violence… Courte pièce étonnement réaliste et dérapante… Mais on ne vous en dit pas plus, la pièce sera montée au Théâtre d’aujourd’hui pour la saison 2012-2013!

Mise en lecture: Francis Richard
Distribution: Pierre-Luc Léveillé, Anne-Hélène Prévost, Francis Richard

Photos Thomas Blain.

20120510-195241.jpg

20120510-195246.jpg

20120510-195251.jpg

20120510-195258.jpg

20120510-195403.jpg

20120510-195408.jpg

20120510-195438.jpg

Retour sur Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude

Jeudi 10 mai 2012

En ouverture du programme double, dans une salle bien remplie encore une fois, Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude dans lequel Édith Patenaude parle d’Édith Patenaude pour vrai mais pas pour vrai, dénonce sa propre indifférence sur fond de crise économique, sacrifice, mises en abyme et sincérité, sur l’air de My Body is a Cage d’Arcade Fire. Un moment explosif, tel qu’espéré.

Bravo à toute la distribution: Marc Auger, Krystel Descary, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisant, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier et Maxime Perron.

Photos de Thomas Blain.

 

Retour sur Qui file de Camille Roy

Jeudi 10 mai 2012

On était en plein relève mercredi, avec la lecture théâtrale de la pièce Qui file, signée de la jeune mais assumée plume de Camille Roy, gagnante de L’Égrégore. Une voix douce, fortement fébrile, dangereusement vraie et poétique, qui n’a pas peur de prendre la réalité dans ses vérités sombres et complexes, dans l’intensité des familles, et nous a fait vivre un beau trouble.

Citation retenue: « Fais l’amour ma fille. Fais pas comme ta mère et ta grand-mère. Fais la vie. »

Bravo à toute la distribution:  Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard. Mise en lecture de Jean Gaudreau.

Photos de Thomas Blain.

Un message officiel et délirant du codirecteur artistique

Jeudi 10 mai 2012
(mot de Nadeau)
Les plafonniers du bar s’allument, les amis
ça sent le dernier service
Les regards séducteurs furtifs démisionnent ou assument
La belle fatigue des auteurs tapissent la grande pièce
Des Lettres ouvertes au Grand ballet, ce huit jours a fait son chemin
Avec tellement de panache et autant de nécessité
Pas qu’on en doutait
C’est juste que la vague nous a vraiment surpris et avaler de l’eau chaude salée par le nez…
Ça fait pleurer et rire en même temps…
Chaque jour, chaque soir, dans l’oeil des artistes comme dans le coeur du public,
On a été témoin de rêves en belle sueur
Et de réel vulnérable
De wow à qu’est-cé ça en passant par pourquoi et bof sans oublier malade
La parole critique de la parole épidermique a formé une dynamique folle
Un onze ans si bien sonné
Nous poussant vers un été prépubère magique et paniquant
Ce soir, Les Morb(y)des de Sébastien David affiche complet et promet tant
Même si la promesse n’est qu’un petit extra ici
La démarche et même la chute nous intéressant presque plus… S’cusez-nous!
Suit le crépuscule de la gang incroyable de Larissa Corriveau
Testaments, cartes de souhaits et mémos
Ça c’est le titre, je l’écris et je n’en reviens pas
De sa beauté, j’veux dire
La nuit sera totale ou ne sera pas
Villeray, tes chats auront le dos raide
Check toé!
Et demain, ben… On se donne la main et on saute du mieux qu’on peut dans le bain
En famille
Les Écuries vont déborder
On retransmettra le spectacle dans le hall, pour ceux et celles qui n’auront pas pu se mettre le nez*
Dans nos tutus noir de monde
Prêt à communier la taille relative des choses et un petit festival… immense.
Jean-François Nadeau

*Information non confirmée, mais on essaie très fort.

Où est-ce qu’on est? Avec Les Morb(y)des de Sébastien David

Jeudi 10 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]
Quand je veux parler de théâtre

Je reviens souvent à une anecdote

De mon amie auteure Sarah Berthiaume

Elle avait fait un stage en Espagne avec plusieurs auteurs

Provenant de pays divers

Pendant lequel chacun devait écrire une courte pièce

 

Parmi eux

Un Polonais

Il a écrit une courte pièce

Dans laquelle de vieilles Polonaises s’ennuyaient tellement

Qu’elles en venaient à regretter l’Holocauste

 

Une claque dans’face

 

Ce qui me trouble et me fascine dans cette histoire

C’est qu’il s’y cache un profond désir de vivre

Quitte à ce que ce soit par l’horreur

Mais vivre quelque chose

Se sentir vivre

Au fond

Elles cherchent peut-être un projet fédérateur

Parce que le système les a enfoncé

Sans crier gare

Dans un individualisme extrême

Elles se demandent comment être soi

Comment aller vers l’autre

Comment gérer leur intérêt personnel

Et aussi leur bien commun

(Tiens donc !)

Un mouvement perpétuel

Qui donne des tremblements de terre

Et aussi des maux de têtes collectifs

 

Je vous raconte cette histoire-là

Qui n’est pas la mienne

Parce que parler des autres pour me situer

C’est ça que je fais dans’vie

 

J’essaie de m’expliquer

Ou de démêler

Le soi

L’autre

Et le nous

Je cherche l’éclairci

Dans la zone d’ombre

Ou plutôt précisément pour Les morb(y)des

Dans le noir

 

Du noir teinté

D’ennui

D’inertie

De perte de répère

D’hostilité

De cruauté

D’humiliation

De solitude

De colère

 

Et c’est encore une fois

À travers la bouche des plus vulnérables

De gens qui n’ont pas l’habitude de prendre la parole

Que j’ai eu envie de fourrer tout ça

 

Des mots qui se dépêchent

Des mots qui ne trouvent aucun confort

Dans les corps atypiques

De Stéphany de Montréal

De Sa Sœur l’évachée

De Kevyn le scout

 

Les mettre face à leurs propres limites

(Nous mettre face à nos propres limites)

Les faire sacrer

Roter des insultes

Crier en caps lock

Haleter

Saigner du coke flat

Répéter

Vomir

Sans point

Ni virgule

Tourner en rond

Être forts pis vulnérables

Chiâler

Dans une langue qui chante

Avec à la fois dissonances

Et harmonies

Une langue qui sait pas quoi faire d’autres

Que revoler sur les murs

 

Sans obstacle

Sans filtre

Sans jugement

Brut

 

J’ai organisé un chaos

J’ai façonné un cri

J’ai sculpté du caca

 

Pour peut-être trouver l’apaisement

Ou pas

 

Sébastien David

SÉBASTIEN DAVID
Crédits photos :
 Jérémie Battaglia
Diplômé de l’École nationale de théâtre en interprétation, Sébastien David est aussi auteur et metteur en scène. On a pu le voir comme acteur dans plusieurs productions au Théâtre de Quat’Sous, au Théâtre d’Aujourd’hui et au Prospero. En janvier 2011, il écrit, met en scène et joue dans En attendant Gaudreault précédé de Ta yeule Kathleen à la salle Jean-Claude-Germain. Il devient membre du CEAD en août 2011 et crée sa propre compagnie, La Bataille, dont il assure la direction artistique.

Les Morb(y)des
Jeudi 10 mai 20h
Mise en lecture :
 Gaétan Paré
Distribution : Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert