Archive ‘Eau à la bouche’

« C’est quoi notre problème? » par Annick Lefebvre

Samedi 24 novembre 2012

Pour la clôture de ce trois jours de Jamais Lu – Édition Québec, le Festival vous propose un cabaret où les auteurs investissent la question éditoriale et la scène du Théâtre Périscope sous la direction de Patric’ Saucier. Loin de tout consensus, avec sensibilité et honnêteté, voire  une franchise arrogante, humour et humble dépouillement, les auteurs abordent la question sur tous les fronts: le politique, le social, l’identité, l’âme, la famille, la casserole… Si dénominateur commun il y a, ce serait le besoin d’aborder la question avec vérité dans tout ce qu’elle a de complexe.

Pour le blog du 2e Jamais Lu- Édition Québec, Annick Lefebvre, auteure montréalaise (ou plus précisément de Saint-Bruno) que la codirectrice artistique Anne-Marie Olivier souhaitait particulièrement faire entendre à Québec, partage son work in progress de réponse et des intentions de sa démarche derrière les textes qu’elle livrera ce soir.

Les causes invisibles

C’est quoi notre problème?

Notre problème c’est qu’on se mêle pas de nos affaires

Qu’on essaye de sortir de notre champ de compétence

Pour dire aux autres qu’ils ont tort dans leur propre domaine

Pour les contredire sur leur propre terrain

Dans leur propre champ d’expertise

Notre problème c’est qu’on refuse d’admettre

Qu’on est largués pis qu’on ne comprendra jamais certaines affaires

Intellectuellement, émotionnellement, humainement

Même si on a la curiosité de s’informer sur le sujet

Notre problème c’est qu’on s’empêchera jamais de chialer

À propos des gens qui creusent un sillon différent du nôtre

Notre problème c’est qu’on essaie de trouver une manière commune de penser

Pis qu’on croit fermement que notre propre manière de penser

C’est l’ultime façon de le faire

Parce qu’elle correspond à l’idéal social qui nous avantage le plusse

Notre problème c’est qu’on se décourage avant terme

Devant le climat social atroce qui nous paralyse

Devant ces questions qui nous laissent sans réponse

Devant notre propre petitesse de citoyen

Pis notre trop faible pouvoir d’action concrète

Alors qu’on devrait s’investir dans des causes à notre mesure

Militer quotidiennement pis personnellement

Pour des choses toutes petites, toutes banales

Des causes qui auraient un tout petit impact

Sur une poignée risible de citoyens

Mais des causes qui mettraient notre expertise en valeur

 

La résistance pis l’engagement social

Ne doivent pas nécessairement passer par un mouvement collectif

Mais se vivre dans l’intime

Puisque ce n’est que par ce passage obligé

Que les grandes révolutions sociales et collectives adviendront

 

Est-ce que la fille qui vend des accessoires de mode

Peut s’engager à ne pas vendre la mauvaise grandeur de leggings à ses clientes?

Est-ce que son engagement dans ce genre de cause est suffisant pour faire d’elle Une citoyenne qui accomplit dignement son devoir?

Est-ce qu’elle peut se dire qu’elle milite en faveur de plusse de beauté

En diminuant le nombre de filles qui vont être moches

En exhibant leurs bourrelets dans des leggings trop petits?

Est-ce qu’elle peut se dire qu’elle milite pour le mieux-être collectif

En évitant aux gens qui auraient croisé cette fille de peu de goût

Le haut le cœur horrible qu’ils n’auraient pas eu la force de réprimer?

Est-ce que son militantisme est digne d’être ainsi nommé?

Sommes-nous en mesure de le reconnaître comme tel?

 

J’écris du théâtre pour dire ça

Pour poser ces questions-là…

Pis pour dire qu’il faut développer des individualismes forts

Dans une société où l’on prendrait soin les uns des autres

 

Dans la vie je veux prendre soin des autres

C’est vraiment ce à quoi j’aspire par-dessus tout

Je veux dire… prendre soin des autres

Mais pas au sens large

Au sens spécifique.

Au niveau où je peux nommer les noms de ceux de qui je veux prendre soin

Spécifiquement

Pis pas avec une espèce de compassion à toute épreuve

Comme moteur

Mais juste avec une sincérité un peu bancale

Pis assurément broche à foin

Comme moteur

C’est un peu quétaine, dit de même…

Mais j’ai pas de honte à vivre quétainement ma vie

Ou si peu…

PAR CONTRE

Je m’engage à ce que ça ne le soit pas quand j’écris

QUE ÇA NE SOIT PAS QUÉTAINE

Que le théâtre qui sort de ma plume ne soit pas racoleur

C’est vraiment la cause invisible dans laquelle je m’engage

LA NON-QUÉTAINERIE DU THÉÂTRE

Parce que c’est le champ de compétence que je peux exploiter

Le reste se passe dans des sphères où j’agis comme figurante

Figurante active, mais figurante tout de même

Enfin…je pense…

 Annick Lefebvre
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« C’est quoi notre problème? » Cabaret de clôture
Mise en scène :
 Patric’ Saucier
Texte et interprétation : Marc Auger Gosselin, Fabien Cloutier, Véronique Côté, Catherine Dorion, Jean-Michel Girouard, Annick Lefebvre, Jean-Philippe Lehoux et Patric’ Saucier
Musicien : Stéphane Caron
DJ : Millimétrik

 

Retour sur le jour 1 du 2e Jamais Lu – Édition Québec

Vendredi 23 novembre 2012

Cette deuxième édition du Jamais Lu à Québec s’est ouverte sous le signe de la pertinence et de la diversité. Le public était au rendez-vous (c’était plein à L’AgitéE pour L’Accélérateur de particules), mais le Jamais Lu – Édition Québec évolue aussi comme un point de ralliement de la communauté théâtrale, toutes générations confondues. Le Festival est un lieu de rencontres, de pensées, de paroles fortes, neuves, d’artistes de talent et du public qui peut les approcher dans une grande proximité dans une chaude soirée (dans le sens de chaleureuse bien sûr, voyons).

Pour attaquer sa deuxième année dans la Capitale, le Festival a commencé par servir un contenu réflexif, pour scruter les liens entre l’écriture et le politique dans une table ronde animée par Marcelle Dubois. La rencontre réunissait les auteurs de théâtre  Annick Lefebvre, Jean-Philippe Lehoux et Édith Patenaude, ainsi que Fréderic Dubois, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre Périscope, et Samuel Matteau, cinéaste particulièrement préoccupé par les mouvances sociales de l’année et heureux de pouvoir échanger sur le sujet avec d’autres artistes.

Marcelle Dubois a ouvert la table ronde en revenant sur la question éditoriale du 2e JLQc C’est quoi notre problème?:   »La question éditoriale est volontairement floue. Quel est ce notre et le nous qu’il évoque? Et par problème, qu’est-ce qu’on veut dire au juste? » Une question pleine de questions finalement.

Et la co-directrice artistique du 2e JLQC en avait trois à poser à ses invités pour alimenter la discussion:

- Est-ce que l’écriture (au sens large pour notre scénariste et notre metteur en scène) est culturelle? Est-ce qu’elle est forcément enracinée dans la terre sur laquelle reposent les pieds de l’auteur?

- Qu’est-ce que veut dire les mots engagement, politique et appartenance en 2012 à Québec sur la Dorchester devant un public de convertis? Et si on regarde plus loin, à l’ère des frontières qui s’amenuisent, qu’est-ce que ces mots veulent dire dans votre pratique?

- Divorce ou passion entre esthétisme et politique?

Voici les réponses, ou plutôt idées émises par les invités, pêle-mêle:

Edith Patenaude: « Notre époque appelle à la conscience citoyenne, l’écriture participe à cette réappropriation du politique, de notre rôle citoyen. (…) Il faut être à l’écoute, de ce qui anime et trouble les gens autour de nous, faire preuve de sincérité, parler avec eux des sujets brûlants et vivants, et que le théâtre devienne ce lieu vivant qui les interpelle, fondamentalement. C’est aussi ça notre responsabilité d’artiste. Avoir beaucoup d’écoute. »

Annick Lefbvre: « J’exige que mon écriture soit archi référencée Québec 2012. Qu’elle ne soit pas exportable à tout prix. Je ne veux pas nécessairement être montée en France ou en Allemagne dans 5 ans. Je ne veux vraiment pas qu’on puisse reprendre mes textes au TNM dans 25 ans. Je veux que mon écriture soit spécifique à ici maintenant. Parce qu’on s’en câlisse de l’universalité pis de la longévité de l’œuvre. L’écriture c’est notre ADN culturelle. Faut arrêter d’avoir peur d’être des auteurs locaux, l’assumer pis être fiers d’en être. (…) J’essaie de comprendre ceux qui font des choix avec lesquels je ne suis pas d’accord, je me confronte, c’est ma manière d’être à l’écoute, et de dialoguer. »

Fréderic Dubois: « Oui on s’inscrit dans la société, on parle de nous, de nos enjeux, mais à qui on parle? Qui écoute? Le Printemps érable, était-ce seulement du tapage? Les artistes s’engagent mais à quoi bon? (…) Je ne fais pas de la politique, suis-je moins engagé? J’essaie de faire circuler les énergies, celles des gens autour, de notre société, notre culture, j’essaie de trouver du vrai par la création théâtrale. »

Samuel Matteau: « Il faut user des moyens alternatifs pour rejoindre le public, hors des grands médias, des systèmes de diffusion traditionnelle. Initier les gens à l’art, quitte à aller dans la rue pour établir un premier contact, leur montrer que c’est aussi pour eux, à eux. (…) À un moment il était plus important de sortir dans la rue que d’écrire que je sortais dans la rue. Ensuite, je transmets des impressions, et par mes émotions et ma vision, rejoindre le collectif. Quand on esthétise, c’est qu’on a compris un mouvement, et l’esthétisme est peut-être une porte d’entrée pour un plus grand nombre. »

Jean-Philippe Lehoux: « il faut se questionner aussi sur ce qu’on est comme artiste. Il y a une certaine prétention. Moi je me trouve un peu bête, je ne suis pas érudit, ni un spécialiste de politique ou société. Je peux inventer, je peux aller dans la beauté, dans la création. On n’est pas des philosophes, mais des créateurs de l’émotion. Et ce n’est pas sans responsabilité citoyenne. (…) le théâtre est lent, cette année je ne pouvais plus écrire, j’avais besoin d’aller dans la rue. Je me suis mis à bloguer, à participer à des prises de parole, que de faire du théâtre, d’agir. Il était là mon engagement. »

Pour suivre cette discussion qui demandait en soi un investissement de la part des invités, on passait à la création pour célébrer la première soirée à L’AgitéE!! Quatre extraits d’oeuvres en chantier venaient se dévoiler dans des mises en lecture, souvent trop courtes, comme un coït interrompu.

Hélène Robitaille ouvrait la soirée avec un univers dense et déjà achevé avec Chaplin et moi qu’on oublie et son prêtre à la fois en perte de compassion et pourtant tout à fait attendri devant la candeur de Chaplin, apparu momentanément sur scène.
Maxime Robin nous a fait entendre une voix jeune, de la nouvelle génération qui, à travers sa légèreté, n’échappe pas du tout au sens de la tragédie, comme toujours annoncée pour cette génération.
 Thomas Gionet nous plutôt fait une performance qu’une mise en lecture, alors que la démarche l’emportait encore sur le texte ou son interprétation. Un moment brouillon, brut, à vif, voire à frette.
Finalement, Amélie Bergeron nous présentait ses personnages, bien de leur temps et de leur manque de langage dans une mise en lecture qui avait du « fucking esti » de mordant, pour la paraphraser.

Les photos sont de Nicola Vachon, photographe officiel du 2e Jamais Lu – Édition Québec.

C’est quoi notre problème? par Lucien Ratio

Vendredi 23 novembre 2012

Ce soir, vendredi, Lucien Ratio présente la mise en lecture de son texte L’Gros Show, pendant la soirée Les Intégrales à L’AgitéE, présenté juste après Scalpés d’Anne-Marie Olivier. Pour le blog du 2e Jamais Lu – Édition Québec, il répond à brûle-pourpoint à savoir comment son texte répond à la question éditoriale du Festival.

« J’ai essayé de comprendre l’incompréhensible pour moi. Humaniser un débat. Hier je suis retombé sur un extrait radio où l’animateur faisait une blague en disant que l’école ça sert à rien et qu’il avait triché dans ses examens pour passer, et tout de suite après il lance un débat sur la loi 101 en disant que cette loi ne sert à rien et que le français n’est pas en danger. Moi je trouve ça quand même un peu spécial. »

L’Gros Show de Lucien Ratio

Mise en lecture : Lucien Ratio
Interprétation : Marc Auger Gosselin, Jean-Philippe Côté, Maxime René de Cotret, Phillipe Durocher, Jeanne Gionet-Lavigne et Patric’ Saucier

L’Gros Show est une immersion dans le monde de la radio à débats. Découvrez les animateurs, Pat, Jane, Philou, Jay-Pi et Marc «The Truth» Auger alors qu’ils animent comme tous les matins de la semaine L’Gros Show sur les ondes de Choc Radio, la radio la plus populaire en ville. Toutefois, un événement particulier les amènera à se confronter à eux-mêmes et changera peut-être leur vision des choses.

LUCIEN RATIO
La fanfare, a été jouée en 2010 à Premier Acte et sélectionnée comme meilleur spectacle de la relève pour le prix de Première Ovation, catégorie théâtre. L’Gros Showest son deuxième texte.

Crédit photo : Nicola-Frank Vachon

2e Jamais Lu -Édition Québec: ça va faire Bang!

Mercredi 21 novembre 2012

On y est presque, presque, c’est demaiiiiin! Dès le jeudi 22 novembre, dramaturges, comédiens, équipe de feu du Festival, ardents partenaires et toi public, nous serons réunis autour de ce que la parole théâtrale a de plus neuf et de plus vif comme de sensible à Québec ville.  Et nous garderons le cap jusqu’au 24: plaisir, émotions, réflexions crues, mordantes et inspirantes nous attendent à travers quatre rendez-vous ayant pour détonateur commun cette question éditoriale explosive: C’est quoi notre problème?

Grosse question. Trouverons-nous une réponse révolutionnaire à la table ronde qui portera sur le contact entre écriture et LE politique, ou alors dans le foisonnement des univers théâtraux de l’Accélérateur de particules, ou dans les immersions proposées par les mises en lecture complètes desIntégrales, ou peut-être finalement au cabaret pamphlétaire de clôture qui se déroulera dans l’indignation joyeuse?

Quatorze nouveaux auteurs et moult comédiens vous invitent à investir cet espace en ébullition qu’est le Jamais Lu, afin de prendre le pouls de notre époque. À la veille de tenir sa 2e édition dans la Capitale, le Jamais Lu trépigne d’impatience à l’idée de vous retrouver pour discuter, réfléchir, rebondir et applaudir les mots gorgés de sens des auteurs rassemblés. Tout cela autour d’un verre ou deux ou trois…

Suivez-nous sur le blog et les réseaux sociaux pour suivre le journal de bord de cette grande fête!

2e Jamais Lu – Édition Québec, du 22 au 24 novembre

Les auteurs:
Marc Auger Gosselin, Amélie Bergeron, Fabien Cloutier, Véronique Côté, Catherine Dorion, Thomas Gionet, Jean-Michel Girouard, Annick Lefebvre, Jean-Philippe Lehoux, Anne-Marie Olivier, Lucien Ratio, Maxime Robin, Hélène Robitaille et Patric’ Saucier.

Les lieux:
Bar-Coop L’AgitéE (22 et 23 novembre)
251, rue Dorchester

Théâtre Périscope (24 novembre)
2, rue Crémazie Est

Billetterie : 418 529-2183

Tous les détails et informations par ici

Le 11e Jamais Lu : une brillante manifestation théâtrale et littéraire pour le rayonnement de la relève dramaturgique

Dimanche 20 mai 2012

« Chaque jour, chaque soir, dans l’œil des artistes comme dans le cœur du public,
On a
été témoin de rêves en belle sueur
Et de r
éel vulnérable
De wow
à qu’est-cé ça en passant par pourquoi et bof sans oublier malade
La parole critique de la parole
épidermique a formé une dynamique folle
Un onze ans si bien sonn
é »

« Cest à Marcelle Dubois quon doit un si beau festival depuis 11 ans. »

« Cette soirée est officiellement présentée par le Jamais Bu.
Ok, le nom, -Jamais Bu-, mais y avez-vous go
ûté?
 »

Jean-François Nadeau, codirecteur artistique du 11e Jamais Lu

L’événement-phare de la relève dramaturgique a brillé de tous ses feux pour sa 11e édition et se conclut par un succès incandescent! Si la question éditoriale «Où est-ce quon est?» impliquait de prendre position, de prendre sa place ou de la chercher, le Festival a réellement trouvé la sienne dans sa maison mère au théâtre Aux Écuries, ainsi que dans le cœur d’un public grandissant, de tous âges et de tous milieux.  En raison du congé de maternité de Marcelle Dubois, directrice générale et artistique, c’est Jean-François Nadeau, comédien, auteur et poète, qui a noblement tenu la barre du Festival, de sa doucereuse insolence.

Le Jamais Lu 2012 fut tendre et intense, cru, touchant, en plein face-à -face avec le réel dans tout ce qu’il a d’imaginaire. Avec sept soirs complets (sur quinze événements au total) et une assistance record, le 11e Jamais Lu a célébré la parole théâtrale sous le signe d’une envergure nouvelle et réjouissante! Ce formidable déploiement s’est fait grâce à l’installation de l’événement dans son nouveau lieu avec ses divers espaces où le public comme les auteurs ont pu trouver une place chaleureuse. Dans les gradins de la Grande Salle, dans le Studio aménagé en cabaret, ou dans le Bar-café renommé Chez Antoine pour l’occasion, la quête de sens a fait son chemin, dans la fête comme dans la réflexion.

Les lectures théâtrales ont fait entendre des voix nouvelles abrasives, décapantes, mais aussi complices. Des propos et des intentions à attraper parfois comme des murmures, s’élevant chez d’autres en incantations magiques, ou encore jaillissant dans un grand cri : les lectures ont fait transparaître la nécessité et la pertinence du renouvellement dramaturgique, particulièrement dans l’engagement des auteurs face à leur monde et leur démarche d’écriture.

Où est-ce quon était, donc?

  • Parmi les Lettres ouvertes/poings fermés  de dramaturges à découvrir ou redécouvrir dans une grande soirée d’ouverture signée Louis Champagne. Coup d’envoi marquant dans la Grande Salle pleine à craquer des Écuries, mise en scène ludique pour festival plus habitué à de simples mises en lecture, la parole fut affirmée, posée et déposée. Peut-être moins politique qu’escomptée, la soirée a surtout été marquée de prises de positions aussi vives qu’étoffées, et surtout très humaines. On se souvient des « Miron Miron » extatiques des trois filles pour la finale… Et après s’être régalés de mots, l’odeur de la cantine du Coin urbain nous attendait pour compléter ce festival-festin pour le corps et pour l’âme.
  • Dans l’éloquente lumière faite sur la place des auteurs dans la production de leur œuvre pendant la Table ronde du CEAD. Trois auteurs issus de pratiques et d’expériences différentes répondent aux questions perspicaces de Paul Lefebvre. Pour David Paquet et Sarah Berthiaume, la position de l’auteure est plus classique, en marge et en décalage de la production, tandis que Pascal Brullemans  écrit avec les comédiens, en pleine exploration.
  • Avec Emmanuelle Jimenez, dans Plaza ou le tragique et l’humour d’une superbe évolution de personnages égarés et d’ambiances « mystico-trash » uniques tendrement entremêlés. La première lecture théâtrale du Festival nous jette au point de rupture de la Plaza Côte-des-Neiges, où l’espoir s’effrite mais persiste au Dollorama, entre rêves et deuils. On ne le mentionne pas sur le coup, mais la comédienne Lénie Scoffié a une faiblesse respiratoire. Elle prend du mieux et attaque le spectacle et porte son rôle à merveille, mais la toux la reprend et doit quitter la scène. Emmanuelle Jimenez poursuit la lecture – un médecin était dans la salle pour parer à l’éventualité. La lecture se termine dans l’émotion, et dans le rétablissement de Madame Scoffié.
  •  Dans La messe en 3D d’Annick Lefebvre, enfant sauvage du Jamais Lu (puisque c’est par le Festival qu’elle s’est mise à écrire – et avec quelle Passion – il y a quelques années), auteur d’un rituel incisif qui n’a épargné personne dans un splendide travail de chœur. C’est tout le milieu théâtral qui fait son chemin de croix, la cérémonie artistique engage le public, on a droit à un évangile de Fabien Cloutier et les comédiens communient à coup de Tim Bits et de canettes de bières. On rit, on rage, on trouve son fil de foi.
  •  Dans mauvais goût, la pièce de Stéphane Crête, en plein centre du trou noir de mensonges qui bordent banalités et perversions, où les masques tombent et révèlent la vacuité. Au grand soulagement de la distribution, le public rit, ce qui n’était pas gagné d’avance. Blagues, situations, effets, tous de mauvais goût, l’ensemble est frontal, les comédiens assument et livrent avec naturel leurs personnages passablement pathétiques, et cruellement réalistes somme toute.
  • Marqués par les petites et grandes vérités des élèves de 6e année de la classe de Germain Landry à l’école Saint-Grégoire-le-Grand, auteurs du texte Les couleurs dAmy, au propos loin d’être édulcoré. On entend le nouveau Montréal. Accompagnés en atelier par le dramaturge Pascal Brullemans, les enfants réfléchissent à la quête du bonheur et aux rapports de forces entre eux, à l’amitié, la jalousie, la manipulation. Écrit par et pour eux, les réactions des enfants sont fortes dans la salle : « T’es tellement plate que même les chiens ne te regardent pas » est suivi d’un grand « ouuuuuuuh ».
  • Avec des ados de l’Ouest canadien, qui choisissent la création pour survivre au vide quotidien d’un petit village dans Statu Quo de Gilles Poulin-Denis. Alors que la veille on s’était plongé dans les mots des enfants, on peut nettement appprécier le travail d’écriture d’un auteur qui reflète leur réalité mais qui tâche également de la dépasser et de l’ouvrir. On entend une langue franco-canadienne, truffée d’anglicisme, au cœur de sa réalité. Le texte lui-même ne transforme pas la réalité, ce sont les personnages qui le font et nous laissent sur l’espoir.
  • Dans une écoute des uns et des autres de haute qualité, et la recherche de liens, au salon littéraire participatif Carole et Lise reçoivent portant sur le thème des générations, avec bien sûr Carole Fréchette et Lise Vaillancourt, deux grandes dramaturges du Québec, avec leurs invités David Paquet et Martin Faucher, et Émile Proulx-Cloutier à l’ambiance générale. Le temps plus gris et froid a réduit quelque peu le nombre de convives, mais l’échange ne s’en est pas moins étiré, riche de réflexion construite. Chacun avait écrit bien plus que 50 mots, et touts furent accueillis avec intérêt. Ici, pas de conflits, que des propositions et de la recherche. Et vous, où étiez-vous, où vous situez-vous?
  • À suivre des fils de laine de folie intergénérationnelle dans la langue fauve et sans détour de la jeune Camille Roy, auteure de Qui file et étudiante en grève illimitée, un double statut que Camille a su faire cohabiter. Il faut dire que cette fière représentante de la relève n’a pas peur de se situer au coeur des tensions, de les relever, de les faire entendre même dans son écriture de courage. Ce jour-là, c’était la première de trois lectures théâtrales à guichet fermé.
  • Sous l’effet javelot d’Édith Patenaude et celui « slingshot » de Guillaume Corbeil, lors du programme double des textes authentiques et manipulateurs Le monde sera meilleur/Le mécanicien. La première décortique les mécanismes du théâtre, afin de toucher à sa sincérité, si elle peut être atteinte dans la représentation, tout en mettant en scène un fin du monde post-crash économique ainsi qu’une relecture d’Hamlet (le théâtre, lieu de tous les possibles, paraît-il). Le deuxième nous plongeait dans des fantasmes de tortures et de culpabilité malsaine d’un couple des plus ordinaires et tranquilles, dans un dialogue aiguisé, un jeu d’échec où chaque silence compte également pendant que la violence n’est jamais bien loin, « chéri ». D’ailleurs, Le mécanicien sera présenté au Théâtre d’aujourd’hui la saison prochaine, c’est dire comme c’est proche de nous!
  • Au point de rencontre du sordide et de l’irréel d’où jaillit une poésie sexuelle et triste, presque mystique dans Les Morb(y)des de Sébastien David. Un texte brûlant, certes, mais déculpé par la force d’interprétation des comédiens qu’on doit aussi attribuer au travail du metteur en lecture Gaétan Paré.  Le plaisir des lectures théâtrales, c’est qu’à partir de la force des mots, on invente soi-même la pièce. Et bien qu’on se doute que chacun imagine à sa manière, il est certains que Les Morb(y)des nous sont apparus ce soir là, de même qu’une nouvelle compagnie théâtrale, La Bataille.
  • Au cœur d’une nuit fictive, d’une Soirée crépusculaire, faite de Testaments, cartes de souhaits et mémos, entrelacés de musique et performances, le tout soufflé par Larissa Corriveau et ses complices Sébastien Boulanger-Gagnon, Danny Plourde, Catherine Léger, Benoit Mauffette, Eve Pressault, Jeremy Roy et Zeid Touati. Cette aventure hors des frontières habituelles du Jamais Lu a été marqué pour ce caractère exploratoire du jeu et de la poésie, de la musique, de ce tout qui scrutait l’ombre jusqu’au ténèbre pour ensuite laisser poindre la lumière. Et c’est presque ce qui est arrivée ensuite au Bar-café, alors que la fête s’est étirée longuement et en bonheur. Comme le disait Nadeau, l’avant-dernier soir, c’est toujours le meilleur (propos assumé par celui qui offrait le spectacle de clôture)!
  • À la Fenêtre ouverte sur la classe de maître de Daniel Danis, bien plus qu’un œil-de-bœuf sur le territoire concret et invisible de l’imaginaire. Ce qui est vécu, ou revécu par la pensée, la mémoire et les sens, ce qu’on nomme imaginaire, est insaisissable et pourtant posséder par chacun, il est chacun. Les quinze auteurs (incluant nos passionnantes délégations française et franco-canadienne) ont partagé leur réflexions et leurs créations issus de cet atelier intensif sur trois jours. Un terreau riche ensemansé aux Écuries, au temps du Jamais Lu!
  • Émus, rassemblés, enveloppés par Le grand ballet des détails qui tuent, mené par Jean-François Nadeau et Avec pas d’casque, et par leur poésie et leur sincérité désarmantes. Et on s’en souviendra longtemps. Le Studio était plein, mais on aurait voulu être encore plus tassés, pour que la proximité devienne inévitable, comme celle que nous vivions avec la beauté. Ce soir là, grand aboutissement du 11e Jamais Lu, la douceur a régné sur nous, et l’espoir, un peu lendemain veille il est vrai, s’est pointé le nez.
  • Dans l’irrésistible complicité des Levers de rideau qui tissent des liens inattendus et remplis de plaisir avec les gens d’affaires. Oui, cette rencontre est possible, entre le théâtre et le monde des affaires, et c’est carrément jouissif. Le talent de l’auteur a mis la table, l’accompagnement du metteur en lecture Geoffrey Gaquère a mené tout le monde à son meilleur, et les participants touchants. On en veut encore!
  • En pleine réception de paroles affirmées, sensibles et réfléchies, ou sur le fil de conversations allumées, éphémères ou pas… Puisque les textes avaient été choisi pour cette capacité à susciter la réflexion, puisque les auteurs ont généreusement exposé leur démarche, puisque l’espace était idéal et l’ambiance aussi irrésistible que Marcelle Dubois, et puisque surtout, vous étiez là, nombreux, très nombreux chaque soir à s’être laisser interpellé par les nouveaux auteurs de théâtre, à avoir pris le pouls de votre époque (et non pas le poulpe, malgré certains soirs des plus festifs)!
  • Au Bar-café Chez Antoine, auprès de l’accueillant et célibataire barman et disc-jockey attitré du Jamais Lu, Antoine Mongrain, aussi créateur des cocktails Jamais Bu. Antoine est un peu fatigué qu’on dise qu’il est célibataire, mais il le fait si bien, et étonnament (ou pas), ce fut une de nos déclarations les plus populaires sur les réseaux sociaux! Aussi disc-jockey et confident de service le temps de huit petits jours immenses, au Bar-café, on était bel et bien chez Antoine, et ça faisait toute la différence.
  • Parmi les comédiens (plus de 150) dévoués et renversants, porteurs des vifs mots des auteurs. Et si le Jamais Lu met l’accent sur ses auteurs, c’est pourtant eux, les comédiens, que le public voit et entend, aime ou aime haïr dépendemment du personnage, et c’est bel et bien au Jamais Lu qu’on peut constater la pluralité de talents du Québec et de la francophonie, une armée émouvante de chaires à paroles. Bravo à eux, et chapeau bas à tous!
  • Avec vous, amis, partisans, habitués, nouveaux, passeurs, Charles-toujours-présent, vous, toi, public enthousiaste et surtout joyeusement présent, en vrai ou sur les réseaux sociaux, heureux d’avoir sa place dans les salles complètes ou un peu fragile mais encore confiant dans les listes d’attente, public traîneur qui a aussi trouvé sa niche ou plutôt son nid, sa forteresse, au théâtre Aux Écuries. Vous nous manquez déjà, promis.

Voici donc pour notre bilan complet, étoffé, jubilatoire et non linéaire (c’est-à-dire qu’on a travaillé fort pour être « pas plate »). Suivez les liens pour vous balader un peu partout avec le Jamais Lu.

C’est le moment pour le Jamais Lu de dire merci à tous ses auteurs, artistes, bénévoles, partenaires, et nous avons une charrue de noms pour vous, en espérant n’avoir oublié personne car chacun d’entre-eux a compté, ainsi qu’à tous les festivaliers. Merci de nous avoir permis d’être ensemble, dans cette célébration commune et essentielle de la relève dramaturgique.

  • Prochains rendez-vous : du 21 au 24 novembre 2012 pour la 2e édition du Jamais Lu Québec, et du 3 au 10 mai 2013 pour un 12e Jamais Lu à Montréal!Et maintenant, où est-ce qu’on est?

Merci

Lundi 14 mai 2012

Pour cette édition intensément touffue et effervescente, tel que souhaité par la directrice générale et artistique Marcelle Dubois, pour l’implication et la générosité de tous puisque tous ont permis une envergure nouvelle à l’âme du Jamais Lu, nous vous disons MERCI MERCI MERCI (la répétition de noms est possible, selon l’implication):

Aux auteurs en lectures théâtrales, qui sont le coeur du festival: Emmanuelle Jimenez, Annick Lefebvre, Stéphane Crête, les élèves de 6e année de la classe de Germain Landry de l’école Saint-Grégoire-le-Grand, Steve Gagnon, Gilles Poulin-Denis, Camille Roy, Édith Patenaude, Guillaume Corbeil, Sébastien David.

Aux directeurs de soirées spéciales, rencontres et événements, propulseurs de la création et de la réflexion dans le festival:  Louis Champagne, Paul Lefebvre, Pascal Brullemans, Carole Fréchette, Lise Vaillancourt, Larissa Corriveau, Daniel Danis, Jean-François Nadeau.

Aux auteurs et artistes participants, généreux, passionnés et inspirants: Geoffrey Gaquère, Martin Héroux, Simon Boulerice, Normand Canac-Marquis, Justin Laramée, Jean-Philippe Lehoux, Anne-Marie Olivier, Madeleine Péloquin, Julie-Anne Ranger-Beauregard, Marcelle Dubois, Mathieu Marcil, Julie Vallée-Léger, Sarah Berthiaume, Pascal Brullemans, David Paquet, Gary Boudreault, Amélie Chérubin Soulières, Eveline Gélinas, Emmanuelle Jimenez, Pierre Limoges, Lénie Scoffié, Marie Bernier, Linda Bouchard, Talia Hallmona, Guillaume Regaudie, Jean-Carl Boucher, Isabelle Brouillette, Julianne Côté, Catherine Dajczman, Stéphane Dermers, Daniel Desputeau, Guillermina Kerwin, Didier Lucien, Francesca Barcenas, Sébastien David, Vincent Fafard, Anne-Marie Levasseur, Nini Bélanger, Annick Bergeron, Marie-Soleil Dion, Renaud Lacelle-Bourdon, Guillaume Perreault, Claudiane Ruelland, Craig Holzschuh, Mikhail Ahooja, Roxane Bourdages, Marie-Claire Marcotte, Gilles Poulin-Denis, Émile Proulx-Cloutier, Martin Faucher, David Paquet, Jean Gaudreau, Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard, Marc Auger, Krystel Descary, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisant, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier, Maxime Perron, Francis Richard,  Pierre-Luc Léveillé, Anne-Hélène Prévost, Francis Richard, Gaétan Paré,  Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert, Sébastien Boulanger-Gagnon, Larissa Corriveau, Marc-André Landry, Catherine Léger, Benoit Mauffette, Danny Plourde, Ève Pressault, Jérémi Roy, Zied Touati, Avec pas d’casque, Emma Haché, Caroline Sheehy, Sacha Dominique, Sabyna Pierre, Manuel Piolat Soleymat, Nasser Djemai, Anick Martel, Camille Loiselle-D’Aragon, Olivier Sylvestre, Marie-Hélène Larose-Turchon, Elisabeth Locas, Mélanie Desbiens, Marie-Christine Lê-Huu.

Aux étonnants et complices gens d’affaires des Levers de rideau: Martin Bergeron, Guy-François Lamy, Stella Leney, Céline Lacerte-Lamontagne, Lucette Lamy, Marie-Pier Veilleux, Eveline Boucarut

Aux bénévoles sensas, dévoués et indispensables: Maryline Beauchamps, Samar Besada, Aurélie Brochu Deschênes, Catherine Comeau, Marie-Pascale Côté, Nicolas Gendron, Marie Fannie Guay, Marie-Pier Nemey, Jean-Thomas Roy, Guillaume Thériault.

À l’équipe, qui a travaillé fort pour ce beau succès: Marcelle Dubois, Jean-François Nadeau, Stéphanie Leblanc, David Lavoie, Marie-Paule Grimaldi, Marie-Aube Saint-Amand-Duplessis,  Amélie-Claude Riopel, Julie Vallée-Léger, Mathieu Marcil, Valérie Grig, Julie Vigneault, Maude Blanchette-Lafrance, Ping Pong Ping (Catherine Lepage et Simon Rivest), Jeanne Bertoux, Sébastien Croteau, Thomas Blain, Renée Hudon, Antoine Mongrain, Sixtine Grimond, Bertille Simon, Line Leblanc.

Le conseil d’administration du Jamais Lu: Anne-Marie Olivier, Eveline Boucarut, Chloé Fleurant, Nadine El-Khatib.

Nos partenaires, nombreux, parmi lesquels la Caisse de la Culture, partenaire officiel.

Ainsi que des remerciements en extra pour tous les extras:

Toute la merveilleuse équipe des Écuries – et Isabelle, Mayi-Eder et Samuel en particulier – qui fait qu’on est tellement content d’être enfin à la maison;

Ginette Noiseux pour son implication passionnée lors de notre campagne de financement, mais aussi et surtout pour sa vision qui nous inspire;

Michel Leblanc, pour avoir cette année encore soutenu nos activités de financement;

Le Cirque du Soleil et Manon Larin-Picard, pour leur présence et les belles initiatives communes;

L’École nationale de théâtre du Canada, pour son apport renouvelé;

Véronique Julien du RIASQ, Alain Jean de l’ATFC, Marie-Claude Verdier, Paul Lefebvre et David Laferrière du CEAD, Anne-Lorraine Vigouroux du consulat général de France à Québec, Laurent Lalanne du Centre national du Théâtre à Paris… pour les partenariats qui enrichissent notre événement;

Le Coin urbain, pour leur délicieuse cantine!

Où est-ce qu’on est? Ensemble dans le rayonnement et le renouvellement de la dramaturgie!

Douceur et beauté pour la grande clôture: J-F Nadeau + Avec pas d’casque

Lundi 14 mai 2012

C’était la totale pour la finale, avec le concert littéraire Le grand ballet des détails qui tuent, un projet « ovniesque » de musique et poésie né de la rencontre toute naturelle des univers de J-F Nadeau, comédien, auteur, poète et codirecteur artistique du 11e Jamais Lu, et du groupe Avec pas d’casque qui a lancé un nouvel album pénétrant en mars dernier.

Le spectacle s’est ouvert sur la chanson Intuition #1 d’Avec pas d’casque :
« Tu diras
Tu diras que c’est l’instinct qui t’a
Mené jusqu’ici
L’intuition d’un sentiment
qui ne reviendra pas »

Le premier texte de Jean-François Nadeau, Goyer, peu être lu ici sur notre blogue.

Sincérité, vérité, présence, sensibilité, humour, un show de gars simples et excellents, qui donnent de l’espoir. Où est-ce qu’on était? Tous là, ensemble, avec la beauté, dans une ambiance aussi douce que perçante, une onde touchante, vibrante, apaisante et rassembleuse.

J-F Nadeau a également invité plusieurs auteurs du 11e Jamais Lu, ceux des lectures théâtrales, ceux des délégations française et franco-canadienne et ceux de la classe de maître, à monter sur scène pour écrire un texte d’une minute écrit sur un mot donné par Nadeau.

Emmanuelle Jimenez (mot: butte):  » Butte, c’est presque une insulte, un semblant de montagne. Mais moi je dis vive les buttes! Je suis une femme toute petite qui veut monter sur toi, butte. »

Camille Roy (mot: trace): « C’est gras pis ça m’écoeure, c’est suposé être propre ces affaires-là. »

Larissa Corriveau (mot: karaoké):
« Au karaoké d’Osaka
Killye Minogue résonne
Sur les ruines d’une temple
Technicolor monochrome. »

C’était la première fois que le Jamais Lu explorait une zone aussi musicale, mais qui créait un espace de résonance parfait pour les mots lancés. Gageons que ce ne sera pas la dernière fois, bien que cette soirée de clôture fut un moment unique. Douceur inoubliable dans laquelle nous étions suspendus pour terminer l’effervescence des huit jours festivaliers.

Merci J-F Nadeau! Merci Avec pas d’casque! Merci public nombreux!

Photos Thomas Blain

 

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Recette du cocktail Jamais Bu

Lundi 14 mai 2012

Dans un élan de générosité dithyrambique, nous partageons avec vous la recette des cocktails Jamais Bu, créés exclusivement pour le 11e Jamais Lu par notre formidable barman et disc-jockey -célibataire- Antoine Mongrain.

Le Jamais Bu:
3/4 oz gin
3/4 oz vodka
1/2 oz « bar mix » ( sweet & sour)
1/4 oz sprite
1/2 oz liqueur (orange, melon ou fraise)
- on shake avec de la glace

On ajoute
1/2 oz de sprite

Servez sur glace avec tranche d’agrume.

Et voilà, c’est magique!
Et ça donne ce genre d’ambiance!  (Photo Thomas Blain)

Fenêtre ouverte sur la classe de maître de Daniel Danis

Lundi 14 mai 2012

Vendredi dernier, le public était invité à assister à la conclusion de l’atelier intensif que l’auteur Daniel Danis est venu donner dans le cadre du 11e Jamais Lu. Une quinzaine de participants, incluant les auteurs des délégations française et franco-canadienne, ont partagé le fruit de leur réflexion, des zones explorées, ainsi que les courtes créations récoltées de l’exercice. La classe portait sur « L’auteur et son territoire » et parcourait les chemins de l’imaginaire intime et partagé.

Réflexions de Danis attrapées au vol:

« Nommer c’est délimiter le territoire. »

« Quand je pense à la terre de ma grand-mère, ce n’est plus la terre à ma grand-mère, ce lieu qui n’existe pas est à moi, il est invendable, j’y retourne quand je veux, il m’appartient, il est moi. »

Photos Thomas

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Le dernier Lever de rideau

Lundi 14 mai 2012

Pour la grande finale avec le concert littéraire de clôture, nous avons eu le droit à un dernier Lever de rideau avec Eveline Boucarut, Chef d’équipe sénior, Services de certification, Ernst & Young et membre du conseil administratif du Jamais Lu, avec Simon Boulerice, dans un texte de celui-ci. Eveline Boucarut interprétait le « vrai » public, celui qui paie ses billets, donc un peu le véritable employeur de l’auteur… Elle lui demande « Peux-tu me dire t’es où, quand moi je travaille pour vrai? » On a eu droit à l’humour complice de Boulerice, mais aussi à une agréable mise en lecture de Geoffrey Gaquère, qui a accompagné tous les Levers de rideau du 11e Jamais Lu et les gens d’affaire qui y ont fait leur premiers pas (ou presque) sur scène, acteurs en développement du développement de la dramturgie.

Photos Thomas Blain.

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Retour sur la Soirée crépusculaire: Testaments, cartes de souhaits et mémos

Vendredi 11 mai 2012

Sous la direction de Larissa Corriveau, la Soirée crépusculaire a permis la rencontre entre musique, poésie et théâtre dans l’antre du Jamais Lu, dans un cabaret total décloisonnant! Testaments, cartes de souhaits et mémos se sont fait entendre de la plume des auteurs et poètes, qui se sont également prêtés au jeu de la performance. Les personnages et monologues se sont glissés entre les poèmes. Ici un mémo, là une série de cartes de fêtes. C’était la soirée crépusculaire.

« Crépuscule: lumière faible et incertaine qui persiste avant que la nuit s’installe. »

« Pour ta fête j’ai voulu t’offrir quelque chose de personnel, alors je m’en suis servie comme sous-verre. »  (carte de souhait)

Direction et mise en lecture : Larissa Corriveau
Textes et performances: Sébastien Boulanger-Gagnon, Larissa Corriveau, Marc-André Landry, Catherine Léger, Benoit Mauffette, Danny Plourde, Ève Pressault, Jérémi Roy, Zied Touati

Photos Thomas Blain.

Retour sur Les Mor(b)ydes de Sébastien David

Vendredi 11 mai 2012

C’est un jeune auteur émergeant, et déjà on dit « c’est du Sébastien David ». Son nouveau texte Les Morb(y)des claque, fesse, émerveille le sordide avec humour et des pointes d’émotions soutenues… Il faut dire que l’excellence de la distribution, très bien dirigée par le metteur « en lecture » Gaétan Paré, a été pour beaucoup dans le plaisir de cette lecture théâtrale. Un texte sordide, drôle, poétique, touchant et dangereux. C’est du Sébastien David.

Mise en lecture : Gaétan Paré
Distribution : Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert

Photos Thomas Blain.

Sous le charme d’un Lever de rideau…

Vendredi 11 mai 2012

Avant la lecture de la pièce Les Morb(y)des de Sébastien David, nous avons eu le doit à un autre Lever de rideau avec des gens d’affaire, acteurs de développement de la dramaturgie. Cette fois, Marie-Pier Veilleux, Directrice, Développement, diversité métropolitaine, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, nous a démontré que son talent d’actrice était plutôt bien développé dans le court texte sur le lien entre l’auteur et le public, écrit et joué par Sébastien David. Le charme a opéré pour ouvrir la soirée…

Photos Thomas Blain.

« Goyer » poème jamais Lu à entendre de Jean-François Nadeau

Vendredi 11 mai 2012

J-F Nadeau, comédien, auteur, poète et codirecteur artistique du 11e Jamais Lu monte sur scène pour la grande soirée de clôture, le concert littéraire Le grand ballet des détails qui tuent avec le groupe  Avec pas  d’casque. Ici, un texte qui sera entendu pendant la soirée, où sont conviés également une dizaine d’auteurs de l’édition du Festival. Poésie de scène.

Goyer

Ou la fois tsé

Ooooooouuuu la fois

Tsé la fois

La fois où Gohier

Goyer 

C’est ça Goyer shit

On l’appelait d’même c’est vrai

D’l’anglais dans tou’es noms qu’on s’donnait

La fois violence où Goyer est passé du bord des skins juste deux jours

Tu r’viens ‘ec nous aut’ ou la raie on t’ rase 

Non

La fois violence où y a écrit une lettre de sang par amour

À Cat Rousseau assis relax dans rangée de cases

Tasses-toué ‘n kill preppies

Jungle pubère

Vieux linge d’éduc en guise de brise

Post-examen de maths du ministère

Pas faisable le chiard à copiage

Equations malices

Théorèmes cachés dans l’case d’la calcu

Tête dans l’cul

Feutre su ‘es cuisses

Coquerelles autour d’un oignon dans l’noir

Lumière

Tungstène de bile

Goutte de savon dans l’huile

Qu’est-ce tu fais là, Goyer

KKKKKKRRRRRRR

Exacto

Buffalo

Ou une aut’ marque

Standard 

Jaune travaux

Trop gros pour un coffre de flots

L’œil du Goyer

Animal inventé

Griffon des bois laurentiens

Carcajou rencontre chouette

 

KKRR ajuste

 

Feuille propre prête

Bras tendu

Pas de chichi

Entaille rectangle su’l dessus

Exacto pinceau

Bras palette à rouges

Pointe à saucette

 

Ca-the-rineee virguleee

Grosses lettres de départ coulanteees

Fuck finir à droite petit petit

Pancarte de lave-auto pee-wee

 

Le temps de penser solide

L’encrier devient gale

Pellicule de lait chaud laissé sur le feu fatal

Hssssssssss

Tout ça pour la Rousseau

La reine d’exigences

Aux collants barrés

Short jeans coupés

Combats

Export A

Fan de Kiss et d’Anthrax

Bombe pâle Pif gadget

Bouche teinte cou allumette

Griffonne de ruelle qui donne sur l’Harvey’s

Repère de futures mères très mêlées

Bref

Chatte rencontre furette

Hsssssssssss

 

Goyer lève les yeux

Sa tête au centre nos bras offerts autour

Un soleil de peau

Dans l’coin d’un dessin ordine

 

Samantha au kangourou Lake blue à qui on doit tout mais je sais pas où

Prend sa voix de conseil d’elfes

Catherine est ‘à butte… ‘A pleure itou… Vas-y doux…

 KKKRRR range la lame

 À l’heure du bleu de genou

Les Tristan et Iseut du Centre jeunesse

Ont fait une autre paix brutale

Et un peu de mess’

Dans le jeu toile d’araignée métal du parc Ahuntsic.

 

Jean-François Nadeau

 

Invitation à la Fenêtre ouverte sur la classe de maître de Daniel Danis

Vendredi 11 mai 2012

C’est GRATUIT! Aujourd’hui, dernier jour de festival, vous êtes convié à une rencontre qui vous plongera au coeur du travail de l’écriture pour en explorer, exposer et exploser le territoire réel et imaginaire. Avec Daniel Danis et tous les auteurs participants de l’atelier.

À la suite de trois rencontres qui constituaient le cœur de leur classe de maître portant sur imaginaire, langue et territoire, les 15 auteurs participants font le point publiquement sur cette expérience et sur leur réflexion.

C’est une véritable fenêtre ouverte sur les profondeurs de leur travail, et le public est invité à épier, dans la convivialité, les tenants de ce riche partage.

CLASSE DE MAÎTRE DE DANIEL DANIS
L’auteur et son territoire

«Comme base d’écriture et de réflexion, je propose de travailler à partir de deux embrayeurs d’imaginaire : une recette de cuisine et un objet de votre autel personnel.

De l’intime jusqu’au partage, des yeux à la bouche, de l’écrit à la parole.
Quand je dis «écriture», je parle autant d’une écriture scénographique que dramatique, car la langue n’est-elle pas une terre? Nous pourrions penser qu’avant l’écriture il y a un espace à construire, lieu d’une écriture-dessin.»
Daniel Danis

Les quatre rencontres de la classe de maître, dont la dernière a lieu devant public, seront bordées par des discussions et des temps d’écriture circonscrits à un format préétabli, puis il y aura présentation du travail devant le groupe, réécritures, et retour à la présentation. En principe, les auteurs devraient aboutir à un cinq à dix minutes de texte à présenter comme un jeu pour discuter nos imaginaires. Et surtout pour fortifier et vivifier nos envies d’écrire ce monde en lui injectant des doses secouantes et dérangeantes.
DANIEL DANIS
Crédits photo :
 Paul Cimon
Saguenéen d’adoption, Daniel Danis est l’auteur d’une dizaine de pièces de théâtre. Il remporte de nombreux prix littéraires, notamment trois fois le prix du Gouverneur général du Canada, pour sa première création, Celle-là (1993), puis pour Le langue-à-langue des chiens de roche (2002) et finalement pour Le chant du Dire-Dire (2007). Il écrit également pour le jeune public avec tout autant de succès et de reconnaissance des pairs et des institutions. Daniel Danis vit présentement à Québec où sa compagnie est en résidence à la Caserne Dalhousie. Il travaille à l’écriture et à la mise en scène de son nouveau spectacle, Yukie, un théâtre-film qui a été présenté au festival Carrefour international de théâtre en juin 2010.

 

Retour sur Le mécanicien de Guillaume Corbeil

Jeudi 10 mai 2012

Le mécanicien de Guillaume Corbeil: dans un dialogue en partie d’échec où chaque mot et chaque silence compte, un couple discute de violence… Courte pièce étonnement réaliste et dérapante… Mais on ne vous en dit pas plus, la pièce sera montée au Théâtre d’aujourd’hui pour la saison 2012-2013!

Mise en lecture: Francis Richard
Distribution: Pierre-Luc Léveillé, Anne-Hélène Prévost, Francis Richard

Photos Thomas Blain.

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Retour sur Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude

Jeudi 10 mai 2012

En ouverture du programme double, dans une salle bien remplie encore une fois, Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude dans lequel Édith Patenaude parle d’Édith Patenaude pour vrai mais pas pour vrai, dénonce sa propre indifférence sur fond de crise économique, sacrifice, mises en abyme et sincérité, sur l’air de My Body is a Cage d’Arcade Fire. Un moment explosif, tel qu’espéré.

Bravo à toute la distribution: Marc Auger, Krystel Descary, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisant, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier et Maxime Perron.

Photos de Thomas Blain.

 

Retour sur Qui file de Camille Roy

Jeudi 10 mai 2012

On était en plein relève mercredi, avec la lecture théâtrale de la pièce Qui file, signée de la jeune mais assumée plume de Camille Roy, gagnante de L’Égrégore. Une voix douce, fortement fébrile, dangereusement vraie et poétique, qui n’a pas peur de prendre la réalité dans ses vérités sombres et complexes, dans l’intensité des familles, et nous a fait vivre un beau trouble.

Citation retenue: « Fais l’amour ma fille. Fais pas comme ta mère et ta grand-mère. Fais la vie. »

Bravo à toute la distribution:  Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard. Mise en lecture de Jean Gaudreau.

Photos de Thomas Blain.

Un message officiel et délirant du codirecteur artistique

Jeudi 10 mai 2012
(mot de Nadeau)
Les plafonniers du bar s’allument, les amis
ça sent le dernier service
Les regards séducteurs furtifs démisionnent ou assument
La belle fatigue des auteurs tapissent la grande pièce
Des Lettres ouvertes au Grand ballet, ce huit jours a fait son chemin
Avec tellement de panache et autant de nécessité
Pas qu’on en doutait
C’est juste que la vague nous a vraiment surpris et avaler de l’eau chaude salée par le nez…
Ça fait pleurer et rire en même temps…
Chaque jour, chaque soir, dans l’oeil des artistes comme dans le coeur du public,
On a été témoin de rêves en belle sueur
Et de réel vulnérable
De wow à qu’est-cé ça en passant par pourquoi et bof sans oublier malade
La parole critique de la parole épidermique a formé une dynamique folle
Un onze ans si bien sonné
Nous poussant vers un été prépubère magique et paniquant
Ce soir, Les Morb(y)des de Sébastien David affiche complet et promet tant
Même si la promesse n’est qu’un petit extra ici
La démarche et même la chute nous intéressant presque plus… S’cusez-nous!
Suit le crépuscule de la gang incroyable de Larissa Corriveau
Testaments, cartes de souhaits et mémos
Ça c’est le titre, je l’écris et je n’en reviens pas
De sa beauté, j’veux dire
La nuit sera totale ou ne sera pas
Villeray, tes chats auront le dos raide
Check toé!
Et demain, ben… On se donne la main et on saute du mieux qu’on peut dans le bain
En famille
Les Écuries vont déborder
On retransmettra le spectacle dans le hall, pour ceux et celles qui n’auront pas pu se mettre le nez*
Dans nos tutus noir de monde
Prêt à communier la taille relative des choses et un petit festival… immense.
Jean-François Nadeau

*Information non confirmée, mais on essaie très fort.

Où est-ce qu’on est? Avec Les Morb(y)des de Sébastien David

Jeudi 10 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]
Quand je veux parler de théâtre

Je reviens souvent à une anecdote

De mon amie auteure Sarah Berthiaume

Elle avait fait un stage en Espagne avec plusieurs auteurs

Provenant de pays divers

Pendant lequel chacun devait écrire une courte pièce

 

Parmi eux

Un Polonais

Il a écrit une courte pièce

Dans laquelle de vieilles Polonaises s’ennuyaient tellement

Qu’elles en venaient à regretter l’Holocauste

 

Une claque dans’face

 

Ce qui me trouble et me fascine dans cette histoire

C’est qu’il s’y cache un profond désir de vivre

Quitte à ce que ce soit par l’horreur

Mais vivre quelque chose

Se sentir vivre

Au fond

Elles cherchent peut-être un projet fédérateur

Parce que le système les a enfoncé

Sans crier gare

Dans un individualisme extrême

Elles se demandent comment être soi

Comment aller vers l’autre

Comment gérer leur intérêt personnel

Et aussi leur bien commun

(Tiens donc !)

Un mouvement perpétuel

Qui donne des tremblements de terre

Et aussi des maux de têtes collectifs

 

Je vous raconte cette histoire-là

Qui n’est pas la mienne

Parce que parler des autres pour me situer

C’est ça que je fais dans’vie

 

J’essaie de m’expliquer

Ou de démêler

Le soi

L’autre

Et le nous

Je cherche l’éclairci

Dans la zone d’ombre

Ou plutôt précisément pour Les morb(y)des

Dans le noir

 

Du noir teinté

D’ennui

D’inertie

De perte de répère

D’hostilité

De cruauté

D’humiliation

De solitude

De colère

 

Et c’est encore une fois

À travers la bouche des plus vulnérables

De gens qui n’ont pas l’habitude de prendre la parole

Que j’ai eu envie de fourrer tout ça

 

Des mots qui se dépêchent

Des mots qui ne trouvent aucun confort

Dans les corps atypiques

De Stéphany de Montréal

De Sa Sœur l’évachée

De Kevyn le scout

 

Les mettre face à leurs propres limites

(Nous mettre face à nos propres limites)

Les faire sacrer

Roter des insultes

Crier en caps lock

Haleter

Saigner du coke flat

Répéter

Vomir

Sans point

Ni virgule

Tourner en rond

Être forts pis vulnérables

Chiâler

Dans une langue qui chante

Avec à la fois dissonances

Et harmonies

Une langue qui sait pas quoi faire d’autres

Que revoler sur les murs

 

Sans obstacle

Sans filtre

Sans jugement

Brut

 

J’ai organisé un chaos

J’ai façonné un cri

J’ai sculpté du caca

 

Pour peut-être trouver l’apaisement

Ou pas

 

Sébastien David

SÉBASTIEN DAVID
Crédits photos :
 Jérémie Battaglia
Diplômé de l’École nationale de théâtre en interprétation, Sébastien David est aussi auteur et metteur en scène. On a pu le voir comme acteur dans plusieurs productions au Théâtre de Quat’Sous, au Théâtre d’Aujourd’hui et au Prospero. En janvier 2011, il écrit, met en scène et joue dans En attendant Gaudreault précédé de Ta yeule Kathleen à la salle Jean-Claude-Germain. Il devient membre du CEAD en août 2011 et crée sa propre compagnie, La Bataille, dont il assure la direction artistique.

Les Morb(y)des
Jeudi 10 mai 20h
Mise en lecture :
 Gaétan Paré
Distribution : Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert

Où est-ce qu’on est? À la soirée crépusculaire de Larissa Corriveau

Mercredi 9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité. Pour Testaments, cartes de souhaits et mémos, le texte nous dit surtout où est-ce qu'on sera...]

On est huit. Avec des testaments, des cartes de souhaits, et des mémos.
Le Crépuscule des Dieux joue dans le piton, il y en a qui se déguisent en chevalier, d’autres qui font semblant d’être en état d’ébriété, d’autres encore qui font comme si ils étaient morts, mais pour de vrai, on est sur la scène et bien vivants.
Ensuite, à savoir vous, où est-ce que vous êtes?
Alors là…

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir
l’Empire du levant
Colomb le Grand Siegfried les Titans
dans les bas-fonds du Tokyo Bar
des artifices d’aurores

Venez voir
cette grande ancienne
cette cyclopéenne bête enfouie dans les mots

Ça gronde Beat box et Spitfire blanc
C’est plus qu’un groove c’est vivant
Le monde piaffe
comme un cheval impatient

chevaux flammes sur les plaines

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir
Les chants barbares
Des morts des vivants
Fossoyeurs militaires militants
pilote acrobatique dj apoplectique

Vous en voulez, du crépusculaire? De la nuit. Du noir. Du soleil qui se couche.
Ben Fuck it.

La lumière faible subsiste
Hésiode danse épique sur la piste
Darwish tout en haut
Pique droit sur son cercueil

Coudon y buvait tu Gauvreau?

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir oui oui oui
au seuil du couchant
Celle qui décline, décroit
Celle qui s’étend
La nuit des âges, des temps

Au grand jour de l’inquisition sous les cheveux fins de l’Astre jaune

Venez voir
La noire monochrome mémoire
Dire dans nos mots
Comment sera ce qui vient
De la mort jusqu’au matin.

Larissa Corriveau

LARISSA CORRIVEAU
Crédits photo : Alexandre Leclerc-Bernier
Larissa a suivi des formations de danse contemporaine, tango argentin, pantomime, piano classique au Québec et en Europe. Au théâtre, elle a joué pour Brigitte Haentjens, Emmanuel Schwartz, Alexandre Marine, Oleg Kisselev; aussi avec DynamO, comme conteuse et accordéoniste. Également performeuse au Festival Voix d’Amériques, organisatrice, lectrice et musicienne pour plusieurs événements poétiques, finaliste des Prix Arthur-Rimbaud, du prix littéraire Radio-Canada et fondatrice de La Demeure.

 

Soirée crépusculaire: Testaments, cartes de souhaits et mémos
Jeudi 10 mai 22h
Direction et mise en lecture : Larissa Corriveau
Textes et performances: Sébastien Boulanger-Gagnon, Larissa Corriveau, Marc-André Landry, Catherine Léger, Benoit Mauffette, Danny Plourde, Ève Pressault, Jérémi Roy, Zied Touati
Éclairages : Mathieu Marcil
Scénographie : Julie Vallée-Léger

Retour sur le salon littéraire participatif « Carole et Lise reçoivent »

Mercredi 9 mai 2012

Au moins 4 ou 5 générations présentes à travers le public de Carole et Lise reçoivent, selon votre définition de génération! On s’est ouvert l’appétit avec des lectures de textes bien à propos! Émile Proulx-Cloutier a fait résonné son piano dans de courtes pauses de discussions riches et réfléchies. Au 11e Jamais Lu, les générations se sont unies. On pouvait entendre:   »Je crois que mon père a des idées plus jeunes que moi, qui ai 29 ans. » On a parlée de pro-activité de toutes les générations. Les baby-boumers ont parlé du courage des étudiant et de leur maturité, qui a peu à voir avec la révolution des années 60, alors que le monde leur était donné presque neuf dans l’esprit d’après-guerre. Dans les années 60, les gens étaient plus opaques, déguisés. Et ils sont conscients d’avoir créer le monstre du néo-libéralisme, que plus personne ne sait gérer. Esprit de rencontre, écoute remarquable, les textes 50 mots ont explosés en de longues réflexions et même une courte pièce, dans ce lieu de communion.

Et vous, où étiez-vous?

Photos de Thomas Blain.

 

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Retour sur Statu Quo de Gilles Poulin-Denis

Mercredi 9 mai 2012

Si la veille, la lecture du texte écrit par et pour les enfants Les couleurs d’Amy, nous a fait entendre leurs mots, tout habités de leur réalité, il était très intéressant de constater le travail d’un auteur Jeune pubic, ici Gilles Poulin-Denis, qui a su non seulement refléter leur réalité, mais l’amener plus loin également, l’ouvrir sur le monde. En souvenir de ce beau texte qui fait hommage pour tous ceux qui se sentent « alien » ((l’auteur est franco-canadien et nous fait entendre ce français de l’Ouest), de ceux qui se sentent invisibles, une réplique retenue de Statu Quo, et les belles photos de Thomas Blain.

« Nous les invisibles, on est là dans la rue, et enfin, on se voit. »

Mise en lecture : Craig Holzschuh
Distribution : Mikhail Ahooja, Roxane Bourdages, Marie-Claire Marcotte, Gilles Poulin-Denis

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Où est-ce qu’on est? Dans Le Mécanicien de Guillaume Corbeil

Mercredi 9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Où est-ce qu’on sera?

L’idée du Mécanicien est née il y a plusieurs années, quelque part sur le parterre du TNM, alors que sur la scène on jouait Incendies, de Wajdi Mouawad. La pièce ne m’intéressait que très peu, et bientôt pour moi le spectacle est devenu le public. J’essayais de m’expliquer son enthousiasme presque irrationnel devant ces femmes subissant injustices par dessus injustices. Pourquoi tous ces gens vivant dans un monde confortable étaient-ils fascinés par ce récit de guerre ? Le théâtre est censé être un miroir tendu au spectateur, mais là, il montrait le verso du reflet de leur monde immaculé.

Le Québec a toujours été en marge de l’Histoire et le Québécois, condamné à un rôle de spectateur. Comme si le monde n’existait que dans les pages du journal, que ce n’était qu’une histoire qu’on se faisait raconter : des événements qui n’ont rien à voir avec nous et qui se passent dans un autre monde, il y a très, très longtemps. Toujours au TNM, je me disais qu’il y a toujours eu un mur entre l’Histoire et nous, une vitre à travers laquelle on peut regarder l’autre côté, mais qui nous en garde séparés. Si Wajdi Mouawad nous captive autant, c’est qu’il apparaît comme celui qui a traversé l’écran. Pour nous, il vient d’un autre monde, littéralement de notre imaginaire, de la même manière qu’un centaure ou une licorne.

Mais depuis, la grève étudiante a été déclenchée : l’Histoire est là, dans notre ville. Je me disais que cela serait notre 9 novembre 1989, le jour où tomberait le mur qui nous sépare de l’Histoire. Si une partie de la population s’est jointe au mouvement, la majorité a préféré l’ignorer. On ne voulait pas croire au printemps québécois, car il ne pouvait y avoir de printemps québécois : nous ne sommes ni en Égypte, ni à Prague. lors que je croyais que nous subissions le mur, en vérité c’est nous-mêmes qui l’avons érigé, et alors que la clameur de la rue le menaçait, ils ont été nombreux à venir le défendre. Quand tout ceci finira par finir, nous aurons décidé si nous sommes des spectateurs ou des acteurs.

GUILLAUME CORBEIL
Crédits photo :
 Maxime Côté
En 2008, Guillaume Corbeil présente un recueil de nouvelles intitulé L’art de la fugueaux éditions L’instant même. Son premier roman, Pleurer comme dans les films, est paru chez Leméac en 2009. Il a aussi signé une biographie du metteur en scène André Brassard. Il est diplômé en écriture dramatique de l’École nationale de théâtre du Canada.

 

 

 

 

 

 

Le Mécanicien, en programme double avec Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude
Mercredi 9 mai 20h
Mise en lecture : Francis Richard
Distribution : Pierre-Luc Léveillé, Anne-Hélène Prévost, Francis Richard

Où est-ce qu’on est? Dans Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude

Mercredi 9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité. Le texte d'Édith Patenaude fait tant de mises en abyme et de liens, déjà, avec l'actualité, que nous en publions un extrait.]

LE MONDE SERA MEILLEUR – EXTRAIT

Je pense – peut-être – j’imagine qu’on fait rien parce qu’on a peur. Qu’on est indifférent à tout, parce que s’attacher à quelqu’un ou à une idée vient avec la peur de perdre. Alors on choisit la facilité et la légèreté.

Mais moi je suis pas légère. Je suis terrifiée. J’ai épouvantablement peur d’une chose. J’ai épouvantablement peur de perdre quelqu’un que j’aime. Bon, il faut vous dire que mon père est pas mort pour vrai. Et l’affaire, c’est que comment va le monde présentement, j’ai peur qu’il finisse par tuer mon père comme je l’ai raconté. Par tuer tous ceux que j’aime, un à un. J’ai terriblement peur d’avoir un jour à venger mon père. Je veux que le monde soit meilleur parce que je veux qu’il arrête de tuer ceux qu’on aime. Le monde actuel a tellement d’armes, tellement de gens, d’organisations, de systèmes financiers, d’extrêmismes, d’immobilisme, de discours creux, de désinformations, d’égoïsmes, d’aveuglements, de divertissements, de peurs individuelles et collectives qui sont autant de couteaux dans le dos, de poisons, et d’armes de destruction massive.

Et j’ai peur. Ma peur se cristalise dans une image très précise. J’ai peur de me retrouver devant plein de gens habillés en noir qui attendent en silence que je trouve la force de chanter tout croche, parce que je sais pas vraiment chanter, mais de chanter moi-même quand même, de chanter My body is a cage. Parce que ça c’était vrai. Mon père camionneur veut vraiment que ça soit ça qui joue à ses funérailles, et je peux pas dire à quel point je trouve ça beau et que je veux préserver ça de tout mon corps.

Et je peux pas croire qu’il faille attendre d’être tué par le monde pour entendre notre chanson préférée être chantée tout croche par ceux qu’on aime.

ÉDITH PATENAUDE
Crédits photo :
 Marianne Noël-Allen
Finissante du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2006, Édith Patenaude s’est tout de suite lancée dans la création, entre autres en cofondant Les Écornifleuses. Depuis, elle a joué pour de nombreuses compagnies, fait de la mise en scène, produit et écrit. Récemment, elle montait L’absence de guerre de David Hare, au Premier Acte, et jouait dans Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges, au Trident. Les arbres ainsi que Barbe Bleue et La maison dans la forêt s’est allumée, des pièces de sa plume, ont été présentées au Premier Acte.

Le Monde sera meilleur
Mercredi 9 mai 20h, en programme double avec Le Mécanicien de Guillaume Corbeil
Mise en lecture : Édith Patenaude
Distribution : Marc Auger, Krystel Descary, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisant, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier et Maxime Perron

Où est-ce qu’on est? Dans la lecture de Qui file avec l’étudiante Camille Roy

Mercredi 9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Où sommes nous?

Cogne cogne, ça toc en esti toc.

Cogne, la grève me cogne, esti ça toc.

Toc toc, les AG c’t’utile, mais ça toc en calisse, cogne.

Les manifs ça toc, toc très forts sur nos étudiants.

Toc esti cogne.

J’écris des personnages incapables de vivre avec la conformité imposée par notre société.

Décisions incohérentes, propositions encore plus défaillantes, conflit insolvable.
Aujourd’hui, c’est fou, comme je les comprends ces personnages de ne pas vouloir s’y
plier.
Peut-être que je les envie?

En ce Printemps québécois,
où la température est aussi dégueulasse que la façon dont on nous traite, nous les
étudiants,
Je reste scotchée à mon ordi.

En cette 12e semaine de grève au cégep de Saint-Laurent,
Je suis l’actualité gréviste à la seconde près,
espérant bientôt lire sur facebook, un statut, plus positif sur la situation que les trois
cent mille dernier «postés» sur les «wall» de mes «amis».

En attendant, une bonne nouvelle, qui, malgré toute ma volonté optimiste sur ce beau combat, me paraît aujourd’hui presque utopique, j’essaie d’écrire une nouvelle pièce.

Rares ont été les fois où j’ai pu écrire sans obligations,
En dehors du système scolaire.

Mon système scolaire étant maintenant déficient
faute de vous savez tous pourquoi…
Je tente d’écrire sans thème, contrainte, dead line, même sans Mme Rafie qui attend
un texte.
Ça avance très peu.

En jasant avec les auteurs du Jamais lu… je me rends compte que les périodes de «beaucoup temps libres» ne sont pas les plus productives, loin de là.

Reporter, faire autre chose, jusqu’à être coincé, là est le métier de l’auteur… de ce que j’en comprend.

Je fais ma propre enquête au Jamais lu, sur l’art d’écrire,
je suis une étudiante qui prend le festival pour son école.

L’école, ah! Ça fait longtemps.
Mon amie Sophie me dit qu’on sait que la grève dure depuis longtemps quand notre carré rouge est usé.

Mon carré rouge est définitivement très usé!
Faudra m’en trouver un autre pour les semaines à venir, il risque de lâcher le morceau avant «Line la pas fine».

Je suis Camille Roy et je suis dans un monde parallèle qui s’appelle la grève générale illimitée.

 

Camille Roy

CAMILLE ROY
Crédits photo : Camille Roy
Étudiante en art dramatique au Cégep de Saint-Laurent, Camille Roy découvre maintenant sa passion pour l’écriture dramatique. Elle tente présentement sa chance aux auditions des diverses écoles de théâtre, pour approfondir le jeu. L’écriture demeure un parallèle pour s’échapper, faire vivre, s’interroger. La musicalité des mots, la force qu’ils ont et l’interprétation qu’ils auront sur scène stimulent sa curiosité.

 

Qui file
Mercredi 9 mai 17h
5$
Mise en lecture : Jean Gaudreau
Distribution : Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard

Levers de rideau: le théâtre, lieu de tous les possibles

Mardi 8 mai 2012

Le théâtre est le lieu de tous les possibles, dont celui de voir, par exemple, Lucette Lamy, Planificatrice financière de la Caisse de la Culture, monter sur scène pour interpréter « le public » discutant avec « l’auteur », en la personne de Gilles-Poulin Denis, dans un dialogue concocté par celui-ci.

Photo Thomas Blain

 

Retour sur En dessous de vos corps, je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas

Mardi 8 mai 2012

Il nous faudra peut-être quelque temps avant de pouvoir commenter la lecture théâtrale de l’adaptation très libre de Britannicus par Steve Gagnon. On en est ressorti ébranlé… c’était si bon! Déplaçant la famille impériale en une famille banlieusarde, avec une mère dévorante, un frère jaloux et la blonde du l’aîné qui aménage avec eux et qui changera à jamais le cours des choses… Humain, tragique, poétique, dans un monde bien à soi, brûlant d’intensité.

Mise en lecture : Steve Gagnon
Distribution : Annick Bergeron, Marie-Soleil Dion, Renaud Lacelle-Bourdon, Guillaume Perreault, Claudiane Ruelland

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Retour sur Les couleurs d’Amy

Mardi 8 mai 2012

Les couleurs d’Amy, un texte écrit par et pour les enfants de 6ème année dans le cadre d’un projet de médiation culturelle: les auteurs de The Wire n’ont qu’à bien se tenir! Les enfants ont fait sonner des mots forts, réalistes, pleins de colères, d’intensité et de grande sensibilité. Et des mots qu’ils comprenaient, fallait voir la centaine d’enfants réagir dans la salle… Le nouveau Montréal est là, et il est pleinement vivant!!

Dramaturge : Pascal Brullemans
Mise en lecture : Nini Bélanger
Distribution : Francesca Barcenas, Sébastien David, Vincent Fafard, Anne-Marie Levasseur

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Statu Quo de Gilles Poulin-Denis – Extrait

Mardi 8 mai 2012

« Toutes les jours c’est un déjà-vu. Il se passe rien. Il se passe jamais rien ici. Tsé, il pourrait avoir un météorite qui tombe demain ici, qui écrase la ville au grand complet. Il resterait plus rien, tout le monde serait mort, pis je suis sûr que y a personne sur la planète qui s’en apercevrait. Même les gens d’ici s’en apercevraient pas.  »

Mardi 8 mai 13h30
Mise en lecture :
 Craig Holzschuh
Distribution : Mikhail Ahooja, Roxane Bourdages, Marie-Claire Marcotte, Gilles Poulin-Denis