Archive pour mai 9th, 2012

Où est-ce qu’on est? À la soirée crépusculaire de Larissa Corriveau

Mercredi 9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité. Pour Testaments, cartes de souhaits et mémos, le texte nous dit surtout où est-ce qu'on sera...]

On est huit. Avec des testaments, des cartes de souhaits, et des mémos.
Le Crépuscule des Dieux joue dans le piton, il y en a qui se déguisent en chevalier, d’autres qui font semblant d’être en état d’ébriété, d’autres encore qui font comme si ils étaient morts, mais pour de vrai, on est sur la scène et bien vivants.
Ensuite, à savoir vous, où est-ce que vous êtes?
Alors là…

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir
l’Empire du levant
Colomb le Grand Siegfried les Titans
dans les bas-fonds du Tokyo Bar
des artifices d’aurores

Venez voir
cette grande ancienne
cette cyclopéenne bête enfouie dans les mots

Ça gronde Beat box et Spitfire blanc
C’est plus qu’un groove c’est vivant
Le monde piaffe
comme un cheval impatient

chevaux flammes sur les plaines

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir
Les chants barbares
Des morts des vivants
Fossoyeurs militaires militants
pilote acrobatique dj apoplectique

Vous en voulez, du crépusculaire? De la nuit. Du noir. Du soleil qui se couche.
Ben Fuck it.

La lumière faible subsiste
Hésiode danse épique sur la piste
Darwish tout en haut
Pique droit sur son cercueil

Coudon y buvait tu Gauvreau?

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir oui oui oui
au seuil du couchant
Celle qui décline, décroit
Celle qui s’étend
La nuit des âges, des temps

Au grand jour de l’inquisition sous les cheveux fins de l’Astre jaune

Venez voir
La noire monochrome mémoire
Dire dans nos mots
Comment sera ce qui vient
De la mort jusqu’au matin.

Larissa Corriveau

LARISSA CORRIVEAU
Crédits photo : Alexandre Leclerc-Bernier
Larissa a suivi des formations de danse contemporaine, tango argentin, pantomime, piano classique au Québec et en Europe. Au théâtre, elle a joué pour Brigitte Haentjens, Emmanuel Schwartz, Alexandre Marine, Oleg Kisselev; aussi avec DynamO, comme conteuse et accordéoniste. Également performeuse au Festival Voix d’Amériques, organisatrice, lectrice et musicienne pour plusieurs événements poétiques, finaliste des Prix Arthur-Rimbaud, du prix littéraire Radio-Canada et fondatrice de La Demeure.

 

Soirée crépusculaire: Testaments, cartes de souhaits et mémos
Jeudi 10 mai 22h
Direction et mise en lecture : Larissa Corriveau
Textes et performances: Sébastien Boulanger-Gagnon, Larissa Corriveau, Marc-André Landry, Catherine Léger, Benoit Mauffette, Danny Plourde, Ève Pressault, Jérémi Roy, Zied Touati
Éclairages : Mathieu Marcil
Scénographie : Julie Vallée-Léger

Retour sur le salon littéraire participatif « Carole et Lise reçoivent »

Mercredi 9 mai 2012

Au moins 4 ou 5 générations présentes à travers le public de Carole et Lise reçoivent, selon votre définition de génération! On s’est ouvert l’appétit avec des lectures de textes bien à propos! Émile Proulx-Cloutier a fait résonné son piano dans de courtes pauses de discussions riches et réfléchies. Au 11e Jamais Lu, les générations se sont unies. On pouvait entendre:   »Je crois que mon père a des idées plus jeunes que moi, qui ai 29 ans. » On a parlée de pro-activité de toutes les générations. Les baby-boumers ont parlé du courage des étudiant et de leur maturité, qui a peu à voir avec la révolution des années 60, alors que le monde leur était donné presque neuf dans l’esprit d’après-guerre. Dans les années 60, les gens étaient plus opaques, déguisés. Et ils sont conscients d’avoir créer le monstre du néo-libéralisme, que plus personne ne sait gérer. Esprit de rencontre, écoute remarquable, les textes 50 mots ont explosés en de longues réflexions et même une courte pièce, dans ce lieu de communion.

Et vous, où étiez-vous?

Photos de Thomas Blain.

 

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Retour sur Statu Quo de Gilles Poulin-Denis

Mercredi 9 mai 2012

Si la veille, la lecture du texte écrit par et pour les enfants Les couleurs d’Amy, nous a fait entendre leurs mots, tout habités de leur réalité, il était très intéressant de constater le travail d’un auteur Jeune pubic, ici Gilles Poulin-Denis, qui a su non seulement refléter leur réalité, mais l’amener plus loin également, l’ouvrir sur le monde. En souvenir de ce beau texte qui fait hommage pour tous ceux qui se sentent « alien » ((l’auteur est franco-canadien et nous fait entendre ce français de l’Ouest), de ceux qui se sentent invisibles, une réplique retenue de Statu Quo, et les belles photos de Thomas Blain.

« Nous les invisibles, on est là dans la rue, et enfin, on se voit. »

Mise en lecture : Craig Holzschuh
Distribution : Mikhail Ahooja, Roxane Bourdages, Marie-Claire Marcotte, Gilles Poulin-Denis

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Où est-ce qu’on est? Dans Le Mécanicien de Guillaume Corbeil

Mercredi 9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Où est-ce qu’on sera?

L’idée du Mécanicien est née il y a plusieurs années, quelque part sur le parterre du TNM, alors que sur la scène on jouait Incendies, de Wajdi Mouawad. La pièce ne m’intéressait que très peu, et bientôt pour moi le spectacle est devenu le public. J’essayais de m’expliquer son enthousiasme presque irrationnel devant ces femmes subissant injustices par dessus injustices. Pourquoi tous ces gens vivant dans un monde confortable étaient-ils fascinés par ce récit de guerre ? Le théâtre est censé être un miroir tendu au spectateur, mais là, il montrait le verso du reflet de leur monde immaculé.

Le Québec a toujours été en marge de l’Histoire et le Québécois, condamné à un rôle de spectateur. Comme si le monde n’existait que dans les pages du journal, que ce n’était qu’une histoire qu’on se faisait raconter : des événements qui n’ont rien à voir avec nous et qui se passent dans un autre monde, il y a très, très longtemps. Toujours au TNM, je me disais qu’il y a toujours eu un mur entre l’Histoire et nous, une vitre à travers laquelle on peut regarder l’autre côté, mais qui nous en garde séparés. Si Wajdi Mouawad nous captive autant, c’est qu’il apparaît comme celui qui a traversé l’écran. Pour nous, il vient d’un autre monde, littéralement de notre imaginaire, de la même manière qu’un centaure ou une licorne.

Mais depuis, la grève étudiante a été déclenchée : l’Histoire est là, dans notre ville. Je me disais que cela serait notre 9 novembre 1989, le jour où tomberait le mur qui nous sépare de l’Histoire. Si une partie de la population s’est jointe au mouvement, la majorité a préféré l’ignorer. On ne voulait pas croire au printemps québécois, car il ne pouvait y avoir de printemps québécois : nous ne sommes ni en Égypte, ni à Prague. lors que je croyais que nous subissions le mur, en vérité c’est nous-mêmes qui l’avons érigé, et alors que la clameur de la rue le menaçait, ils ont été nombreux à venir le défendre. Quand tout ceci finira par finir, nous aurons décidé si nous sommes des spectateurs ou des acteurs.

GUILLAUME CORBEIL
Crédits photo :
 Maxime Côté
En 2008, Guillaume Corbeil présente un recueil de nouvelles intitulé L’art de la fugueaux éditions L’instant même. Son premier roman, Pleurer comme dans les films, est paru chez Leméac en 2009. Il a aussi signé une biographie du metteur en scène André Brassard. Il est diplômé en écriture dramatique de l’École nationale de théâtre du Canada.

 

 

 

 

 

 

Le Mécanicien, en programme double avec Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude
Mercredi 9 mai 20h
Mise en lecture : Francis Richard
Distribution : Pierre-Luc Léveillé, Anne-Hélène Prévost, Francis Richard

Où est-ce qu’on est? Dans Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude

Mercredi 9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité. Le texte d'Édith Patenaude fait tant de mises en abyme et de liens, déjà, avec l'actualité, que nous en publions un extrait.]

LE MONDE SERA MEILLEUR – EXTRAIT

Je pense – peut-être – j’imagine qu’on fait rien parce qu’on a peur. Qu’on est indifférent à tout, parce que s’attacher à quelqu’un ou à une idée vient avec la peur de perdre. Alors on choisit la facilité et la légèreté.

Mais moi je suis pas légère. Je suis terrifiée. J’ai épouvantablement peur d’une chose. J’ai épouvantablement peur de perdre quelqu’un que j’aime. Bon, il faut vous dire que mon père est pas mort pour vrai. Et l’affaire, c’est que comment va le monde présentement, j’ai peur qu’il finisse par tuer mon père comme je l’ai raconté. Par tuer tous ceux que j’aime, un à un. J’ai terriblement peur d’avoir un jour à venger mon père. Je veux que le monde soit meilleur parce que je veux qu’il arrête de tuer ceux qu’on aime. Le monde actuel a tellement d’armes, tellement de gens, d’organisations, de systèmes financiers, d’extrêmismes, d’immobilisme, de discours creux, de désinformations, d’égoïsmes, d’aveuglements, de divertissements, de peurs individuelles et collectives qui sont autant de couteaux dans le dos, de poisons, et d’armes de destruction massive.

Et j’ai peur. Ma peur se cristalise dans une image très précise. J’ai peur de me retrouver devant plein de gens habillés en noir qui attendent en silence que je trouve la force de chanter tout croche, parce que je sais pas vraiment chanter, mais de chanter moi-même quand même, de chanter My body is a cage. Parce que ça c’était vrai. Mon père camionneur veut vraiment que ça soit ça qui joue à ses funérailles, et je peux pas dire à quel point je trouve ça beau et que je veux préserver ça de tout mon corps.

Et je peux pas croire qu’il faille attendre d’être tué par le monde pour entendre notre chanson préférée être chantée tout croche par ceux qu’on aime.

ÉDITH PATENAUDE
Crédits photo :
 Marianne Noël-Allen
Finissante du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2006, Édith Patenaude s’est tout de suite lancée dans la création, entre autres en cofondant Les Écornifleuses. Depuis, elle a joué pour de nombreuses compagnies, fait de la mise en scène, produit et écrit. Récemment, elle montait L’absence de guerre de David Hare, au Premier Acte, et jouait dans Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges, au Trident. Les arbres ainsi que Barbe Bleue et La maison dans la forêt s’est allumée, des pièces de sa plume, ont été présentées au Premier Acte.

Le Monde sera meilleur
Mercredi 9 mai 20h, en programme double avec Le Mécanicien de Guillaume Corbeil
Mise en lecture : Édith Patenaude
Distribution : Marc Auger, Krystel Descary, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisant, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier et Maxime Perron

Où est-ce qu’on est? Dans la lecture de Qui file avec l’étudiante Camille Roy

Mercredi 9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Où sommes nous?

Cogne cogne, ça toc en esti toc.

Cogne, la grève me cogne, esti ça toc.

Toc toc, les AG c’t’utile, mais ça toc en calisse, cogne.

Les manifs ça toc, toc très forts sur nos étudiants.

Toc esti cogne.

J’écris des personnages incapables de vivre avec la conformité imposée par notre société.

Décisions incohérentes, propositions encore plus défaillantes, conflit insolvable.
Aujourd’hui, c’est fou, comme je les comprends ces personnages de ne pas vouloir s’y
plier.
Peut-être que je les envie?

En ce Printemps québécois,
où la température est aussi dégueulasse que la façon dont on nous traite, nous les
étudiants,
Je reste scotchée à mon ordi.

En cette 12e semaine de grève au cégep de Saint-Laurent,
Je suis l’actualité gréviste à la seconde près,
espérant bientôt lire sur facebook, un statut, plus positif sur la situation que les trois
cent mille dernier «postés» sur les «wall» de mes «amis».

En attendant, une bonne nouvelle, qui, malgré toute ma volonté optimiste sur ce beau combat, me paraît aujourd’hui presque utopique, j’essaie d’écrire une nouvelle pièce.

Rares ont été les fois où j’ai pu écrire sans obligations,
En dehors du système scolaire.

Mon système scolaire étant maintenant déficient
faute de vous savez tous pourquoi…
Je tente d’écrire sans thème, contrainte, dead line, même sans Mme Rafie qui attend
un texte.
Ça avance très peu.

En jasant avec les auteurs du Jamais lu… je me rends compte que les périodes de «beaucoup temps libres» ne sont pas les plus productives, loin de là.

Reporter, faire autre chose, jusqu’à être coincé, là est le métier de l’auteur… de ce que j’en comprend.

Je fais ma propre enquête au Jamais lu, sur l’art d’écrire,
je suis une étudiante qui prend le festival pour son école.

L’école, ah! Ça fait longtemps.
Mon amie Sophie me dit qu’on sait que la grève dure depuis longtemps quand notre carré rouge est usé.

Mon carré rouge est définitivement très usé!
Faudra m’en trouver un autre pour les semaines à venir, il risque de lâcher le morceau avant «Line la pas fine».

Je suis Camille Roy et je suis dans un monde parallèle qui s’appelle la grève générale illimitée.

 

Camille Roy

CAMILLE ROY
Crédits photo : Camille Roy
Étudiante en art dramatique au Cégep de Saint-Laurent, Camille Roy découvre maintenant sa passion pour l’écriture dramatique. Elle tente présentement sa chance aux auditions des diverses écoles de théâtre, pour approfondir le jeu. L’écriture demeure un parallèle pour s’échapper, faire vivre, s’interroger. La musicalité des mots, la force qu’ils ont et l’interprétation qu’ils auront sur scène stimulent sa curiosité.

 

Qui file
Mercredi 9 mai 17h
5$
Mise en lecture : Jean Gaudreau
Distribution : Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard