Archive pour mai 4th, 2012

Concours!!

Vendredi 4 mai 2012

Dimanche 14h, pendant La messe en 3D d’Annick Lefebvre, vous pourrez entendre un auteur-mystère qui lira un évangile adapté. Nous publions ici un extrait dudit texte, si vous découvrez l’auteur, vous courrez la chance de gagner une paire de billets pour le spectacle! Nous tirerons le nom du ou de la gagnante parmi les bonnes réponses! Écrivez à communication@jamaislu.com

Voici l’évangile selon…
(La réponse est Fabien Cloutier)

Mettez-vous dans’ tête que l’boutte qui s’en vient

C’est roffe

On est pas dans L’auberge du chien mort et ses perruques

On est dans la vie de Jésus crisse

Jésus y’a déjà mangé une dernière fois pis donné son sang pis son cœur

Ce boutte là

C’est faite

On commence au boutte ousque des barbus avec des capines

Y câllent les vieux pis ceux qui savent écrire

Genre le sénat des juifs

Y’enchaînent Jésus pis y l’amènent à Pilâte

Pilâte

C’t’un romain

C’est à peu près le seul romain que son nom finit pas en “usse”

Mais Pilâte

Y’aurait ben pu s’appeler “troud’cusse”

Parce qu’y va être croche en tabarnac

‘Ec c’te pauv’ Jésus

Jésus est en face de Pilâte pis Pilâte y dit

« T’es tu le roi des Juifs ?»

Jésus y’est comme choqué câlisse de c’te question là

Y marmonne queque chose qui r’semb’ à

«Va donc chier gros crisse de prétentieux ‘ec ton costume lette

De fausse jupe pis de fausse armure du crisse

Qu’on dirait que tu sors d’un show du TNM»

Le monde entende pas ça mais moé oui

Là autour y’a comme les chefs des prêtres

Y’ont des faces de croches

Pis dans c’temps là

Les prêtres se cachent pas dans des écoles

Pis dans l’fond du nord ‘ec des indiens pour fourrer des enfants

Y l’font quand qu’y veulent

Pis les câlisses de romains ‘ec des noms en “usse”

Y s’en crisse de d’ça

Parce qu’eux autres itou

Quand y’arrive dans des pays

C’est pas Astérix pis la potion magique tabarnac

Y’a pas de vieux barbu pour faire une recette

Qui fait que t’es fort

Pis que tu renvoyes les romains chez-eux à coup d’pied dans l’cul

Non non

Quand les romains arrivent

T’espère en tabarnac que au moins ça sera pas trop long ta souffrance

Parce que

Brutus

Enculusse

Pis Assassinusse

Y violent

Y tuent

Y font l’party

Su ton dos

Sua virginité de tes filles

Pis su l’innocence de tes enfants

Anyway câlisse

Tout l’monde sait ça


Lettre ouverte à Gaston Miron – Extrait de la grande soirée d’ouverture Lettres ouvertes/poings fermés

Vendredi 4 mai 2012

Extrait d’un texte de Julie-Anne Ranger-Beauregard, une des six auteurs invités par Louis Champagne à la grande soirée d’ouverture du 11e Jamais Lu Lettres ouvertes/poings fermés. Pour connaître le reste, il faudra y être…

Lettre à Gaston Miron – La marche à nous

Gaston, Gaston

Si je t’avais connu…

 

T’aurais été mon défricheur

Mon éleveur d’oiseau malade

L’ébéniste de la charpente de mon lit

Mon Fardoche en salopette

Le bison de ma toison

Mon salisseur de peau blanche

Mon gourou mystique

Un Beauregard en devenir

Parce que je t’aurais marié

Pis je t’aurais donné mon nom

 

Gaston, Gaston

 

T’aurais été mon lampadaire immortel

Le chasseur du chevreuil de mon cœur

La nuit dans laquelle j’aurais pu me lever

Te faire des crêpes aux herbes fraîches

Te murmurer des secrets de jardin

Comme « les lilas fleurissent demain »

Ou « je sais pas comment fermer l’arrosoir »

Selon le degré de notre intimité

[...]

Gaston, Gaston

 

Après, on ira faire un tour en ville
Tu verras, les choses ont pas trop changé

Montréal est encore grand comme un désordre universel
Les filles et les garçons savent se lever

Brandir des quenouilles de mécontentement

Et même si les gouvernements rient

Croyant voir des idées-grenouilles

Nous, on sait qu’il suffit de s’embrasser

Pour qu’elles deviennent des idées-majestés

Julie-Anne Ranger-Beauregard

 

 

Roulement de tambour

Vendredi 4 mai 2012

(Mot de Nadeau)

Existe-t-il un portail menant au renversement de la vapeur?
La grisaille du ciel ne me rend pas fragile, ce matin.
Mais les titres du plus grand quotidien français d’Amérique, oui.
Deux tiers de la population du Québec DÉCODE une ouverture du côté
du gouvernement dans le conflit qui l’oppose aux étudiants.
J’aimerais vraiment connaître le magasin qui leur vend ce décodeur.
Où est-ce qu’on est quand le paternalisme et la condescendance discutent
avec la foi en quelque nation différente?
En quelque point de rupture de la joie des patrons se pognant le paquet à Sagard… Un oeil sur la graine à Sabia, l’autre sur le cahier Gourmand de La Presse.
(Non mais y est tu fatigant avec son actualité politique! Y est pas directeur artistique d’un festival de théâtre, lui!?)
Oui… justement.
La polarisation entre les lucides et les solidaires n’a jamais été aussi navrante.
Ce matin, l’élastique qui nous relit n’est plus de l’ordre de la tension.
Il a pété. Et l’on dérive chacun de son bord.
Heureusement que la planète est ronde.
Tôt ou tard, on va se reparler.
À moins que trois Golems ne se lèvent de terre…? Un sortant de l’îlot Voyageur, l’autre des catacombes du Colisée et un troisième d’un trou à Schefferville… Ils formeront un triangle d’inquiétude et fonceront vers le centre pour anéantir les charognards de la gestion d’un Québec pseudoprospère et sans âme.
(Hostie qu’y est naïf et pas suivable!)
Ça fait plaisir.
Il n’y a pas de portail.
Il n’y a que le combat.
Les petits pas.
Ce soir, un festival de textes de théâtre démarre.
Le Jamais Lu. Il a onze ans. Il regroupe des voix fortes et tendres, dissidentes et dans le rang, folles et calmes.
La langue québécoise et son déploiement se réchauffent.
Ce soir, une fête d’ouverture avec des lettres ouvertes.
Pour faire le plein.
Je nous vois comme une grande Black qui s’étire la cuisse avant de s’installer sur son bloc de départ.
Ce n’est pas un sprint. Ni un marathon.
Quelque chose de quasi impossible.
Comme un 400 mètres à cloche pied avec un mur en mousse à faire tomber à la fin.

Ça va rire et pleurer.
Ça va rocker.
Ça va bercer.

Ça va mieux.