Merci

14 mai 2012

Pour cette édition intensément touffue et effervescente, tel que souhaité par la directrice générale et artistique Marcelle Dubois, pour l’implication et la générosité de tous puisque tous ont permis une envergure nouvelle à l’âme du Jamais Lu, nous vous disons MERCI MERCI MERCI (la répétition de noms est possible, selon l’implication):

Aux auteurs en lectures théâtrales, qui sont le coeur du festival: Emmanuelle Jimenez, Annick Lefebvre, Stéphane Crête, les élèves de 6e année de la classe de Germain Landry de l’école Saint-Grégoire-le-Grand, Steve Gagnon, Gilles Poulin-Denis, Camille Roy, Édith Patenaude, Guillaume Corbeil, Sébastien David.

Aux directeurs de soirées spéciales, rencontres et événements, propulseurs de la création et de la réflexion dans le festival:  Louis Champagne, Paul Lefebvre, Pascal Brullemans, Carole Fréchette, Lise Vaillancourt, Larissa Corriveau, Daniel Danis, Jean-François Nadeau.

Aux auteurs et artistes participants, généreux, passionnés et inspirants: Geoffrey Gaquère, Martin Héroux, Simon Boulerice, Normand Canac-Marquis, Justin Laramée, Jean-Philippe Lehoux, Anne-Marie Olivier, Madeleine Péloquin, Julie-Anne Ranger-Beauregard, Marcelle Dubois, Mathieu Marcil, Julie Vallée-Léger, Sarah Berthiaume, Pascal Brullemans, David Paquet, Gary Boudreault, Amélie Chérubin Soulières, Eveline Gélinas, Emmanuelle Jimenez, Pierre Limoges, Lénie Scoffié, Marie Bernier, Linda Bouchard, Talia Hallmona, Guillaume Regaudie, Jean-Carl Boucher, Isabelle Brouillette, Julianne Côté, Catherine Dajczman, Stéphane Dermers, Daniel Desputeau, Guillermina Kerwin, Didier Lucien, Francesca Barcenas, Sébastien David, Vincent Fafard, Anne-Marie Levasseur, Nini Bélanger, Annick Bergeron, Marie-Soleil Dion, Renaud Lacelle-Bourdon, Guillaume Perreault, Claudiane Ruelland, Craig Holzschuh, Mikhail Ahooja, Roxane Bourdages, Marie-Claire Marcotte, Gilles Poulin-Denis, Émile Proulx-Cloutier, Martin Faucher, David Paquet, Jean Gaudreau, Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard, Marc Auger, Krystel Descary, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisant, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier, Maxime Perron, Francis Richard,  Pierre-Luc Léveillé, Anne-Hélène Prévost, Francis Richard, Gaétan Paré,  Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert, Sébastien Boulanger-Gagnon, Larissa Corriveau, Marc-André Landry, Catherine Léger, Benoit Mauffette, Danny Plourde, Ève Pressault, Jérémi Roy, Zied Touati, Avec pas d’casque, Emma Haché, Caroline Sheehy, Sacha Dominique, Sabyna Pierre, Manuel Piolat Soleymat, Nasser Djemai, Anick Martel, Camille Loiselle-D’Aragon, Olivier Sylvestre, Marie-Hélène Larose-Turchon, Elisabeth Locas, Mélanie Desbiens, Marie-Christine Lê-Huu.

Aux étonnants et complices gens d’affaires des Levers de rideau: Martin Bergeron, Guy-François Lamy, Stella Leney, Céline Lacerte-Lamontagne, Lucette Lamy, Marie-Pier Veilleux, Eveline Boucarut

Aux bénévoles sensas, dévoués et indispensables: Maryline Beauchamps, Samar Besada, Aurélie Brochu Deschênes, Catherine Comeau, Marie-Pascale Côté, Nicolas Gendron, Marie Fannie Guay, Marie-Pier Nemey, Jean-Thomas Roy, Guillaume Thériault.

À l’équipe, qui a travaillé fort pour ce beau succès: Marcelle Dubois, Jean-François Nadeau, Stéphanie Leblanc, David Lavoie, Marie-Paule Grimaldi, Marie-Aube Saint-Amand-Duplessis,  Amélie-Claude Riopel, Julie Vallée-Léger, Mathieu Marcil, Valérie Grig, Julie Vigneault, Maude Blanchette-Lafrance, Ping Pong Ping (Catherine Lepage et Simon Rivest), Jeanne Bertoux, Sébastien Croteau, Thomas Blain, Renée Hudon, Antoine Mongrain, Sixtine Grimond, Bertille Simon, Line Leblanc.

Le conseil d’administration du Jamais Lu: Anne-Marie Olivier, Eveline Boucarut, Chloé Fleurant, Nadine El-Khatib.

Nos partenaires, nombreux, parmi lesquels la Caisse de la Culture, partenaire officiel.

Ainsi que des remerciements en extra pour tous les extras:

Toute la merveilleuse équipe des Écuries – et Isabelle, Mayi-Eder et Samuel en particulier – qui fait qu’on est tellement content d’être enfin à la maison;

Ginette Noiseux pour son implication passionnée lors de notre campagne de financement, mais aussi et surtout pour sa vision qui nous inspire;

Michel Leblanc, pour avoir cette année encore soutenu nos activités de financement;

Le Cirque du Soleil et Manon Larin-Picard, pour leur présence et les belles initiatives communes;

L’École nationale de théâtre du Canada, pour son apport renouvelé;

Véronique Julien du RIASQ, Alain Jean de l’ATFC, Marie-Claude Verdier, Paul Lefebvre et David Laferrière du CEAD, Anne-Lorraine Vigouroux du consulat général de France à Québec, Laurent Lalanne du Centre national du Théâtre à Paris… pour les partenariats qui enrichissent notre événement;

Le Coin urbain, pour leur délicieuse cantine!

Où est-ce qu’on est? Ensemble dans le rayonnement et le renouvellement de la dramaturgie!

Douceur et beauté pour la grande clôture: J-F Nadeau + Avec pas d’casque

14 mai 2012

C’était la totale pour la finale, avec le concert littéraire Le grand ballet des détails qui tuent, un projet « ovniesque » de musique et poésie né de la rencontre toute naturelle des univers de J-F Nadeau, comédien, auteur, poète et codirecteur artistique du 11e Jamais Lu, et du groupe Avec pas d’casque qui a lancé un nouvel album pénétrant en mars dernier.

Le spectacle s’est ouvert sur la chanson Intuition #1 d’Avec pas d’casque :
« Tu diras
Tu diras que c’est l’instinct qui t’a
Mené jusqu’ici
L’intuition d’un sentiment
qui ne reviendra pas »

Le premier texte de Jean-François Nadeau, Goyer, peu être lu ici sur notre blogue.

Sincérité, vérité, présence, sensibilité, humour, un show de gars simples et excellents, qui donnent de l’espoir. Où est-ce qu’on était? Tous là, ensemble, avec la beauté, dans une ambiance aussi douce que perçante, une onde touchante, vibrante, apaisante et rassembleuse.

J-F Nadeau a également invité plusieurs auteurs du 11e Jamais Lu, ceux des lectures théâtrales, ceux des délégations française et franco-canadienne et ceux de la classe de maître, à monter sur scène pour écrire un texte d’une minute écrit sur un mot donné par Nadeau.

Emmanuelle Jimenez (mot: butte):  » Butte, c’est presque une insulte, un semblant de montagne. Mais moi je dis vive les buttes! Je suis une femme toute petite qui veut monter sur toi, butte. »

Camille Roy (mot: trace): « C’est gras pis ça m’écoeure, c’est suposé être propre ces affaires-là. »

Larissa Corriveau (mot: karaoké):
« Au karaoké d’Osaka
Killye Minogue résonne
Sur les ruines d’une temple
Technicolor monochrome. »

C’était la première fois que le Jamais Lu explorait une zone aussi musicale, mais qui créait un espace de résonance parfait pour les mots lancés. Gageons que ce ne sera pas la dernière fois, bien que cette soirée de clôture fut un moment unique. Douceur inoubliable dans laquelle nous étions suspendus pour terminer l’effervescence des huit jours festivaliers.

Merci J-F Nadeau! Merci Avec pas d’casque! Merci public nombreux!

Photos Thomas Blain

 

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Recette du cocktail Jamais Bu

14 mai 2012

Dans un élan de générosité dithyrambique, nous partageons avec vous la recette des cocktails Jamais Bu, créés exclusivement pour le 11e Jamais Lu par notre formidable barman et disc-jockey -célibataire- Antoine Mongrain.

Le Jamais Bu:
3/4 oz gin
3/4 oz vodka
1/2 oz « bar mix » ( sweet & sour)
1/4 oz sprite
1/2 oz liqueur (orange, melon ou fraise)
- on shake avec de la glace

On ajoute
1/2 oz de sprite

Servez sur glace avec tranche d’agrume.

Et voilà, c’est magique!
Et ça donne ce genre d’ambiance!  (Photo Thomas Blain)

Fenêtre ouverte sur la classe de maître de Daniel Danis

14 mai 2012

Vendredi dernier, le public était invité à assister à la conclusion de l’atelier intensif que l’auteur Daniel Danis est venu donner dans le cadre du 11e Jamais Lu. Une quinzaine de participants, incluant les auteurs des délégations française et franco-canadienne, ont partagé le fruit de leur réflexion, des zones explorées, ainsi que les courtes créations récoltées de l’exercice. La classe portait sur « L’auteur et son territoire » et parcourait les chemins de l’imaginaire intime et partagé.

Réflexions de Danis attrapées au vol:

« Nommer c’est délimiter le territoire. »

« Quand je pense à la terre de ma grand-mère, ce n’est plus la terre à ma grand-mère, ce lieu qui n’existe pas est à moi, il est invendable, j’y retourne quand je veux, il m’appartient, il est moi. »

Photos Thomas

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Le dernier Lever de rideau

14 mai 2012

Pour la grande finale avec le concert littéraire de clôture, nous avons eu le droit à un dernier Lever de rideau avec Eveline Boucarut, Chef d’équipe sénior, Services de certification, Ernst & Young et membre du conseil administratif du Jamais Lu, avec Simon Boulerice, dans un texte de celui-ci. Eveline Boucarut interprétait le « vrai » public, celui qui paie ses billets, donc un peu le véritable employeur de l’auteur… Elle lui demande « Peux-tu me dire t’es où, quand moi je travaille pour vrai? » On a eu droit à l’humour complice de Boulerice, mais aussi à une agréable mise en lecture de Geoffrey Gaquère, qui a accompagné tous les Levers de rideau du 11e Jamais Lu et les gens d’affaire qui y ont fait leur premiers pas (ou presque) sur scène, acteurs en développement du développement de la dramturgie.

Photos Thomas Blain.

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Retour sur la Soirée crépusculaire: Testaments, cartes de souhaits et mémos

11 mai 2012

Sous la direction de Larissa Corriveau, la Soirée crépusculaire a permis la rencontre entre musique, poésie et théâtre dans l’antre du Jamais Lu, dans un cabaret total décloisonnant! Testaments, cartes de souhaits et mémos se sont fait entendre de la plume des auteurs et poètes, qui se sont également prêtés au jeu de la performance. Les personnages et monologues se sont glissés entre les poèmes. Ici un mémo, là une série de cartes de fêtes. C’était la soirée crépusculaire.

« Crépuscule: lumière faible et incertaine qui persiste avant que la nuit s’installe. »
« Pour ta fête j’ai voulu t’offrir quelque chose de personnel, alors je m’en suis servie comme sous-verre. »  (carte de souhait)

Direction et mise en lecture : Larissa Corriveau
Textes et performances: Sébastien Boulanger-Gagnon, Larissa Corriveau, Marc-André Landry, Catherine Léger, Benoit Mauffette, Danny Plourde, Ève Pressault, Jérémi Roy, Zied Touati

Photos Thomas Blain.

Retour sur Les Mor(b)ydes de Sébastien David

11 mai 2012

C’est un jeune auteur émergeant, et déjà on dit « c’est du Sébastien David ». Son nouveau texte Les Morb(y)des claque, fesse, émerveille le sordide avec humour et des pointes d’émotions soutenues… Il faut dire que l’excellence de la distribution, très bien dirigée par le metteur « en lecture » Gaétan Paré, a été pour beaucoup dans le plaisir de cette lecture théâtrale. Un texte sordide, drôle, poétique, touchant et dangereux. C’est du Sébastien David.

Mise en lecture : Gaétan Paré
Distribution : Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert

Photos Thomas Blain.

Sous le charme d’une Lever de rideau…

11 mai 2012

Avant la lecture de la pièce Les Morb(y)des de Sébastien David, nous avons eu le doit à un autre Lever de rideau avec des gens d’affaire, acteurs de développement de la dramaturgie. Cette fois, Marie-Pier Veilleux, Directrice, Développement, diversité métropolitaine, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, nous a démontré que son talent d’actrice était plutôt bien développé dans le court texte sur le lien entre l’auteur et le public, écrit et joué par Sébastien David. Le charme a opéré pour ouvrir la soirée…

Photos Thomas Blain.

« Goyer » poème jamais Lu à entendre de Jean-François Nadeau

11 mai 2012

J-F Nadeau, comédien, auteur, poète et codirecteur artistique du 11e Jamais Lu monte sur scène pour la grande soirée de clôture, le concert littéraire Le grand ballet des détails qui tuent avec le groupe  Avec pas  d’casque. Ici, un texte qui sera entendu pendant la soirée, où sont conviés également une dizaine d’auteurs de l’édition du Festival. Poésie de scène.

Goyer

Ou la fois tsé

Ooooooouuuu la fois

Tsé la fois

La fois où Gohier

Goyer 

C’est ça Goyer shit

On l’appelait d’même c’est vrai

D’l’anglais dans tou’es noms qu’on s’donnait

La fois violence où Goyer est passé du bord des skins juste deux jours

Tu r’viens ‘ec nous aut’ ou la raie on t’ rase 

Non

La fois violence où y a écrit une lettre de sang par amour

À Cat Rousseau assis relax dans rangée de cases

Tasses-toué ‘n kill preppies

Jungle pubère

Vieux linge d’éduc en guise de brise

Post-examen de maths du ministère

Pas faisable le chiard à copiage

Equations malices

Théorèmes cachés dans l’case d’la calcu

Tête dans l’cul

Feutre su ‘es cuisses

Coquerelles autour d’un oignon dans l’noir

Lumière

Tungstène de bile

Goutte de savon dans l’huile

Qu’est-ce tu fais là, Goyer

KKKKKKRRRRRRR

Exacto

Buffalo

Ou une aut’ marque

Standard 

Jaune travaux

Trop gros pour un coffre de flots

L’œil du Goyer

Animal inventé

Griffon des bois laurentiens

Carcajou rencontre chouette

 

KKRR ajuste

 

Feuille propre prête

Bras tendu

Pas de chichi

Entaille rectangle su’l dessus

Exacto pinceau

Bras palette à rouges

Pointe à saucette

 

Ca-the-rineee virguleee

Grosses lettres de départ coulanteees

Fuck finir à droite petit petit

Pancarte de lave-auto pee-wee

 

Le temps de penser solide

L’encrier devient gale

Pellicule de lait chaud laissé sur le feu fatal

Hssssssssss

Tout ça pour la Rousseau

La reine d’exigences

Aux collants barrés

Short jeans coupés

Combats

Export A

Fan de Kiss et d’Anthrax

Bombe pâle Pif gadget

Bouche teinte cou allumette

Griffonne de ruelle qui donne sur l’Harvey’s

Repère de futures mères très mêlées

Bref

Chatte rencontre furette

Hsssssssssss

 

Goyer lève les yeux

Sa tête au centre nos bras offerts autour

Un soleil de peau

Dans l’coin d’un dessin ordine

 

Samantha au kangourou Lake blue à qui on doit tout mais je sais pas où

Prend sa voix de conseil d’elfes

Catherine est ‘à butte… ‘A pleure itou… Vas-y doux…

 KKKRRR range la lame

 À l’heure du bleu de genou

Les Tristan et Iseut du Centre jeunesse

Ont fait une autre paix brutale

Et un peu de mess’

Dans le jeu toile d’araignée métal du parc Ahuntsic.

 

Jean-François Nadeau

 

Invitation à la Fenêtre ouverte sur la classe de maître de Daniel Danis

11 mai 2012

C’est GRATUIT! Aujourd’hui, dernier jour de festival, vous êtes convié à une rencontre qui vous plongera au coeur du travail de l’écriture pour en explorer, exposer et exploser le territoire réel et imaginaire. Avec Daniel Danis et tous les auteurs participants de l’atelier.

À la suite de trois rencontres qui constituaient le cœur de leur classe de maître portant sur imaginaire, langue et territoire, les 15 auteurs participants font le point publiquement sur cette expérience et sur leur réflexion.

C’est une véritable fenêtre ouverte sur les profondeurs de leur travail, et le public est invité à épier, dans la convivialité, les tenants de ce riche partage.

CLASSE DE MAÎTRE DE DANIEL DANIS
L’auteur et son territoire

«Comme base d’écriture et de réflexion, je propose de travailler à partir de deux embrayeurs d’imaginaire : une recette de cuisine et un objet de votre autel personnel.

De l’intime jusqu’au partage, des yeux à la bouche, de l’écrit à la parole.
Quand je dis «écriture», je parle autant d’une écriture scénographique que dramatique, car la langue n’est-elle pas une terre? Nous pourrions penser qu’avant l’écriture il y a un espace à construire, lieu d’une écriture-dessin.»
Daniel Danis

Les quatre rencontres de la classe de maître, dont la dernière a lieu devant public, seront bordées par des discussions et des temps d’écriture circonscrits à un format préétabli, puis il y aura présentation du travail devant le groupe, réécritures, et retour à la présentation. En principe, les auteurs devraient aboutir à un cinq à dix minutes de texte à présenter comme un jeu pour discuter nos imaginaires. Et surtout pour fortifier et vivifier nos envies d’écrire ce monde en lui injectant des doses secouantes et dérangeantes.
DANIEL DANIS
Crédits photo :
 Paul Cimon
Saguenéen d’adoption, Daniel Danis est l’auteur d’une dizaine de pièces de théâtre. Il remporte de nombreux prix littéraires, notamment trois fois le prix du Gouverneur général du Canada, pour sa première création, Celle-là (1993), puis pour Le langue-à-langue des chiens de roche (2002) et finalement pour Le chant du Dire-Dire (2007). Il écrit également pour le jeune public avec tout autant de succès et de reconnaissance des pairs et des institutions. Daniel Danis vit présentement à Québec où sa compagnie est en résidence à la Caserne Dalhousie. Il travaille à l’écriture et à la mise en scène de son nouveau spectacle, Yukie, un théâtre-film qui a été présenté au festival Carrefour international de théâtre en juin 2010.

 

Retour sur Le mécanicien de Guillaume Corbeil

10 mai 2012

Le mécanicien de Guillaume Corbeil: dans un dialogue en partie d’échec où chaque mot et chaque silence compte, un couple discute de violence… Courte pièce étonnement réaliste et dérapante… Mais on ne vous en dit pas plus, la pièce sera montée au Théâtre d’aujourd’hui pour la saison 2012-2013!

Mise en lecture: Francis Richard
Distribution: Pierre-Luc Léveillé, Anne-Hélène Prévost, Francis Richard

Photos Thomas Blain.

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Retour sur Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude

10 mai 2012

En ouverture du programme double, dans une salle bien remplie encore une fois, Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude dans lequel Édith Patenaude parle d’Édith Patenaude pour vrai mais pas pour vrai, dénonce sa propre indifférence sur fond de crise économique, sacrifice, mises en abyme et sincérité, sur l’air de My Body is a Cage d’Arcade Fire. Un moment explosif, tel qu’espéré.

Bravo à toute la distribution: Marc Auger, Krystel Descary, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisant, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier et Maxime Perron.

Photos de Thomas Blain.

 

Où est-ce qu’on est? Avec Les Morb(y)des de Sébastien David

10 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]
Quand je veux parler de théâtre

Je reviens souvent à une anecdote

De mon amie auteure Sarah Berthiaume

Elle avait fait un stage en Espagne avec plusieurs auteurs

Provenant de pays divers

Pendant lequel chacun devait écrire une courte pièce

 

Parmi eux

Un Polonais

Il a écrit une courte pièce

Dans laquelle de vieilles Polonaises s’ennuyaient tellement

Qu’elles en venaient à regretter l’Holocauste

 

Une claque dans’face

 

Ce qui me trouble et me fascine dans cette histoire

C’est qu’il s’y cache un profond désir de vivre

Quitte à ce que ce soit par l’horreur

Mais vivre quelque chose

Se sentir vivre

Au fond

Elles cherchent peut-être un projet fédérateur

Parce que le système les a enfoncé

Sans crier gare

Dans un individualisme extrême

Elles se demandent comment être soi

Comment aller vers l’autre

Comment gérer leur intérêt personnel

Et aussi leur bien commun

(Tiens donc !)

Un mouvement perpétuel

Qui donne des tremblements de terre

Et aussi des maux de têtes collectifs

 

Je vous raconte cette histoire-là

Qui n’est pas la mienne

Parce que parler des autres pour me situer

C’est ça que je fais dans’vie

 

J’essaie de m’expliquer

Ou de démêler

Le soi

L’autre

Et le nous

Je cherche l’éclairci

Dans la zone d’ombre

Ou plutôt précisément pour Les morb(y)des

Dans le noir

 

Du noir teinté

D’ennui

D’inertie

De perte de répère

D’hostilité

De cruauté

D’humiliation

De solitude

De colère

 

Et c’est encore une fois

À travers la bouche des plus vulnérables

De gens qui n’ont pas l’habitude de prendre la parole

Que j’ai eu envie de fourrer tout ça

 

Des mots qui se dépêchent

Des mots qui ne trouvent aucun confort

Dans les corps atypiques

De Stéphany de Montréal

De Sa Sœur l’évachée

De Kevyn le scout

 

Les mettre face à leurs propres limites

(Nous mettre face à nos propres limites)

Les faire sacrer

Roter des insultes

Crier en caps lock

Haleter

Saigner du coke flat

Répéter

Vomir

Sans point

Ni virgule

Tourner en rond

Être forts pis vulnérables

Chiâler

Dans une langue qui chante

Avec à la fois dissonances

Et harmonies

Une langue qui sait pas quoi faire d’autres

Que revoler sur les murs

 

Sans obstacle

Sans filtre

Sans jugement

Brut

 

J’ai organisé un chaos

J’ai façonné un cri

J’ai sculpté du caca

 

Pour peut-être trouver l’apaisement

Ou pas

 

Sébastien David

SÉBASTIEN DAVID
Crédits photos :
 Jérémie Battaglia
Diplômé de l’École nationale de théâtre en interprétation, Sébastien David est aussi auteur et metteur en scène. On a pu le voir comme acteur dans plusieurs productions au Théâtre de Quat’Sous, au Théâtre d’Aujourd’hui et au Prospero. En janvier 2011, il écrit, met en scène et joue dans En attendant Gaudreault précédé de Ta yeule Kathleen à la salle Jean-Claude-Germain. Il devient membre du CEAD en août 2011 et crée sa propre compagnie, La Bataille, dont il assure la direction artistique.

Les Morb(y)des
Jeudi 10 mai 20h
Mise en lecture :
 Gaétan Paré
Distribution : Dany Boudreault, Julie de Lafrenière, Kathleen Fortin, Philippe Robert

Où est-ce qu’on est? À la soirée crépusculaire de Larissa Corriveau

9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité. Pour Testaments, cartes de souhaits et mémos, le texte nous dit surtout où est-ce qu'on sera...]

On est huit. Avec des testaments, des cartes de souhaits, et des mémos.
Le Crépuscule des Dieux joue dans le piton, il y en a qui se déguisent en chevalier, d’autres qui font semblant d’être en état d’ébriété, d’autres encore qui font comme si ils étaient morts, mais pour de vrai, on est sur la scène et bien vivants.
Ensuite, à savoir vous, où est-ce que vous êtes?
Alors là…

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir
l’Empire du levant
Colomb le Grand Siegfried les Titans
dans les bas-fonds du Tokyo Bar
des artifices d’aurores

Venez voir
cette grande ancienne
cette cyclopéenne bête enfouie dans les mots

Ça gronde Beat box et Spitfire blanc
C’est plus qu’un groove c’est vivant
Le monde piaffe
comme un cheval impatient

chevaux flammes sur les plaines

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir
Les chants barbares
Des morts des vivants
Fossoyeurs militaires militants
pilote acrobatique dj apoplectique

Vous en voulez, du crépusculaire? De la nuit. Du noir. Du soleil qui se couche.
Ben Fuck it.

La lumière faible subsiste
Hésiode danse épique sur la piste
Darwish tout en haut
Pique droit sur son cercueil

Coudon y buvait tu Gauvreau?

Vous êtes dans une nuit fictive

Venez voir oui oui oui
au seuil du couchant
Celle qui décline, décroit
Celle qui s’étend
La nuit des âges, des temps

Au grand jour de l’inquisition sous les cheveux fins de l’Astre jaune

Venez voir
La noire monochrome mémoire
Dire dans nos mots
Comment sera ce qui vient
De la mort jusqu’au matin.

Larissa Corriveau

LARISSA CORRIVEAU
Crédits photo : Alexandre Leclerc-Bernier
Larissa a suivi des formations de danse contemporaine, tango argentin, pantomime, piano classique au Québec et en Europe. Au théâtre, elle a joué pour Brigitte Haentjens, Emmanuel Schwartz, Alexandre Marine, Oleg Kisselev; aussi avec DynamO, comme conteuse et accordéoniste. Également performeuse au Festival Voix d’Amériques, organisatrice, lectrice et musicienne pour plusieurs événements poétiques, finaliste des Prix Arthur-Rimbaud, du prix littéraire Radio-Canada et fondatrice de La Demeure.

 

Soirée crépusculaire: Testaments, cartes de souhaits et mémos
Jeudi 10 mai 22h
Direction et mise en lecture : Larissa Corriveau
Textes et performances: Sébastien Boulanger-Gagnon, Larissa Corriveau, Marc-André Landry, Catherine Léger, Benoit Mauffette, Danny Plourde, Ève Pressault, Jérémi Roy, Zied Touati
Éclairages : Mathieu Marcil
Scénographie : Julie Vallée-Léger

Retour sur le salon littéraire participatif « Carole et Lise reçoivent »

9 mai 2012

Au moins 4 ou 5 générations présentes à travers le public de Carole et Lise reçoivent, selon votre définition de génération! On s’est ouvert l’appétit avec des lectures de textes bien à propos! Émile Proulx-Cloutier a fait résonné son piano dans de courtes pauses de discussions riches et réfléchies. Au 11e Jamais Lu, les générations se sont unies. On pouvait entendre: « Je crois que mon père a des idées plus jeunes que moi, qui ai 29 ans. » On a parlée de pro-activité de toutes les générations. Les baby-boumers ont parlé du courage des étudiant et de leur maturité, qui a peu à voir avec la révolution des années 60, alors que le monde leur était donné presque neuf dans l’esprit d’après-guerre. Dans les années 60, les gens étaient plus opaques, déguisés. Et ils sont conscients d’avoir créer le monstre du néo-libéralisme, que plus personne ne sait gérer. Esprit de rencontre, écoute remarquable, les textes 50 mots ont explosés en de longues réflexions et même une courte pièce, dans ce lieu de communion.
Et vous, où étiez-vous?

Photos de Thomas Blain.

 

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Retour sur Statu Quo de Gilles Poulin-Denis

9 mai 2012

Si la veille, la lecture du texte écrit par et pour les enfants Les couleurs d’Amy, nous a fait entendre leurs mots, tout habités de leur réalité, il était très intéressant de constater le travail d’un auteur Jeune pubic, ici Gilles Poulin-Denis, qui a su non seulement refléter leur réalité, mais l’amener plus loin également, l’ouvrir sur le monde. En souvenir de ce beau texte qui fait hommage pour tous ceux qui se sentent « alien » ((l’auteur est franco-canadien et nous fait entendre ce français de l’Ouest), de ceux qui se sentent invisibles, une réplique retenue de Statu Quo, et les belles photos de Thomas Blain.

« Nous les invisibles, on est là dans la rue, et enfin, on se voit. »

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Où est-ce qu’on est? Dans Le Mécanicien de Guillaume Corbeil

9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Où est-ce qu’on sera?

L’idée du Mécanicien est née il y a plusieurs années, quelque part sur le parterre du TNM, alors que sur la scène on jouait Incendies, de Wajdi Mouawad. La pièce ne m’intéressait que très peu, et bientôt pour moi le spectacle est devenu le public. J’essayais de m’expliquer son enthousiasme presque irrationnel devant ces femmes subissant injustices par dessus injustices. Pourquoi tous ces gens vivant dans un monde confortable étaient-ils fascinés par ce récit de guerre ? Le théâtre est censé être un miroir tendu au spectateur, mais là, il montrait le verso du reflet de leur monde immaculé.

Le Québec a toujours été en marge de l’Histoire et le Québécois, condamné à un rôle de spectateur. Comme si le monde n’existait que dans les pages du journal, que ce n’était qu’une histoire qu’on se faisait raconter : des événements qui n’ont rien à voir avec nous et qui se passent dans un autre monde, il y a très, très longtemps. Toujours au TNM, je me disais qu’il y a toujours eu un mur entre l’Histoire et nous, une vitre à travers laquelle on peut regarder l’autre côté, mais qui nous en garde séparés. Si Wajdi Mouawad nous captive autant, c’est qu’il apparaît comme celui qui a traversé l’écran. Pour nous, il vient d’un autre monde, littéralement de notre imaginaire, de la même manière qu’un centaure ou une licorne.

Mais depuis, la grève étudiante a été déclenchée : l’Histoire est là, dans notre ville. Je me disais que cela serait notre 9 novembre 1989, le jour où tomberait le mur qui nous sépare de l’Histoire. Si une partie de la population s’est jointe au mouvement, la majorité a préféré l’ignorer. On ne voulait pas croire au printemps québécois, car il ne pouvait y avoir de printemps québécois : nous ne sommes ni en Égypte, ni à Prague. lors que je croyais que nous subissions le mur, en vérité c’est nous-mêmes qui l’avons érigé, et alors que la clameur de la rue le menaçait, ils ont été nombreux à venir le défendre. Quand tout ceci finira par finir, nous aurons décidé si nous sommes des spectateurs ou des acteurs.

GUILLAUME CORBEIL
Crédits photo :
 Maxime Côté
En 2008, Guillaume Corbeil présente un recueil de nouvelles intitulé L’art de la fugueaux éditions L’instant même. Son premier roman, Pleurer comme dans les films, est paru chez Leméac en 2009. Il a aussi signé une biographie du metteur en scène André Brassard. Il est diplômé en écriture dramatique de l’École nationale de théâtre du Canada.

 

 

 

 

 

 

Le Mécanicien, en programme double avec Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude
Mercredi 9 mai 20h
Mise en lecture : Francis Richard
Distribution : Pierre-Luc Léveillé, Anne-Hélène Prévost, Francis Richard

Où est-ce qu’on est? Dans Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude

9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité. Le texte d'Édith Patenaude fait tant de mises en abyme et de liens, déjà, avec l'actualité, que nous en publions un extrait.]

LE MONDE SERA MEILLEUR – EXTRAIT

Je pense – peut-être – j’imagine qu’on fait rien parce qu’on a peur. Qu’on est indifférent à tout, parce que s’attacher à quelqu’un ou à une idée vient avec la peur de perdre. Alors on choisit la facilité et la légèreté.

Mais moi je suis pas légère. Je suis terrifiée. J’ai épouvantablement peur d’une chose. J’ai épouvantablement peur de perdre quelqu’un que j’aime. Bon, il faut vous dire que mon père est pas mort pour vrai. Et l’affaire, c’est que comment va le monde présentement, j’ai peur qu’il finisse par tuer mon père comme je l’ai raconté. Par tuer tous ceux que j’aime, un à un. J’ai terriblement peur d’avoir un jour à venger mon père. Je veux que le monde soit meilleur parce que je veux qu’il arrête de tuer ceux qu’on aime. Le monde actuel a tellement d’armes, tellement de gens, d’organisations, de systèmes financiers, d’extrêmismes, d’immobilisme, de discours creux, de désinformations, d’égoïsmes, d’aveuglements, de divertissements, de peurs individuelles et collectives qui sont autant de couteaux dans le dos, de poisons, et d’armes de destruction massive.

Et j’ai peur. Ma peur se cristalise dans une image très précise. J’ai peur de me retrouver devant plein de gens habillés en noir qui attendent en silence que je trouve la force de chanter tout croche, parce que je sais pas vraiment chanter, mais de chanter moi-même quand même, de chanter My body is a cage. Parce que ça c’était vrai. Mon père camionneur veut vraiment que ça soit ça qui joue à ses funérailles, et je peux pas dire à quel point je trouve ça beau et que je veux préserver ça de tout mon corps.

Et je peux pas croire qu’il faille attendre d’être tué par le monde pour entendre notre chanson préférée être chantée tout croche par ceux qu’on aime.

ÉDITH PATENAUDE
Crédits photo :
 Marianne Noël-Allen
Finissante du Conservatoire d’art dramatique de Québec en 2006, Édith Patenaude s’est tout de suite lancée dans la création, entre autres en cofondant Les Écornifleuses. Depuis, elle a joué pour de nombreuses compagnies, fait de la mise en scène, produit et écrit. Récemment, elle montait L’absence de guerre de David Hare, au Premier Acte, et jouait dans Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges, au Trident. Les arbres ainsi que Barbe Bleue et La maison dans la forêt s’est allumée, des pièces de sa plume, ont été présentées au Premier Acte.

Le Monde sera meilleur
Mercredi 9 mai 20h, en programme double avec Le Mécanicien de Guillaume Corbeil
Mise en lecture : Édith Patenaude
Distribution : Marc Auger, Krystel Descary, Marie-Hélène Lalande, Joanie Lehoux, Jean-René Moisant, Édith Patenaude, Jocelyn Pelletier et Maxime Perron

Où est-ce qu’on est? Dans la lecture de Qui file avec l’étudiante Camille Roy

9 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Où sommes nous?

Cogne cogne, ça toc en esti toc.

Cogne, la grève me cogne, esti ça toc.

Toc toc, les AG c’t’utile, mais ça toc en calisse, cogne.

Les manifs ça toc, toc très forts sur nos étudiants.

Toc esti cogne.

J’écris des personnages incapables de vivre avec la conformité imposée par notre société.

Décisions incohérentes, propositions encore plus défaillantes, conflit insolvable.
Aujourd’hui, c’est fou, comme je les comprends ces personnages de ne pas vouloir s’y
plier.
Peut-être que je les envie?

En ce Printemps québécois,
où la température est aussi dégueulasse que la façon dont on nous traite, nous les
étudiants,
Je reste scotchée à mon ordi.

En cette 12e semaine de grève au cégep de Saint-Laurent,
Je suis l’actualité gréviste à la seconde près,
espérant bientôt lire sur facebook, un statut, plus positif sur la situation que les trois
cent mille dernier «postés» sur les «wall» de mes «amis».

En attendant, une bonne nouvelle, qui, malgré toute ma volonté optimiste sur ce beau combat, me paraît aujourd’hui presque utopique, j’essaie d’écrire une nouvelle pièce.

Rares ont été les fois où j’ai pu écrire sans obligations,
En dehors du système scolaire.

Mon système scolaire étant maintenant déficient
faute de vous savez tous pourquoi…
Je tente d’écrire sans thème, contrainte, dead line, même sans Mme Rafie qui attend
un texte.
Ça avance très peu.

En jasant avec les auteurs du Jamais lu… je me rends compte que les périodes de «beaucoup temps libres» ne sont pas les plus productives, loin de là.

Reporter, faire autre chose, jusqu’à être coincé, là est le métier de l’auteur… de ce que j’en comprend.

Je fais ma propre enquête au Jamais lu, sur l’art d’écrire,
je suis une étudiante qui prend le festival pour son école.

L’école, ah! Ça fait longtemps.
Mon amie Sophie me dit qu’on sait que la grève dure depuis longtemps quand notre carré rouge est usé.

Mon carré rouge est définitivement très usé!
Faudra m’en trouver un autre pour les semaines à venir, il risque de lâcher le morceau avant «Line la pas fine».

Je suis Camille Roy et je suis dans un monde parallèle qui s’appelle la grève générale illimitée.

 

Camille Roy

CAMILLE ROY
Crédits photo : Camille Roy
Étudiante en art dramatique au Cégep de Saint-Laurent, Camille Roy découvre maintenant sa passion pour l’écriture dramatique. Elle tente présentement sa chance aux auditions des diverses écoles de théâtre, pour approfondir le jeu. L’écriture demeure un parallèle pour s’échapper, faire vivre, s’interroger. La musicalité des mots, la force qu’ils ont et l’interprétation qu’ils auront sur scène stimulent sa curiosité.

 

Qui file
Mercredi 9 mai 17h
5$
Mise en lecture : Jean Gaudreau
Distribution : Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard

Levers de rideau: le théâtre, lieu de tous les possibles

8 mai 2012

Le théâtre est le lieu de tous les possibles, dont celui de voir, par exemple, Lucette Lamy, Planificatrice financière de la Caisse de la Culture, monter sur scène pour interpréter « le public » discutant avec « l’auteur », en la personne de Gilles-Poulin Denis, dans un dialogue concocté par celui-ci.

Photo Thomas Blain

 

Retour sur En dessous de vos corps, je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas

8 mai 2012

Il nous faudra peut-être quelque temps avant de pouvoir commenter la lecture théâtrale de l’adaptation très libre de Britannicus par Steve Gagnon. On en est ressorti ébranlé… c’était si bon! Déplaçant la famille impériale en une famille banlieusarde, avec une mère dévorante, un frère jaloux et la blonde du l’aîné qui aménage avec eux et qui changera à jamais le cours des choses… Humain, tragique, poétique, dans un monde bien à soi, brûlant d’intensité.

Mise en lecture : Steve Gagnon
Distribution : Annick Bergeron, Marie-Soleil Dion, Renaud Lacelle-Bourdon, Guillaume Perreault, Claudiane Ruelland

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Retour sur Les couleurs d’Amy

8 mai 2012

Les couleurs d’Amy, un texte écrit par et pour les enfants de 6ème année dans le cadre d’un projet de médiation culturelle: les auteurs de The Wire n’ont qu’à bien se tenir! Les enfants ont fait sonner des mots forts, réalistes, pleins de colères, d’intensité et de grande sensibilité. Et des mots qu’ils comprenaient, fallait voir la centaine d’enfants réagir dans la salle… Le nouveau Montréal est là, et il est pleinement vivant!!

Dramaturge : Pascal Brullemans
Mise en lecture : Nini Bélanger
Distribution : Francesca Barcenas, Sébastien David, Vincent Fafard, Anne-Marie Levasseur

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Levers de rideaux corrosifs!

7 mai 2012

Portant sur la relation entre l’Auteur et le Public, les Levers de rideau du 11e Jamais Lu ne mâchent pas leurs mots! Ce soir, lundi 7 mai, dans une heure, nous entendrons celui écrit par Gilles Poulin-Denis, qui présente demain un texte Jeune public, mais son propos ne devrait pas être pour autant édulcoré…

Dimanche le 6 mai, nous n’avons pas eu un mais deux levers de rideaux! Non seulement il est touchant de voir des gens d’affaire monter sur scène pour y faire leur premier pas, mais c’est aussi impressionnant de voir une directrice et une juge oser la parole, souvent bien assumée, des auteurs.

Ci-dessous, les photos de Stella Leney Directrice principale, Environnement et affaires corporatives, Hydro-Québec, avec Annick Lefebvre dans un texte d’Annick Lefebvre, et celles de Céline Lacerte-Lamontagne, Juge Cour du Québec avec Daniel Desputeau, dans un texte de Stéphane Crête.

Photos, Thomas Blain

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Retour sur « mauvais goût » de Stéphane Crête

7 mai 2012

On a reçu ça comme une claque par une mastodonte de distribution (Marie Bernier, Jean-Carl Boucher, Isabelle Brouillette, Julianne Côté, Catherine Dajczman, Stéphane Demers, Daniel Desputeau, Guillermina Kerwin, Didier Lucien). L’état des lieux était scabreux, en pleine perversité et vacuité de l’être remplie de m… Mais grâce aux comédiens très vrais somme toute, nous avons surtout ri et apprécié un bon moment de théâtre. Pour mieux comprendre la démarche de Stéphane Crête, lisez son billet pour notre blog.

Les photos de Thomas Blain.

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Retour sur La messe en 3D d’Annick Lefebvre, aka l’enfant sauvage du Jamais Lu

7 mai 2012

Malgré sa vulgarité, La messe en 3D d’Annick Lefebvre fut profonde, pleine de sens, et oui, spirituelle (à sa manière). Bravo aux comédiens Marie Bernier, Linda Bouchard, Talia Hallmona et Guillaume Regaudie, simplement parfaits, et très habités de Passion (du théâtre)! Une cérémonie qui n’a épargnée personne, surtout pas le milieu du théâtre, encore moins l’auteur elle-même, en plus d’un évangéliste mystère… qui n’était nul autre que Fabien Cloutier. L’évangile selon Fabien, c’était tout une relecture de la vie de Jesus, croyez-nous! Mais en fait, vous, en quoi croyez-vous?

On suit le cérémonial, incluant la lecture des écritures par une personne du public, et la communion au Tim Bits et à la bière… Photos de Thomas Blain.

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Le Jamais Lu lance sa campagne de financement avec son fameux tirage-bénéfice!

9 février 2012

Courrez la chance de vous envoler pour Paris… en soutenant la nouvelle dramaturgie!

L’objectif est de 15 000 $ et les billets sont en vente du 10 février au 5 avril 2012, avant 16 heures, puisque nous procéderons à ce moment même au tirage dans les bureaux des Écuries, où le Festival réside désormais.

À 10$ le billet, en plus du premier prix qui vous amène à Paris, vous pourriez gagner un laissez-passer du Festival TransAmériques 2012, un abonnement double aux concerts du printemps de l’Orchestre Métropolitain ou encore une paire de billet prestige pour le prochain spectacle du Cirque du Soleil, ainsi qu’une ribambelle d’autres prix des plus alléchants pour vous, oui, vous qui aimez tant le théâtre, la littérature, l’art et la culture. Acheter un billet du tirage-bénéfice du Jamais Lu, c’est une presque promesse de se gâter… et c’est surtout un moyen accessible de soutenir votre fidèle festival!

Saisissez votre chance : seulement 1800 billets en circulation!

Tous les détails sur notre site!

Dévoilement de la programmation du 11e Jamais Lu le 3 avril, ou l’insupportable attente d’un strip-tease complet…

30 mars 2012

Hier, nous avons reçu les affiches et les programmes du 11e Jamais Lu, et l’excitation monte dans l’attente du 3 avril… Pourtant tout est arrivé d’avance pour qu’on soit fins prêts à vous recevoir et vous faire notre grand numéro, donc il n’y a pas de raison de s’énerver, tel quel. Mais c’est comme si on avait acheté de magnifiques sous-vêtements, vraiment magnifiques, pour faire un strip-tease, sachant que la vraie chair du festival, soit les textes que vous entendrez pendant l’événement, sont succulents, voire voluptueux… Ce n’est pas pour se vanter, mais vous savez, quand on le sait que ça va être bon… On est trop impatients de s’offrir, c’est tout! Et surtout, de vous retrouver, chers amis du festival.

Les codirecteurs artistiques et les artistes mettent les dernières touches à leurs présentations performatives (donc pas de discours plates a l’horizon, plutôt des moments scéniques simples mais aguichants), la vidéo promotionnelle réalisée par Sébastien Croteau est prête, les mixeurs sont propres pour préparer les cocktails Jamais Bu – créés spécialement pour le festival. Ça ressemble à quoi tout ça? Ça ressemble aux préparatifs d’une célébration hyper sympa, à laquelle vous êtes invités! Ça se passe aux Écuries, le mardi 3 avril à 16h, on offre une tournée de bières et de pizzas, et on fête, ensemble, l’arrivée dans une nouvelle décennie pour le Jamais Lu et une édition relativement épique, comme le suggère notre aperçu vidéo…

Et ce sera une occasion idéale pour vous procurer des billets pour le tirage-bénéfice! Chaque 10$ compte pour la bonne vitalité de l’événement! Notre campagne de financement s’efforce de faire dans la réciprocité : chaque aide offerte, chaque billet acheté vous donne la chance de gagner un des 32 prix hallucinants (un voyage à Paris, un laissez-passer du FTA, des billets pour l’Orchestre Métropolitain, non mais!). Le tirage a lieu le 5 avril en fin de journée, et vous trouverez tous les détails ici.

Dévoilement de la programmation du 11e Jamais Lu
Mardi 3 avril 16h
Théâtre Aux Écuries
7285, rue Chabot
Métro Fabre
514-844-1811, poste 474
communication@jamaislu.com

11e Jamais Lu: Où est-ce qu’on est?

5 avril 2012

Pour découvrir la programmation du 11e Jamais Lu, les auteurs répondent à la question éditoriale du festival: Où est-ce qu’on est? Où est-ce qu’on est avec ce texte? Où est-ce que tu es quand tu écris? Où est-ce qu’on sera au Jamais Lu? Une vidéo de Sébastien Croteau.

Lendemain de lendemain de lancement de la 11e édition…

5 avril 2012

Évitant les discours informatifs d’usage aux lancements, le dévoilement du 11e Jamais Lu a plutôt pris les allures d’une méga fête chaleureuse, et même carrément chaude, véritable avant-goût du festival qui débarque aux Écuries du 4 au 11 mai!

En effet, c’est dans le Studio du théâtre débordant de monde que les codirecteurs artistiques de la prochaine édition, Marcelle Dubois et Jean-François Nadeau, nous ont offert une présentation limite Laurel et Hardy, pour nous faire découvrir non seulement les auteurs et soirées présentés au Jamais Lu, mais aussi la sincère quête de sens qui anime le festival depuis toujours et particulièrement cette année, avec la question éditoriale Où est-ce qu’on est? Quel est ce fameux « ici et maintenant » dont tout le monde parle? Comment les nouveaux auteurs de théâtre nomment le monde dans lequel on vit? Et eux, où se situent-ils, dans ce monde, et en eux-mêmes? Les auteurs et événements du Jamais Lu ont été choisis pour cette propension à s’inscrire et à nommer, au cœur de la cité.

Mais quelle intense joie pour le festival et son équipe de constater que le public nous suit dans notre bastion tout neuf, le théâtre Aux Écuries, et même qu’à voir tout ce bon peuple, on ne peut que constater que la popularité du Jamais Lu grandit au même moment où notre foisonnante programmation prend sa place dans sa nouvelle maison.

Ce débarquement dans « notre » théâtre (le Jamais Lu est un des cofondateurs des Écuries) fut souligné par un grand toast général avec les cocktails Jamais Bu, spécialement créés et servis par le barman et disc-jockey attitré du festival, Antoine Mongrain, littéralement en feu (le barman pas les cocktails. En fait, pas littéralement non plus…) En ce jour aux airs de printemps, la grande fête du Jamais Lu fut lancée avec force, et s’est même poursuivie dans la soirée, annonçant un 11e Jamais Lu totalement débridé!

Notre prochain rendez-vous? Du 4 au 11 mai! Pour tous les détails, consultez notre site web, bien complet (un grand merci à Jeanne Bertoux)! www.jamaislu.com

D’ici là, de notre côté, aujourd’hui, dans quelques instants, nous procèderons au tirage-bénéfice des 32 gagnants qui nous ont généreusement aidé, et ensuite, en avant pour le spectacle-bénéfice Les Confessions publiques le 10 avril! Histoire de s’assurer que le 11 Jamais Lu naisse en bonne santé financière…

Pour entendre des textes inédits, pour voir les comédiens, pour se rencontrer, se retrouver et réfléchir ensemble, pour tenter de répondre à la question Où est-ce qu’on est?, pour prendre le pouls de son époque finalement, le Festival du Jamais Lu vous attend du 4 au 11 mai aux Écuries (le théâtre à occuper)!

À bientôt!

Confessions publiques et fin de la campagne de financement!

10 avril 2012

Ce soir, en même temps que la première de l’Effet du temps sur Matèvina, le théâtre Aux Écuries reçoit aussi les Confessions publiques, spectacle-bénéfice au profit du Jamais Lu! Louise Bombardier, François Létourneau, Catherine Léger et Justin Laramée se dévoilent dans une intimité singulière en toute impudeur artistique…  Sur scène, Dominique Pétin, Francis-Réhaume-William, Eve Duranceau et Mathieu Gosselin s’amusent à incarner et même à imiter les auteurs, sous leurs propres yeux, et pour notre plus grand plaisir. Une soirée unique et particulière pour tous les généreux donateurs qui appuient le festival.

Le tirage-bénéfice a eu lieu jeudi dernier, au Bar-café des Écuries, alors que l’équipe et ses alliés étaient réunis pour procéder au tirage au sort des 32 gagnants. Il n’y a pas à dire, offrir 32 cadeaux à 32 chanceux qui nous ont aidé, en plus de voir les nombreux coupons de tous ceux qui nous ont aidé, ça rend de bonne humeur!

Merci, un immense merci pour votre appui! Et si vous n’avez pas participé à la campagne de financement, le meilleur moyen de soutenir le Jamais Lu maintenant, c’est d’y aller!!

il neige à l’horizontale!

23 avril 2012

(Mot de Nadeau)

Ici J-F Nadeau,
codirecteur artistique de ce festival de feu et d’eau.
Ce qui suit a l’air d’une pizza à la poutine, mais il n’en est rien. C’est un cocktail à la chimie savamment décantée.
Espace intime, espace publique, dos à dos, face-à-face, donnez-vous la main et changer de place.

Hier au spectacle de la fin de la grisante marche pour le jour de la Terre, Roy Dupuis a présenté Galaxie… et juste pour ça, je crois que je me serais immolé.
Mais mon père avait le dos en feu, ma blonde enceinte de huit mois ne se pouvait pus, ma fille grimaçait devant trop de gens déguisés et le char était stationné dans Outremont.

Heureusement qu’on s’est fait livrer du St-Hubert.
Et j’ai bu la sauce.
Et j’ai bu toute la nuit.

Mais, surtout, toute la nuit, Line Beauchamp a une fois de plus affreusement mal appris son rôle de Sainte-Nitouche en faisant semblant de s’intéresser à la définition du mot «désobéissance» utilisée par la CLASSE.
Si elle s’intéressait vraiment aux mots,
elle n’en parlerait pas comme un caprice en équilibre sur une patte.
Comme un caca de chien soigneusement ramassé, mais délicatement déposé dans le chemin.

Un ange passe et rote.
Saviez-vous que Charest a comme livre de chevet l’Art de la guerre de Sun Tzu?
L’ange revient et s’excuse.

Tout pour nous diviser en nous tordant la poignée du dos du mauvais bord comme un chiro cocu.
Et la colère qui monte d’un cran.
Et le doigt de Line qui ne demandait que ça.
Et après je me demande pourquoi ma fille a fait de la fièvre.
Je lui ai raconté une histoire de dodo tellement mauvaise qu’elle a fini par se la raconter toute seule en me disant d’aller me coucher.

Ce matin, au Jamais Lu, on parle des soirées spéciales : l’ouverture, la crépusculaire et la clôture.
Et les mots s’étirent et bâillent et veulent se remettre de leur mauvais traitement de la nuit.
On ne se prend pas au sérieux, mais on les pèse ces armes merveilleuses, ces mots.
Pour qu’ils aient du sens.
On a tellement envie de sens.
Du sens brut.
Mais jamais unique.
À la fenêtre, il neige à l’horizontale, bordel.
Quel sens cela a-t-il?
On dirait qu’on joue à Tchekhov 24/7.

11 jours avant notre fête de parole.
‘Est va tellement être prise la maudite.
Prise… mais si libre!
Désobéissante, quoi!

Où est-ce qu’on est?
Devinons.
Ensemble.

Une vitalité financière aussi vigoureuse que la direction artistique!

19 avril 2012

Grâce aux efforts de plusieurs, et peut-être aussi de vous qui nous lisez maintenant, la campagne de financement est réussie! Il faut dire que le montant visé de 22 000$ n’était pas si élevé au départ, mais à coup de vente de billets du tirage-bénéfice ou des Confessions publiques, des indispensables purs et durs dons et des Levers de rideau, nous avons atteint la somme de 24 170$!! Le 11e Jamais Lu verra le jour en bonne santé financière (tout comme le petit Romain, premier né de Marcelle Dubois, notre directrice générale et codirectrice artistique de la 11e édition, qui a vu le jour le 12 avril dernier à 10h44, soit un jour après le début de congé de maternité de Marcelle, toujours aussi efficace)!!

Nous sommes infiniment reconnaissant du soutien de chacun, qu’il ait été fait de manière monétaire, ou en temps offert, en vente de billets, et à tous les artistes des Confessions publiques bien sûr! Quelle agréable soirée nous avons eu, corrosive et pertinente, tout comme le festival (on aime le penser en tout cas)…

En souvenir de ce moment chaleureux et porteur de joie, quelques photos des Confessions publiques par notre photographe officiel, Thomas Blain.

         

Dévoilement du 11e Jamais Lu – Les photos!

19 avril 2012

C’était le 3 avril dernier, mais le coup d’envoi fut si fort qu’on est toujours sur sa lancée! Voici les photos d’un charmant et explosif lancement de programmation!

       

Décompte par en avant

27 avril 2012

(Mot de Nadeau)

Enlever ma tuque.
Mettre mon chapeau de codirecteur.
Il est en feutre avec une plume.
Acheté dans une boutique souvenir de cabane à sucre.
Ridicule et pourtant magique.

Écrire un blogue. Mon deuxième… à vie!
Mais d’abord, décanter, faire le tri de ce qui file… ou plutôt défile.

En bref:
À la radio, René Homier-Roy aime le titre du festival.
Dans mon coeur, un vieux essaie de casser un 2X2 en le coinçant entre la porte de son immeuble et son pied.
À quelques pas, un bébé de 15 jours débarque et est agressé par un néon.
Dans le passé récent discret, l’AQLPA fêtait ses 30 ans.
Au bout du courriel, mon ami a une crise de zona.

Ça bourdonne bizarre, mais c’est vendredi.
Alors tout semble plus facile.

Dans quatre minutes, une répétition de Plaza, le nouveau texte de feu d’Emmanuelle Jimenez.

Dans cinq minutes, Charest va donner une conférence de presse et avancer une proposition.

Dans six minutes, Alain Vadeboncoeur, Claude Béland, Gabriel Nadeau-Dubois et Dominic Champagne se rencontreront dans un sous-sol et parleront de la création d’un nouveau parti.

(Vous? Entre la septième et la 8640e prochaine minute… il se passe quoi de signifiant ou pas? Quelle est votre matière dominante?)

On ne peut plus reculer. Dans six jours, un événement qui a 11 ans, donc qui s’est vraiment interrogé sur son renouvellement… va émerger.

Comme un homme-grenouille qui a vu la couleur d’une épave insoupçonnée et/ou… en tout cas, la comparaison forte vous appartient!

xxxx

Roulement de tambour

4 mai 2012

(Mot de Nadeau)

Existe-t-il un portail menant au renversement de la vapeur?
La grisaille du ciel ne me rend pas fragile, ce matin.
Mais les titres du plus grand quotidien français d’Amérique, oui.
Deux tiers de la population du Québec DÉCODE une ouverture du côté
du gouvernement dans le conflit qui l’oppose aux étudiants.
J’aimerais vraiment connaître le magasin qui leur vend ce décodeur.
Où est-ce qu’on est quand le paternalisme et la condescendance discutent
avec la foi en quelque nation différente?
En quelque point de rupture de la joie des patrons se pognant le paquet à Sagard… Un oeil sur la graine à Sabia, l’autre sur le cahier Gourmand de La Presse.
(Non mais y est tu fatigant avec son actualité politique! Y est pas directeur artistique d’un festival de théâtre, lui!?)
Oui… justement.
La polarisation entre les lucides et les solidaires n’a jamais été aussi navrante.
Ce matin, l’élastique qui nous relit n’est plus de l’ordre de la tension.
Il a pété. Et l’on dérive chacun de son bord.
Heureusement que la planète est ronde.
Tôt ou tard, on va se reparler.
À moins que trois Golems ne se lèvent de terre…? Un sortant de l’îlot Voyageur, l’autre des catacombes du Colisée et un troisième d’un trou à Schefferville… Ils formeront un triangle d’inquiétude et fonceront vers le centre pour anéantir les charognards de la gestion d’un Québec pseudoprospère et sans âme.
(Hostie qu’y est naïf et pas suivable!)
Ça fait plaisir.
Il n’y a pas de portail.
Il n’y a que le combat.
Les petits pas.
Ce soir, un festival de textes de théâtre démarre.
Le Jamais Lu. Il a onze ans. Il regroupe des voix fortes et tendres, dissidentes et dans le rang, folles et calmes.
La langue québécoise et son déploiement se réchauffent.
Ce soir, une fête d’ouverture avec des lettres ouvertes.
Pour faire le plein.
Je nous vois comme une grande Black qui s’étire la cuisse avant de s’installer sur son bloc de départ.
Ce n’est pas un sprint. Ni un marathon.
Quelque chose de quasi impossible.
Comme un 400 mètres à cloche pied avec un mur en mousse à faire tomber à la fin.

Ça va rire et pleurer.
Ça va rocker.
Ça va bercer.

Ça va mieux.

 

Où est-ce qu’on est? par Annick Lefebvre

5 mai 2012

[Le Jamais Lu a demandé aux auteurs qui le voulaient bien d'écrire un court texte pour notre blog, pour nous dire en quoi leur texte et leur démarche d'écriture répondent à la question éditoriale du festival "Où est-ce qu'on est?". Nous publierons ces billets les jours des lectures théâtrales des auteurs, mais en lisant ce texte poignant d'Annick Lefebvre, on a pas pu résister à l'envie de le mettre tout de suite, mais on ressort ce beau texte puisque aujourd'hui est le jour de La messe en 3D]

Être en démarche

Je suis dans une grosse cabane de la Rive-sud

Je me câlisse des étudiants qui se font tabasser

Pis du sang qui coule dans leurs faces de bébés gâtés

Si j’avais le courage de mes convictions

Je leur foncerais dessus avec mon Hummer

Quand ils m’empêchent de traverser le pont le matin

 

Je suis dans un loft frette du Centre-ville

Je courre en complet-cravate sur McGill College

Je renverse mon espresso sur les œuvres d’art de la salle de conférence

Je suis dans un gratte-ciel qui ne sera jamais aussi haut

Que la démesure de mes ambitions professionnelles

Je suis au milieu de mon 8ième 16 heures de file

Et je n’ai connu l’amour que dans des toilettes de 5 à 7

 

Je suis dans un appartement crade d’Hochelaga

Je mange du Kraft Dinner pis je bois du Pepsi diète

Je me gratte la « snatch » pis je me plains de ma situation

À Denis Lévesque pis aux autres imbéciles

Qui se fendent en quatre pour que je beugle sur leurs tribunes

Je me masturbe devant l’ordi pis j’attends que ça passe

 

Je suis un personnage d’Annick Lefebvre

 

Je suis issue d’un sous-sol de Saint-Bruno

Je marche le soir avec ceux qui se font tabasser

J’avance en groupe dans les rassemblements illégaux

Pour casser des injustices pis pas des gueules

Pour casser des non-sens pis pas des vitrines

Parce que j’essaie d’avoir le courage de mes convictions

 

Je travaille dans le sous-terrain de la métropole

Je dors debout à 5h30 du matin au métro McGill

Je renverse le contenu de mon sac à dos sur le comptoir de la boutique

Dedans y’a du papier des crayons pis l’ambition d’écrire un bon texte

Quand les clientes se pointent je suis obligée de les servir

Pis ça me fait oublier la seule ligne d’amour serein de la pièce

Ce qui demeure un moindre mal

 

J’habite au coin de Pie-IX pis de Rouen

J’engloutis trop de repas de pâtes par semaine

Pis le reste du temps j’oublie de me faire à manger

Tellement j’ai la tête remplie du rêve d’écrire

Tellement j’ai l’agenda rempli de l’obligation d’écrire

J’exige que mes mots soient en phase avec la Cité.

 

Je suis Annick Lefebvre

Où se situe ma démarche? Où est-ce que je suis quand je la cherche? Comment je réagis quand on me demande de mettre des mots sur ce que je fais? Pis sur comment je le fais? Où est-ce que je suis quand je pense que je n’ai pas de démarche? Quand je la constate à travers le regard des autres? Eh ben… Forcément quelque part entre la vie d’Annick Lefebvre et celle des personnages de ses pièces. Enfin, c’est que je m’imagine. Pour donner un sens à ce que je fais. Et l’élan nécessaire à la poursuite des choses.

Annick Lefebvre
La messe en 3D , dimanche 6 mai 14h

(Crédit photo Catherine Ambourad)

Au cœur du Festival: les lectures théâtrales

30 avril 2012

Oui le 11e Jamais Lu prend de l’envergure, « s’exponentie « , explose même dans de nouvelles expériences théâtrales et littéraires dans l’enceinte de sa maison-mère, mais ne démord pas de sa raison d’être : présenter les textes inédits de nouveaux auteurs de théâtre.

Sur 75 projets reçus (si c’est pas de l’effervescence dramaturgique ça!), le Festival en a retenu 10 choisis pour leur singularité. Encore tout frais, même encore un peu fragiles, à peine nés, les textes entendus se permettent des libertés qui nous décoincent la réflexion et l’artistique.  Les comédiens sont aussi à l’honneur, à titre d’extraordinaires passeurs de ces mots à vif.

Avec autant d’intensité que de diversité dans sa programmation, le 11e Jamais Lu permet un accès émouvant et unique à l’écriture théâtrale. Et c’est aux Écuries qu’on vient prendre le pouls de son époque (compris)!

Où est-ce qu’on sera?

  • Sur la Plaza de Côte-des-Neiges, dans une fresque humaine multicolore avec des rêves, des immigrants, le feu du big bang, le Plan Nord et l’humour tendre d’Emmanuelle Jimenez.
  • Dans une église réinventée où nous est livrée une homélie on ne peut plus contemporaine et grinçante, pour fouiller les traces des fondements de notre culture avec La messe en 3D d’Annick Lefebvre.
  • En pleine désillusion et au cœur de l’ombre humaine, de l’hypocrisie, de la perversion et de la vacuité ambiante avec le mauvais goût grinçant et inclusif de Stéphane Crête.
  • Dans le nouveau Montréal avec Les couleurs d’Amy, un texte écrit pour et par les enfants, un projet de médiation culturelle avec les élèves de 6e année de l’école Saint-Grégoire-le-Grand, accompagnés par Pascal Brullemans.
  • En dessous de vos corps, je trouverai ce qui est immense et qui ne s’arrête pas, soit en pleine guerre de frères de sang avec une adaptation libre, débridée et très actuelle de Britannicus par Steve Gagnon.
  • À l’aube de l’émergence d’une pré-adolescente qui cherche sa place dans son village… plate, avec le texte Jeune public Statu Quo de la plume sensible et sans jugement de l’auteur franco-canadien Gilles Poulin-Denis.
  • Dans la vraie découverte de la relève et d’une langue poétique qui aborde la folie et la proximité de nos vies séparées avec Qui file de Camille Roy, lauréate de l’Égrégore, un concours du RIASQ.
  • Dans une étrange fascination pour les pulsions inassouvies comme pour la misère de l’ailleurs signée par une écriture aiguisée dans Le mécanicien de Guillaume Corbeil.
  • Quelque part entre le vrai et le faux qui façonnent la mécanique théâtrale et interrogent notre rapport aux conventions sociales avec le pamphlétaire et ô combien synchronique Le monde sera meilleur d’Édith Patenaude.
  • Dans une langue relevée et tranchante donnant voix à des corps perdus et autodestructeurs, en plein quartier d’Hochelaga et dans les strates d’un site de réseautage dans Les morb(y)des de Sébastien David.

Le 11e Jamais Lu vous fait entendre des textes qui nomment leur société par autant de points de vue et de langages possibles, tentant par leur démarche, de répondre à la brûlante question Où est-ce qu’on est?

Et vous, oû êtes-vous? Y serez-vous?

Affichez vos couleurs avec le macaron du 11e Jamais Lu!

30 avril 2012

Le 11e Jamais Lu est un haut lieu de pertinence et de « corrosivité », de critiques, de réflexions et de propositions, rassemblant une pluralité de visions! N’est-ce pas que l’image de la 11e édition, créée par Ping Pong Ping évoque tout ça? À mi-chemin entre théâtre et littérature, en pleine prise d’assaut du micro, et des Écuries aussi, agir et oser de tous ses mots … Ça vous ressemble aussi? Procurez-vous le macaron du Festival pour seulement 2$ à la billetterie du théâtre Aux Écuries ou chez nos amis de la librairie Le Port de tête, au 262 Mont-Royal Est.

Rassemblements « décloisonnants » au 11e Jamais Lu!

3 mai 2012

Le 11e Jamais Lu offre une programmation corrosive, multiple et surtout ouverte!  Le Festival brille cette année par sa volonté d’engager les auteurs à prendre parole sur la place publique. Les 4 soirées spéciales du 11e Jamais Lu,  animées d’une créativité artistique jubilatoire, décloisonnent les frontières de la littérature et du théâtre, des milieux, des genres, et rallient tout un chacun à des rendez-vous festifs et des moments de partage uniques, et très cool!

Enfin une pause dans cette éternelle et lassante guerre de clochers…

Soirée d’ouverture Lettres ouvertes/poings fermés 

Vendredi 4 mai, 20h
Le coup d’envoi du 11e Jamais Lu est mordant, assumé et engagé, le tout dans l’indignation joyeuse! La soirée Lettres ouvertes/poings fermés orchestrée par Louis Champagne fait écho à l’actualité effervescente du printemps à grands coups de lettres ouvertes réelles ou imaginées. Aux poubelles le cynisme : les six auteurs invités, Normand Canac-Marquis, Marcelle Dubois, Justin Laramée, Jean-Philippe Lehoux, Anne-Marie Olivier, Julie-Anne Ranger-Beauregard et la comédienne Madeleine Péloquin s’adressent à leur époque et mélangent leurs mots aux rires, aux larmes, au sang et à la garnotte. Accompagnés de musiciens, les auteurs montent eux-mêmes sur scène armés de leurs mots et de la sincérité de leurs écrits. Une soirée baveuse pleine de questions, de propositions et de fierté. Sommes-nous là? Debout? Sommes-nous des déserteurs? Une soirée du genre : «J’y étais moi».

Carole et Lise Reçoivent : salon littéraire participatif sur le thème des générations 
Mardi 8 mai, 18h

Pour une deuxième année, Carole Fréchette et Lise Vaillancourt ouvrent les portes de leur salon au public du Jamais Lu! À ce potluck de nourriture et d’idées, Carole et Lise vous suggèrent de réfléchir à la question éditoriale du festival sous l’angle de la cohabitation des générations. Quels sont les grands moments de l’Histoire qui ont marqué votre génération? Où étiez-vous quand ils se sont produits? Est-ce que l’avenir appartient toujours à la jeune génération? Faut-il déloger les générations précédentes pour trouver sa place? L’entrée est gratuite, il faut simplement apporter un plat à partager pour environ cinq personnes et un court texte de 50 mots sur le thème des générations. Pour vous mettre dans le bain, Carole et Lise ont préparé un document de réflexion qui nourrira votre préparation et votre écriture!

Soirée crépusculaire : Testaments, cartes de souhaits et mémos
Jeudi 10 mai, 22h

De nature aventurière, le festival cherche toujours à donner place à différentes formes de paroles et propose cette année un entrelacs de poètes, performeurs, dramaturges, comédiens et musiciens qui clameront des mots dans la pénombre pour faire jaillir la beauté. La poésie est partout et eux feront jaillir sa lumière.  Larissa Corriveau vous invite là où «il n’y a que nous, et ce qui, dans la parole, vit.»

Soirée de clôture Le grand ballet des détails qui tuent 
Vendredi 11 mai, 20h

Le 11e Jamais Lu se terminera avec éclat, via l’univers de son codirecteur artistique, J-F Nadeau, et son projet de spoken word avec le groupe Avec pas d’casques. De qui, du groupe ou de l’auteur, prédomine dans ce projet, on ne peut le dire, tant ceux-ci se fusionnent dans une rencontre naturelle tombée du ciel et une franche camaraderie, pour former au final une nouvelle entité. Et pour cette fête grandiose, J-F Nadeau convie les auteurs qui auront fait vibrer les huit jours du 11e Jamais Lu à se joindre à lui, le temps d’un court texte. Surprises et spontanéités, un feu de joie imprévisible.

Et encore plus!

Le 11e Jamais Lu vous convie aussi à la Table ronde du Centre des Auteurs Dramatiques, animée par Paul Lefebvre. On y posera la question « Où est l’auteur dans la production de son œuvre? » Venez entendre la discussion entre Sarah Berthiaume, Pascal Brullemans et David Paquet, qui témoigneront de leur expérience, s’interrogeant sur leur place d’auteur dans la fabrique du théâtre. Aussi, vous pourrez découvrir les fruits du travail et des réflexions issues de la Classe de maître de Daniel Danis, avec pour thème «L’auteur et son territoire», lors de la Fenêtre ouverte.

Deux activités gratuites pour réfléchir ensemble, en célébrant le croisement des expériences et des savoirs!

Carole et Lise à Bouillant de culture!

6 mai 2012

Pour vous donner grande envie de venir manger avec nous mardi à 18h au Salon littéraire participatif « Carole et Lise reçoivent », écoutez leur entrevue à Bouillant de culture sur les ondes de Radio-Canada! Un avant-goût solide de ce potluck de bouffe et d’idées autour des générations: Carole Fréchette et Lise Vaillancourt, les « 50 ans et mieux » sont tout simplement craquantes et irrésistibles!

Le 11e Jamais Lu débute dans la joyeuse indignation!

3 mai 2012

Bulletin festivalier 1/5

Le 11e Jamais Lu, ça commence vendredi! Cette grande fête aussi théâtrale que littéraire s’amorce avec des mots de résistance et de résilience dans la grande soirée Lettres ouvertes/poings fermés orchestrée par Louis Champagne.

Comme l’a dit Michel Bélair dans Le Devoir « amenez vos te(a)ntes », parce que nous on vous attend… Le Festival du Jamais Lu est un événement rassembleur d’une pluralité de langages et de visions. Vous y trouverez votre compte! Et si le Festival vous demande « Où est-ce qu’on est? », nous, on a un début de réponse : le Jamais Lu est dans son nouveau bastion, le théâtre Aux Écuries, où auront lieu tous les événements, huit jours durant!

Sur place vous attend Antoine Mongrain, barman et disc-jockey attitré, et créateur des fameux cocktails Jamais Bu décliné en trois couleurs jubilatoires (amer, acide et sucré), dans la suave ambiance de notre Bar-café, avant ou après les spectacles. Aussi sur place, nos amis du Coin Urbain auront des plats à petits prix à vous servir pour vous rassasier. À la soirée d’ouverture, le musicien Jez vous y bercera avec ses ondes vibrantes.  Au Jamais Lu, on veut que vous soyez bien, et même très bien!

Dès samedi 16h, nous vous invitons à la Table ronde du CEAD, animée par Paul Lefebvre, qui réfléchit avec ses invités à la place de l’auteur de théâtre dans la production de son œuvre. En soirée, nous retrouvons avec grande joie Emmanuelle Jimenez qui nous amène sur sa Plaza, dans laquelle Côte-des-Neiges témoigne de son point de rupture.

Le dimanche à 14 h, on vous invite à la messe! Oui, oui, mais pas n’importe laquelle, c’est la Messe en 3D d’Annick Lefebvre, enfant sauvage du Jamais Lu,  qui revisite de manière grinçante et athée le rituel et ses codes enfouis dans notre culture. En soirée, le nouveau texte de Stéphane Crête, mauvais goût (tout en minuscule), nous entraîne dans le vide de nos existences, la perversion, la vacuité, l’hypocrisie. Bref, une pièce qui porte magnifiquement bien son titre.

Suivez notre blogue, ici! Nous y tenons le journal de bord du 11e Jamais Lu, vous y trouverez les mots inspirés de notre codirecteur artistique, ainsi que des billets des auteurs du Festival, publié le jour de leur lecture, où ils expliquent, à leur manière, en quoi leur texte et leur démarche répondent au fameux et brûlant « Où est-ce qu’on est? »…

Pour prendre le pouls de votre époque, le 11e Jamais Lu, du 4 au 11 mai 2012.

Lettre ouverte à Gaston Miron – Extrait de la grande soirée d’ouverture Lettres ouvertes/poings fermés

4 mai 2012

Extrait d’un texte de Julie-Anne Ranger-Beauregard, une des six auteurs invités par Louis Champagne à la grande soirée d’ouverture du 11e Jamais Lu Lettres ouvertes/poings fermés. Pour connaître le reste, il faudra y être…

Lettre à Gaston Miron – La marche à nous

Gaston, Gaston

Si je t’avais connu…

 

T’aurais été mon défricheur

Mon éleveur d’oiseau malade

L’ébéniste de la charpente de mon lit

Mon Fardoche en salopette

Le bison de ma toison

Mon salisseur de peau blanche

Mon gourou mystique

Un Beauregard en devenir

Parce que je t’aurais marié

Pis je t’aurais donné mon nom

 

Gaston, Gaston

 

T’aurais été mon lampadaire immortel

Le chasseur du chevreuil de mon cœur

La nuit dans laquelle j’aurais pu me lever

Te faire des crêpes aux herbes fraîches

Te murmurer des secrets de jardin

Comme « les lilas fleurissent demain »

Ou « je sais pas comment fermer l’arrosoir »

Selon le degré de notre intimité

[...]

Gaston, Gaston

 

Après, on ira faire un tour en ville
Tu verras, les choses ont pas trop changé

Montréal est encore grand comme un désordre universel
Les filles et les garçons savent se lever

Brandir des quenouilles de mécontentement

Et même si les gouvernements rient

Croyant voir des idées-grenouilles

Nous, on sait qu’il suffit de s’embrasser

Pour qu’elles deviennent des idées-majestés

Julie-Anne Ranger-Beauregard

 

 

Concours!!

4 mai 2012

Dimanche 14h, pendant La messe en 3D d’Annick Lefebvre, vous pourrez entendre un auteur-mystère qui lira un évangile adapté. Nous publions ici un extrait dudit texte, si vous découvrez l’auteur, vous courrez la chance de gagner une paire de billets pour le spectacle! Nous tirerons le nom du ou de la gagnante parmi les bonnes réponses! Écrivez à communication@jamaislu.com

Voici l’évangile selon…

Mettez-vous dans’ tête que l’boutte qui s’en vient

C’est roffe

On est pas dans L’auberge du chien mort et ses perruques

On est dans la vie de Jésus crisse

Jésus y’a déjà mangé une dernière fois pis donné son sang pis son cœur

Ce boutte là

C’est faite

On commence au boutte ousque des barbus avec des capines

Y câllent les vieux pis ceux qui savent écrire

Genre le sénat des juifs

Y’enchaînent Jésus pis y l’amènent à Pilâte

Pilâte

C’t’un romain

C’est à peu près le seul romain que son nom finit pas en “usse”

Mais Pilâte

Y’aurait ben pu s’appeler “troud’cusse”

Parce qu’y va être croche en tabarnac

‘Ec c’te pauv’ Jésus

Jésus est en face de Pilâte pis Pilâte y dit

« T’es tu le roi des Juifs ?»

Jésus y’est comme choqué câlisse de c’te question là

Y marmonne queque chose qui r’semb’ à

«Va donc chier gros crisse de prétentieux ‘ec ton costume lette

De fausse jupe pis de fausse armure du crisse

Qu’on dirait que tu sors d’un show du TNM»

Le monde entende pas ça mais moé oui

Là autour y’a comme les chefs des prêtres

Y’ont des faces de croches

Pis dans c’temps là

Les prêtres se cachent pas dans des écoles

Pis dans l’fond du nord ‘ec des indiens pour fourrer des enfants

Y l’font quand qu’y veulent

Pis les câlisses de romains ‘ec des noms en “usse”

Y s’en crisse de d’ça

Parce qu’eux autres itou

Quand y’arrive dans des pays

C’est pas Astérix pis la potion magique tabarnac

Y’a pas de vieux barbu pour faire une recette

Qui fait que t’es fort

Pis que tu renvoyes les romains chez-eux à coup d’pied dans l’cul

Non non

Quand les romains arrivent

T’espère en tabarnac que au moins ça sera pas trop long ta souffrance

Parce que

Brutus

Enculusse

Pis Assassinusse

Y violent

Y tuent

Y font l’party

Su ton dos

Sua virginité de tes filles

Pis su l’innocence de tes enfants

Anyway câlisse

Tout l’monde sait ça


Où est-ce qu’on est? Sur la Plaza d’Emmanuelle Jimenez

5 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Plaza d’Emmanuelle Jimenez (samedi 5 mai, 20h)

Je suis n’importe où, mais de préférence dans ma cuisine ou dans mon lit. Ou à la Plaza Côte-des-Neiges. Un lieu qui a besoin d’amour. J’en ai, je vais lui en donner. De l’amour et de l’attention. Je suis dans mon corps. Je suis à la chasse. Je magasine. Je suis toujours dans une sorte de Plaza. Plaza de l’être.

La Plaza est éternelle. Elle renaîtra de ses cendres. Elle fait partie d’une histoire millénaire. Et chacun a sa Plaza, autour de soi et en soi. Son territoire de chasse et de conquête, sa Plaza décatie, son lieu de commerce abandonné, sa Plaza oubliée, rouillée, sa Plaza-musée, sa Plaza où la fin du monde arrive tous les jours.

Jour 2 du 11e Jamais Lu!

5 mai 2012

Malgré la belle fête qui a suivi la soirée d’ouverture Lettres ouvertes/poings fermés hier (les photos arrivent sous peu), on n’a pas à se remettre de la veille: on est encore fort d’elle.

C’est donc dans l’enthousiasme que nous entamons cette 2e journée festivalière en ce beau samedi 5 mai. Avant de goûter au plaisir de la première lecture théâtrale officielle, celle de Plaza d’Emmanuelle Jimenez à 20h, on réfléchit avec les auteurs Pascal Brullemans, Sarah Berthiaume et David Paquet, à la Table ronde du Centre des Auteurs Dramatiques. C’est à 16h, gratuit et ouvert à tous!

À la Table ronde, inspiré par la question éditoriale du Festival « Où est-ce qu’on est? », on se demande « Où est l’auteur dans la production de son oeuvre? » Il est où, hein, l’auteur? En salle de répétition, à la maison penché sur un autre texte, en réécriture, ou dehors? Un échange qui ne manquera pas de pertinence, ni de vous faire mieux connaître la profession d’auteurs de théâtre!

Retour sur une soirée d’ouverture foisonnante!

5 mai 2012

La soirée Lettres ouvertes/poings fermés a affiché complet! C’était tendre, brûlant et solide… Pour le compte-rendu de la soirée, allez lire Rachel Gamache sur Bang Bang, vous saurez tout! Ici, les photos de la soirée de Thomas Blain.

 J-F Nadeau coupe sa cravate pour donner le coup d’envoi au 11e Jamais Lu.

Le metteur en scène de la soirée Louis Champagne au travail

Salle comble Aux Écuries pour la soirée d’ouverture

Les musiciens Jean-Claude Marsan et Mario Légaré

Toute les artistes réunis: Louis Champagne, Anne-Marie Olivier, Justin Laramée, Normand Canc-Marquis, Julie-Anne Ranger-Beauregard, Madeleine Péloquin et Jean-Philippe Lehoux

 

Justin Laramée

Le Lever de rideau écrit par David Paquet Avec Martin Bergeron, Directeur, Stratégie politiques, Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Martin Héroux

 

 

 

Déjà COMPLET pour quelques lectures…

5 mai 2012

On annonce déjà complet pour Plaza d’Emmanuelle Jimenez, ainsi que pour la soirée de clôture du 11 mai, et seulement quelques billets de disponibles pour mauvais goût de Stéphane Crête dimanche… Réservez en vitesse vos billets pour les autres lectures, rencontres, spectacles!

« Où est-ce qu’on est? À la lecture de « mauvais goût » de Stéphane Crête

6 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

« Où est-ce qu’on est? »

On me demande de nommer à quel endroit je suis, ou plus précisément, à quel endroit nous sommes, puisque la question posé n’est pas: «où es-tu?», mais bien « où est-ce qu’on est? ». D’instinct, je serais tenté de répondre «ici». Nous sommes ici, car à l’évidence, nous ne pouvons pas être ailleurs. Peu importe les mouvements sociaux, ce que nous faisons, comment nous pensons et agissons, tout se passe maintenant. Nous sommes nos contemporains. Et si nous nous inscrivons dans l’histoire, c’est essentiellement à partir de ce qui est là, de ce qui est ici.

Je préciserais toutefois la question, car il me semble essentiel de se demander également «qui est ici?». Qui est la personne à cet endroit précis, maintenant? De quoi est elle faite, qu’est-ce qui la définit? Quelle est sa nature, quelles sont ses croyances, sur quelle fondation est-elle construite?

Les personnages de mauvais goût ne peuvent pas répondre à ces questions.

Ils sont dépassés par les événements, les bouchées sont trop grosses à prendre, l’effort de lucidité demandé est vertigineux et fait si peur, que la conscience reste endormie. Leur choix conscient de rester dans l’inconscience semble faciliter, de façon illusoire, leur difficile marche dans l’existence.

À la question «où est-ce qu’on est?», ils seraient peut-être tentés de demander plutôt «comment on s’est rendu là?». La réponse me semble être dans cette autre question: «qui est là?». Si j’avais un souhait à émettre à mes personnages, ce serait de leur permettre de prendre conscience de leur inconscience. On peut être dans le brouillard et ne pas pouvoir avancer, mais je pense qu’on est tout de même plus avancé si on est capable de reconnaître le brouillard qui nous entoure.

Je sens dans la question «où est-ce qu’on est?» un désir d’ailleurs et de mouvement. De changement. Cette réflexion est une invitation à visiter ce qui nous fait et nous défait à l’intérieur de soi, pour ensuite, de cet endroit où nous sommes, arriver à faire et défaire ce qui est autour. Car, comme le dit si bien Krisnamurti: «Toute révolution sociale passe par une révolution personnelle.»

Lecture théâtrale de mauvais goût, dimanche 6 mai 20h
Mise en lecture : Stéphane Crête
Distribution : Marie Bernier, Jean-Carl Boucher, Isabelle Brouillette, Julianne Côté, Catherine Dajczman, Stéphane Dermers, Daniel Desputeau, Guillermina Kerwin, Didier Lucien

Crédit photo: Clyde Henry

Retour sur la Table ronde du CEAD

6 mai 2012

Rencontre des plus intéressante hier lors de la Table ronde du CEAD, animée par Paul Lefebvre, alors que David Paquet, Sarah Berthiaume et Pascal Brullemans partageaient leur expérience d’auteur pour tenter de répondre à la question « Où est l’auteur dans la production de son oeuvre? »

Voici quelques propos attrapés au vif et synthétisés pour vous:

David Paquet: « l’auteur est marginalisé dans la production théâtrale, il travaille surtout seul et il est le seul à travailler avec le néant. Il est en décalage temporel avec les autres artisans. Mais si personne ne regarde par-dessus mon épaule quand je travaille, qui suis-je pour le faire à d’autres. C’est faux de croire que l’auteur sait mieux que quiconque comment monter sa pièce, il faut laisser les autres nous rendre meilleur. »

Pascal Brullemans: « j’écris en équipe, en salle de répète, entouré de gens que j’aime et qui me font une place. L’auteur est celui qui travaille l’espace de signification entre les mots (Breton). Il ne s’occupe pas que des mots, il s’occupe de l’histoire et du sens, de ce qui se passe, de ce qui habite les personnages. C’est une écriture vivante, puisque j’écris pour des acteurs et la scène. Et le trouble amené par l’écriture est autant vécu par les acteurs que l’auteur. L’auteur est celui qui va trop loin, quitte à revenir. La rencontre entre l’auteur est la production est essentielle à un moment ou un autre pour que la rencontre se fasse entre le spectacle et le public. Et quand le sens s’élève dans les spectateurs, c’est comme poser des bombes. »

Sarah Berthiaume:  »dans le cas d’un texte commandé par un metteur en scène, il faut s’assurer d’avoir les mêmes intentions. L’auteur peut se soucier du sens, alors que le metteur en scène peut rechercher l’effet, la sensation générale auprès du public. L’auteur doit alors se prêter au jeu, mais au risque d’avoir le vertige de voir sa matière verbale transformée, et toujours associé à son nom. »

Photos de la Table ronde du CEAD

6 mai 2012

Les photos de cette belle rencontre du samedi fin d’après-midi. Photos Thomas Blain

 

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Des Levers de rideau pour lever les soirées!

6 mai 2012

Moments complices par excellence, les Levers de rideaux permettent aux gens d’affaire de réaliser leurs rêves artistiques, font entendre des dialogues drôles et réfléchis sur les liens entre l’auteur et le public et permettent au Festival de se financer quelque peu. En entrée de certains spectacles, les Levers de rideaux nous ouvrent l’appétit et l’esprit!

Quelques photos des Levers avec MARTIN BERGERON, Directeur, Stratégie politiques, Chambre de commerce du Montréal métropolitain et MARTIN HÉROUX, et celles de GUY-FRANÇOIS LAMY, Avocat, Affaires juridiques, Hydro-Québec, et EVELINE GÉLINAS. Crédit photos Thomas Blain.

 

 

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Première lecture théâtrale au 11e Jamais Lu – Emmanuelle Jimenez avec Plaza

6 mai 2012

Emmanuelle Jimenez a prouvé une fois de plus qu’elle savait prendre de front les questions les plus dures en ouvrant tendrement les bras. Plaza est un texte drôle, touchant, perspicace… Une très belle première lecture théâtrale au 11e Jamais Lu. Ci-dessous, les photos de Thomas Blain.

Lisez le compte-rendu de Rachel Gamache sur Bang Bang.

Bravo à toute la distribution: Gary Boudreault, Amélie Chérubin-Soulières, Éveline Gélinas, Emmanuelle Jimenez, Pierre Limoges et Lénie Scoffié.
Mise en lecture d’Emmanuelle Jimenez

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Où est-ce qu’on est? Un mot de Pascal Brullemans sur Les couleurs d’Amy

7 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité. Pour le projet de médiation culturelle Les couleurs d'Amy, nous publions un mot du programme par Pascal Brullemans, le dramaturge qui les a accompagné dans l'écriture pour mieux passer leur mot.]

5 textes écrits autour d’une seule situation : l’audition

À partir de là, des mots sont apparus

Des mots lumineux comme espoir, rêve, désir, ou succès

Des mots sombres tels que mensonge, colère, tristesse, ou trahison

5 textes écrits par 21 élèves tous différents, tous uniques

21 auteurs qui posent pourtant la même question : C’est quoi le bonheur ?

Pascal Brulemans

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Dans son désir de soutenir la relève, le Jamais Lu a initié un projet de médiation culturelle avec les élèves de 6e année de la classe de Germain Landry, à l’école Saint-Grégoire-le-Grand du quartier Villeray! Au long de cinq ateliers d’écriture dramatique, ils ont découvert toutes les étapes de création d’un texte de théâtre, jusqu’à sa mise en lecture par des professionnels.

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Mise en lecture : Nini Bélanger
Distribution : Francesca Barcenas, Sébastien David, Vincent Fafard, Anne-Marie Levasseur

Où est-ce qu’on est? En dessous de vos corps… par Steve Gagnon

7 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

«Si aucun génocide est permis, nulle part, alors j’ai  l’droit d’écraser celle qui disperse pis détruit ma famille.

Une femme est entrée dans notre maison pis sa beauté violente nous a désunis. Pus rien reste en place. Des frères se détestent, des fils se retournent contre leur mère, tout l’monde s’arme les uns contre les autres.

Une femme est entrée pis a transformé ma maison en champs de bataille sablonneux. Ici, la haine se mélange au désir pis j’ai peur que ça puisse pas finir autrement que dans l’sang.

Il faut s’unir ma fille.

Si mes fils s’en vont, alors toute la faune pis toute la flore autour de ma maison disparaîtront aussi, parce qu’ils sont jeunes pis qu’ils sont beaux pis que donc tous les oiseaux, toutes les plantes, jusqu’au gazon, jusqu’aux cailloux,  jusqu’a l’abri tempo, voudront les suivre.

Et pis à toutes les printemps, les tulipes pousseront têtes vers la terre pour fuir mon jardin pis tenter d’les retrouver pis d’les rejoindre de l’autre côté du monde.

Mes fils doivent rester ici.

Pis Néron avec toi.»

 

Au début je voulais surtout parler de la beauté. Du côté obsédant et subjectif du concept.

De l’impulsivité aussi. Celle de la jeunesse. Le désir de tout vouloir, tout de suite, vouloir ce qui est le plus grand.

Et je voulais parler de ce lien qui lie les frères, un lien de sang, un lien presque indestructible.

Bon finalement ça parle un peu de tout ça, mais ça parle surtout de l’amour. De plusieurs sortes d’amour.

L’amour qui vient du désir, l’amour qui vient de la chair, l’amour qui vient de l’âme.

J’ai écrit des personnages très intenses. Des verbo-moteurs émotifs et complètement hystériques. Presque tous. Et donc pour qui l’amour est plus important que tout, pour qui l’amour est une arme, un abri, une salvation, une obsession.

Je pense que nous sommes tous en guerre.

Dans chaque maisons.

Nous sommes remplis de petits guerriers.

Chaque maison est un royaume.

Et chaque royaume à son armée.

Et il faut se battre. Pour un tas de raisons.

Mais comme dit Junie, oui peut-être souvent il faut que des gens meurent, mais au bout du compte, c’est toujours l’amour qui sauve tout.

Steve Gagnon

STEVE GAGNON
Crédits photo :
 France Larochelle
Comme acteur, on a pu le voir dans Les enfants de la pleine lune, au Prospero en 2011, et dans Ines Pérée et Inat Tendu, au Théâtre d’Aujourd’hui l’hiver dernier. Son texte La montagne rouge (SANG) a reçu la bourse Première Œuvre en 2008, a été publié chez L’instant même dans la collection L’instant scène et a été finaliste pour les Prix du Gouverneur général en 2011. Chaque automne j’ai envie de mourir, un recueil de nouvelles coécrit avec Véronique Côté, fait partie de la collection Hamac chez Septentrion.

En dessous de vos corps
Je trouverais ce qui est immense
Et qui ne s’arrête pas
Lundi 7 mai 20h
Mise en lecture : Steve Gagnon
Distribution : Annick Bergeron, Marie-Soleil Dion, Renaud Lacelle-Bourdon, Guillaume Perreault, Claudiane Ruelland

 

Retour sur Qui file de Camille Roy

10 mai 2012

On était en plein relève mercredi, avec la lecture théâtrale de la pièce Qui file, signée de la jeune mais assumée plume de Camille Roy, gagnante de L’Égrégore. Une voix douce, fortement fébrile, dangereusement vraie et poétique, qui n’a pas peur de prendre la réalité dans ses vérités sombres et complexes, dans l’intensité des familles, et nous a fait vivre un beau trouble.

Citation retenue: « Fais l’amour ma fille. Fais pas comme ta mère et ta grand-mère. Fais la vie. »

Bravo à toute la distribution:  Catherine Audet, Gary Boudreault, Benoît Drouin-Germain, Joëlle Paré-Beaulieu, David Simard. Mise en lecture de Jean Gaudreau.

Photos de Thomas Blain.

Un message officiel et délirant du codirecteur artistique

10 mai 2012
(mot de Nadeau)
Les plafonniers du bar s’allument, les amis
ça sent le dernier service
Les regards séducteurs furtifs démisionnent ou assument
La belle fatigue des auteurs tapissent la grande pièce
Des Lettres ouvertes au Grand ballet, ce huit jours a fait son chemin
Avec tellement de panache et autant de nécessité
Pas qu’on en doutait
C’est juste que la vague nous a vraiment surpris et avaler de l’eau chaude salée par le nez…
Ça fait pleurer et rire en même temps…
Chaque jour, chaque soir, dans l’oeil des artistes comme dans le coeur du public,
On a été témoin de rêves en belle sueur
Et de réel vulnérable
De wow à qu’est-cé ça en passant par pourquoi et bof sans oublier malade
La parole critique de la parole épidermique a formé une dynamique folle
Un onze ans si bien sonné
Nous poussant vers un été prépubère magique et paniquant
Ce soir, Les Morb(y)des de Sébastien David affiche complet et promet tant
Même si la promesse n’est qu’un petit extra ici
La démarche et même la chute nous intéressant presque plus… S’cusez-nous!
Suit le crépuscule de la gang incroyable de Larissa Corriveau
Testaments, cartes de souhaits et mémos
Ça c’est le titre, je l’écris et je n’en reviens pas
De sa beauté, j’veux dire
La nuit sera totale ou ne sera pas
Villeray, tes chats auront le dos raide
Check toé!
Et demain, ben… On se donne la main et on saute du mieux qu’on peut dans le bain
En famille
Les Écuries vont déborder
On retransmettra le spectacle dans le hall, pour ceux et celles qui n’auront pas pu se mettre le nez*
Dans nos tutus noir de monde
Prêt à communier la taille relative des choses et un petit festival… immense.
Jean-François Nadeau

*Information non confirmée, mais on essaie très fort.

Statu Quo de Gilles Poulin-Denis – Extrait

8 mai 2012

« Toutes les jours c’est un déjà-vu. Il se passe rien. Il se passe jamais rien ici. Tsé, il pourrait avoir un météorite qui tombe demain ici, qui écrase la ville au grand complet. Il resterait plus rien, tout le monde serait mort, pis je suis sûr que y a personne sur la planète qui s’en apercevrait. Même les gens d’ici s’en apercevraient pas.  »

Mardi 8 mai 13h30
Mise en lecture :
 Craig Holzschuh
Distribution : Mikhail Ahooja, Roxane Bourdages, Marie-Claire Marcotte, Gilles Poulin-Denis

Où est-ce qu’on est? Dans Statu Quo de Gilles Poulin-Denis

8 mai 2012

[Chaque jour de lecture théâtrale, on publie un texte de l'auteur qui répond à la question "Où est-ce qu'on est?", en lien avec avec sa pièce présentée, sa démarche d'écriture et notre réalité.]

Naissance

Au début tout était blanc
Je ne voyais rien
Il ne se passait rien
Rien ne se disait
Pas super pour une pièce de théâtre
Mais j’avais accepté d’écrire ce texte
Maintenant, j’étais debout
Dans ce terrain vague
À imaginer une foule d’ados
Assis devant moi
Me regardant
En attendant que moi
Je leur raconte une histoire

Je ne savais pas quoi leur dire
Patience
Quelque chose se passerait
Un jour ou l’autre
Des heures à attendre l’histoire
Dans ce lieu vide

Et puis
Un jour, je les ai vus.
Au fond d’une vidéo
De la Blogothèque
À 3 minutes, 6 secondes
Dans les méandres de l’Internet
Ils attendaient que je les trouve

Et puis
Je n’étais plus seul dans ce lieu
Blanc
Et vague
En fait, je n’y étais plus du tout
Maintenant, elles étaient là
Deux filles
Un peu blasée
Debout contre un mur

Lui, était présent,
mais restait dans le fond de ma tête,
attendant le bon moment
pour surgir

J’avais les personnages
Mais je n’avais pas encore
L’histoire

Je cherchais
Ils attendaient
Chaque fois que je pensais au projet
Je les voyais
Ces deux jeunes filles
Debout contre un mur
Lui, toujours prit dans ma tête
Et ils attendaient
Que quelque chose se passe
Cette attente
Est devenu
Le point de départ

Ils étaient là
Dans ma tête
Et maintenant ils sont ici
Avec un désir
Brûlant de parler,
De vous dire

Gilles Poulin-Denis

GILLES POULIN-DENIS
Gilles Poulin-Denis a quitté ses prairies natales afin de poursuivre une formation en art dramatique à l’UQAM. Après ses études, il se lance dans l’écriture dramatique en explorant surtout le conte et la courte pièce. Rearview est sa première pièce de longue durée. Il travaille actuellement sur deux nouveaux textes. Depuis 2008, Gilles est auteur associé au Centre national des arts du Canada.

C’est sa fête!

7 mai 2012

C’est l’anniversaire du dévoué, brillant, passionné et noble Jean-François Nadeau, comédien, auteur, et codirecteur artistique du 11e Jamais Lu. Joyeux Anniversaire, Prince du Jamais Lu!

Photos Thomas Blain

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